Port-de-Bouc: entre terre et mer

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Publiée le mer 19/11/2025 - 16:46 / mis à jour le jeu 20/11/2025 - 11:20

Entre l’étang de Berre et la mer Méditerranée, Port-de-Bouc est une commune qui ne ressemble à aucune autre. Métissée par l’immigration, façonnée par les chantiers navals et la pêche, haut lieu de l’art populaire, elle impose aujourd’hui un visage plein de caractère. « Je ne la quitterai pour rien au monde ! » assure Gilbert Caneri, ancien docker et enfant du pays à qui nous avons emboîté le pas.

Gilbert Caneri

Un melting-pot

Depuis toujours, Port-de-Bouc se construit par vagues : venues de Grèce, d’Italie, d’Espagne, d’Afrique du Nord et, au début des années 1970, de Lorraine pour la sidérurgie. Cette mosaïque humaine s’est posée sur les anciens chantiers navals, témoins d’une époque où la ville vivait au rythme des cales et des machines.
« Le Provence », un bateau de béton géant, trône aujourd’hui au centre-ville pour rappeler ce passé glorieux, non loin de l’emblématique pont de bois basculant construit au début du XIXᵉ siècle, lors du creusement du canal le long du cours Landrivon.
D’origine espagnole et corse, cousin de l’artiste-ferronnier Raymond Moralès – dont on retrouve les sculptures un peu partout dans la ville – Gilbert Caneri est connu comme le loup blanc, lui qui se promène l’été avec son drôle de vélo surmonté d’un parasol. Il incarne à lui seul l’histoire de cette ville à la fois populaire et singulière.
Sa page Facebook, qu’il anime avec un ami (Port-de-Bouc d’hier et d’aujourd’hui), en est la mémoire vivante. Et il ne se fait guère prier pour raconter mille anecdotes sur cette ville attachante, des plus anciennes aux plus récentes : ces nombreuses sociétés de production qui viennent y tourner leurs séries (Léo Mattéi) ou leurs films (BAC Nord), séduites par le caractère cinégénique des décors – du bar de quartier à la cité – mais aussi par l’accueil bon enfant des Port-de-Boucains.
 

Crique de Port-de-Bouc

C’est la mer qui prend l’homme

Sur le littoral, quelques artisans-pêcheurs résistent encore. Parmi eux, les calens, chargés de pêcher le muge pour produire la fameuse poutargue locale. Une tradition vivante dans un décor marqué par la réindustrialisation.

Mais l’activité s’est clairement déplacée vers la plaisance, à l’image du Chantier naval de Provence, où l’on bichonne aussi bien les vieux gréements que les yachts dernier cri.

Les quartiers de Port-de-Bouc alternent entre zones populaires, cités rénovées et petites rues aux allures de village – comme Le Petit Paris – tandis que les quais réhabilités et le port de plaisance Renaissance accueillent chaque été les célèbres sardinades, et les terrasses des brasseries où l’on savoure la simplicité et la douceur de vivre.

Si une légère odeur d’hydrocarbures flotte parfois encore dans l’air en provenance des raffineries voisines lorsque le vent se lève, les eaux saines et cristallines des plages – comme celle de Botaï, qui a obtenu l’un des rares Pavillons Bleus du département – laissent augurer un futur plus balnéaire, aussi bien pour les habitants que pour les visiteurs.
Depuis les petites criques au charme insoupçonné – comme celle qui borde le pittoresque cabanon du restaurant L’Archipel, ouvert en période estivale – on peut même emprunter un sentier sous-marin pour découvrir les fonds marins.
 

L'archipel de Port-de-Bouc

L’art pour tous et tous pour l’art

Port-de-Bouc regorge d’équipements culturels dynamiques. Le Centre & École d’art Fernand Léger (dirigé par Laure Florès Lamarre) accueille artistes en résidence, expositions – dont une très belle actuellement consacrée à la lumière – et ateliers pour petits et grands : peinture, poterie, céramique, photographie, et bien d’autres encore.

À ses côtés, l’un des tout premiers musées numériques de France vient d’ouvrir. Fait de containers posés face à la mer, Micro-Folie permet de visiter virtuellement les plus grands musées du monde grâce à des tablettes, des écrans numériques et même des dispositifs immersifs en réalité augmentée. Une approche résolument contemporaine de l’éducation à l’art, qui séduit aussi bien les scolaires que le grand public.
En plus du théâtre Le Sémaphore, impossible d’ignorer le magnifique cinéma Le Méliès, installé dans une ancienne chapelle. Grâce au dynamisme et à la culture cinéphilique de son programmateur Emmanuel Vigne, il a ressuscité un cinéma populaire – avec des tarifs accessibles – et d’auteur, dans une ville qui a compté jusqu’à trois cinémas de quartier par le passé.
Et puis, vous le remarquerez dès que vous quitterez la voie rapide pour entrer dans la ville : Port-de-Bouc est devenue, au fil du temps, un véritable musée à ciel ouvert.
Les fresques murales fleurissent à chaque coin de rue, sur les pignons des maisons et des immeubles, racontant chacune un mythe ou une histoire vécue : du visage tuméfié d’un boxeur à la déesse Aphrodite.
Chaque année, grâce au festival Les Nouveaux Ateliers, cette galerie de plein air s’enrichit de nouvelles réalisations, faisant de Port-de-Bouc une étape incontournable pour les amateurs de street-art.
 

Fresque murale à Port-de-Bouc
Les bonnes adresses de Gilbert

📍 Le Cemabru — pour une délicieuse cuisine familiale sur le port.
Port Renaissance – 09 81 88 55 74

📍L’Archipel — pour une pizza au bord de l’eau, l’été.
Avenue du Golfe – 04 42 40 33 32

📍Le Méliès — pour une soirée cinéma thématique.
12 rue Denis Papin – 04 42 06 29 77

📍 Centre d’art Fernand Léger & Micro-Folie — pour un bain de culture face à la mer.
1 avenue du Général de Gaulle – 04 42 40 65 19

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