Après #MeToo, l'érotisme?

Démarrage en trombe de la Semaine, avec quatre rendez-vous pour tenter de rouvrir la discussion sur la discussion et l'érotisme dans un monde transfiguré par #MeToo.
La séduction a souvent mauvaise presse en raison de son étymologie latine. Se-ducere c’est en effet détourner de la voie droite et par extension : tromper, abuser, manipuler. Séduire, c’est entretenir chez l’autre un rapport à l’illusion dira Platon dans le Gorgias.

Le mythe de Don juan ne joue pas en sa faveur ! Or la séduction, que l’on a trop tendance à réduire au seul domaine de la sexualité, est un lien biologique, moral, politique aussi est-elle au cœur de toutes les relations sociales.

Pour le meilleur ou pour le pire elle exerce le pouvoir qu’elle doit à sa maîtrise du désir dans le champ du politique, de l’économique, jusque dans notre rapport aux images, aux fictions et même aux créatures algorithmiques.





14h - 15h : que signifie consentir? Avec la philosophe Johanna Lenne-Cornuez.. Conférence inaugurale en espagnol, sur-titrée en français.

Le désir, le sexe et l'amour semblent aujourd'hui indissociables d'une question : celle du consentement. En l'espace de quelques décennies, le consentement est devenu le principe à partir duquel nous concevons les relations érotiques et la frontière entre ce qui est permis et ce qui est interdit. Mais que signifie exactement "consentir" ? Le consentement peut-il tout dire sur le désir, la rencontre avec les autres ou la liberté?
A partir d'une histoire philosophique du consentement et des débats féministes autour de ce concept, j'explorerai l'émergence de cette notion et la place inédite qu'elle en est venue à occuper dans nos sociétés.
Pourquoi le consentement est-il devenu le la,gage moral de notre époque? Que révèle-t-il de ma manière de comprendre l'autonomie, la responsabilité et les relations humaines? Une invitation à réfléchir à une idée qui semble évidente, mais qui met en lumière tout en laissant dans l'ombre la complexité du désir.




15h15 - 16h15 : sexualités mode d'emploi. Conversation avec la socio-démographe Armelle Andro et le journaliste Sylvain Bourmeau.


La sexualité est depuis une question publique : la contraception, l'avortement, le VIH l'ont tour à tour installée dans l'agenda. #MeToo la remet en discussion depuis un point de vue qui bouscule les scripts antérieurs et place le consentement au coeur de ce qui devrait être une bonne sexualité.
Mais qu'en est-il des pratiques? La question vaut aussi pour les fantasmes, réputés échapper aux normes alors qu'ils s'en nourrissent. On peut désirer des scènes que l'on ne souhaite pas vivre.
Les nouvelles exigences posées aux relations sexuelles reformatent-elles pour autant les imaginaires anciens?
Des enquêtes de grande ampleur ont été menées récemment en France, et elles permettent de commencer à prendre la mesure de ces transformations. Les générations récentes disposent d'un vocabulaire que leurs aînées n'avaient pas, et ce vocabulaire déplace ce qui peut être dit, donc ce qui peut être reconnu comme violence ou plaisir.

Le numérique s'est installé au centre des rencontres et de la formation du désir, l'hétérosexualité perd son évidence pour une part des jeunes générations, les violences sexistes et sexuelles occupent durablement la discussion publique. Nos fantasmes ont traversé tout cela. Que sont-ils devenus, et qu'en faire?




16h30 - 17h30 fantasme, filtre et fétichisme : à l'épreuve des applications de rencontres. Conférence du philosophe Richard Mèmeteau et de la cinéaste autrice Ysé Sorel.

Nous n'avons jamais autant disposé de moyens pour réaliser nos fantasmes, et pourtant nous n'avons jamais aussi bien compris à quel point notre désir nous échappait.
Il y a 20 ans, rencontrer un beau rugbyman, mélomane, qui aime les films d'horreur et les filles à chats, à moins de 3 km de chez soi et disponible dans les 24h posait un problème. Aujourd'hui, il suffit d'appliquer les bons filtres.

Le problème des applications de rencontre n'est donc peut-être pas qu'elles rendent la sexualité trop facile, mais qu'elles donnent l'espoir de préciser le désir au point où il n'y aurait plus d'écart entre le désir et la réalité. Mais le désir a-t-il jamais été réel? Pouvons-nous vraiment quitter le monde du fantasme? Le fantasme produit un idéal, le filtre cherche dans le réel ce qui lui correspond. La fétichisation commence lorsque nous exigeons d'une personne qu'elle incarne cet idéal.
Il existe une autre méthode pour raisonner sur le sexe. Ne pas partir de nos seules fantaisies, mais partir des pratiques qui rendent ces fantaisies possibles. Pardoxalement alors, les fétichistes pourraient nous apprendre à moins fétichiser les personnes : plutôt que chercher quelqu'un qui soit notre fantasme, chercher avec quelqu'un une pratique qui puisse devenir un fantasme partagé.




17h45 - 18h45 De l'érotisation du pouvoir (et des possibilités de l'esquiver). Conversation avec le théoricien du cinéma Dork Zabunyan et la cinéaste autrice Ysé Sorel.

Dans les années 1970, Michel Foucault s'interrogeait sur l'étrange attrait que le pouvoir pouvait susciter : non pas celui que l'on veut conquérir et conserver à tout prix, mais le pouvoir qu'on désire y compris quand on le subit et qu'on n'a aucun intérêt en commun avec ceux qui l'exercent. Il ne s'agit pas forcément d'un attrait issu de l'élégance physique des gouvernants, puisque des chefs d'Etat dénués de toute prestance corporelle mettent en oeuvre, pour reprendre une expression de Foucault, une "érotisation du pouvoir" d'une redoutable efficacité.
Quel est donc cet amour pour le pouvoir qui nous sépare de nous-même comme des autres? Et quelles seraient les stratégies en images qui permettraient sinon de lui échapper, en tout cas de le contrarier?

Adresse

Centre de la Vieille Charité (CVC) 2 Rue de la Charité 13002

Programme en attente de validation

Démarrage en trombe de la Semaine, avec quatre rendez-vous pour tenter de rouvrir la discussion sur la discussion et l'érotisme dans un monde transfiguré par #MeToo.
La séduction a souvent mauvaise presse en raison de son étymologie latine. Se-ducere c’est en effet détourner de la voie droite et par extension : tromper, abuser, manipuler. Séduire, c’est entretenir chez l’autre un rapport à l’illusion dira Platon dans le Gorgias.

Le mythe de Don juan ne joue pas en sa faveur ! Or la séduction, que l’on a trop tendance à réduire au seul domaine de la sexualité, est un lien biologique, moral, politique aussi est-elle au cœur de toutes les relations sociales.

Pour le meilleur ou pour le pire elle exerce le pouvoir qu’elle doit à sa maîtrise du désir dans le champ du politique, de l’économique, jusque dans notre rapport aux images, aux fictions et même aux créatures algorithmiques.





14h - 15h : que signifie consentir? Avec la philosophe Johanna Lenne-Cornuez.. Conférence inaugurale en espagnol, sur-titrée en français.

Le désir, le sexe et l'amour semblent aujourd'hui indissociables d'une question : celle du consentement. En l'espace de quelques décennies, le consentement est devenu le principe à partir duquel nous concevons les relations érotiques et la frontière entre ce qui est permis et ce qui est interdit. Mais que signifie exactement "consentir" ? Le consentement peut-il tout dire sur le désir, la rencontre avec les autres ou la liberté?
A partir d'une histoire philosophique du consentement et des débats féministes autour de ce concept, j'explorerai l'émergence de cette notion et la place inédite qu'elle en est venue à occuper dans nos sociétés.
Pourquoi le consentement est-il devenu le la,gage moral de notre époque? Que révèle-t-il de ma manière de comprendre l'autonomie, la responsabilité et les relations humaines? Une invitation à réfléchir à une idée qui semble évidente, mais qui met en lumière tout en laissant dans l'ombre la complexité du désir.




15h15 - 16h15 : sexualités mode d'emploi. Conversation avec la socio-démographe Armelle Andro et le journaliste Sylvain Bourmeau.


La sexualité est depuis une question publique : la contraception, l'avortement, le VIH l'ont tour à tour installée dans l'agenda. #MeToo la remet en discussion depuis un point de vue qui bouscule les scripts antérieurs et place le consentement au coeur de ce qui devrait être une bonne sexualité.
Mais qu'en est-il des pratiques? La question vaut aussi pour les fantasmes, réputés échapper aux normes alors qu'ils s'en nourrissent. On peut désirer des scènes que l'on ne souhaite pas vivre.
Les nouvelles exigences posées aux relations sexuelles reformatent-elles pour autant les imaginaires anciens?
Des enquêtes de grande ampleur ont été menées récemment en France, et elles permettent de commencer à prendre la mesure de ces transformations. Les générations récentes disposent d'un vocabulaire que leurs aînées n'avaient pas, et ce vocabulaire déplace ce qui peut être dit, donc ce qui peut être reconnu comme violence ou plaisir.

Le numérique s'est installé au centre des rencontres et de la formation du désir, l'hétérosexualité perd son évidence pour une part des jeunes générations, les violences sexistes et sexuelles occupent durablement la discussion publique. Nos fantasmes ont traversé tout cela. Que sont-ils devenus, et qu'en faire?




16h30 - 17h30 fantasme, filtre et fétichisme : à l'épreuve des applications de rencontres. Conférence du philosophe Richard Mèmeteau et de la cinéaste autrice Ysé Sorel.

Nous n'avons jamais autant disposé de moyens pour réaliser nos fantasmes, et pourtant nous n'avons jamais aussi bien compris à quel point notre désir nous échappait.
Il y a 20 ans, rencontrer un beau rugbyman, mélomane, qui aime les films d'horreur et les filles à chats, à moins de 3 km de chez soi et disponible dans les 24h posait un problème. Aujourd'hui, il suffit d'appliquer les bons filtres.

Le problème des applications de rencontre n'est donc peut-être pas qu'elles rendent la sexualité trop facile, mais qu'elles donnent l'espoir de préciser le désir au point où il n'y aurait plus d'écart entre le désir et la réalité. Mais le désir a-t-il jamais été réel? Pouvons-nous vraiment quitter le monde du fantasme? Le fantasme produit un idéal, le filtre cherche dans le réel ce qui lui correspond. La fétichisation commence lorsque nous exigeons d'une personne qu'elle incarne cet idéal.
Il existe une autre méthode pour raisonner sur le sexe. Ne pas partir de nos seules fantaisies, mais partir des pratiques qui rendent ces fantaisies possibles. Pardoxalement alors, les fétichistes pourraient nous apprendre à moins fétichiser les personnes : plutôt que chercher quelqu'un qui soit notre fantasme, chercher avec quelqu'un une pratique qui puisse devenir un fantasme partagé.




17h45 - 18h45 De l'érotisation du pouvoir (et des possibilités de l'esquiver). Conversation avec le théoricien du cinéma Dork Zabunyan et la cinéaste autrice Ysé Sorel.

Dans les années 1970, Michel Foucault s'interrogeait sur l'étrange attrait que le pouvoir pouvait susciter : non pas celui que l'on veut conquérir et conserver à tout prix, mais le pouvoir qu'on désire y compris quand on le subit et qu'on n'a aucun intérêt en commun avec ceux qui l'exercent. Il ne s'agit pas forcément d'un attrait issu de l'élégance physique des gouvernants, puisque des chefs d'Etat dénués de toute prestance corporelle mettent en oeuvre, pour reprendre une expression de Foucault, une "érotisation du pouvoir" d'une redoutable efficacité.
Quel est donc cet amour pour le pouvoir qui nous sépare de nous-même comme des autres? Et quelles seraient les stratégies en images qui permettraient sinon de lui échapper, en tout cas de le contrarier?

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Samedi 17 octobre 2026 à partir de 14h, à partir de 15h15, à partir de 16h30 et à partir de 17h45.
Gratuit. Réservation en ligne nécessaire.

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