Adda Abdelli, l’acteur marseillais qu’on ne laisse pas au vestiaire

Publiée le ven 18/11/2022 - 14:03 / mis à jour le mar 22/11/2022 - 14:47

A l'occasion de l'annonce d'une 13ème saison de la série Vestiaires, nous avons eu la chance de rencontrer Adda Abdelli. Rendez-vous à la Porte d'Aix, là où le co-scénariste, co-créateur et comédien de la série a passé sa jeunesse.

Complètement locaux avec Adda Abdelli
Adda, pour commencer, Vestiaires c'est quoi ?

Adda AbdelliVestiaires c'est une super série qui est née à Marseille, pas loin d'ici d'ailleurs. Ca raconte le quotidien de nageurs handicapés et sa particularité, c'est que tous les comédiens sont handicapés et il s’agit d'une première mondiale. Il n'existe aucune série au monde où il n'y a que des comédiens handicapés. C'est quand même extraordinaire.

Comment l'idée t'est venue et pourquoi parler de cette thématique du handicap ?

A.A : Alors de un parce que je suis marseillais et de deux parce que j'ai un handicap donc ça fait beaucoup *rires*. J'ai toujours fait du handisport en natation, je faisais même de la natation en compétition. Ca ne se voit pas, ça ne se voit plus beaucoup. Je suis « svelte ». Et du coup, j'ai eu envie avec mon pote Fabrice de raconter notre quotidien dans les vestiaires. C'est un quotidien qu'avec des gens handicapés, mais malgré ce que l'on peut penser c'est un endroit très très drôle. Voilà ce qui nous a donné envie d'écrire ça puis, avec le temps, ça nous a dépassé.

Et comment le public a reçu cette thématique du handicap ?

A.A : Si tu veux au début quand la série est sortie, lorsqu’on m'arrêtait dans la rue, on me disait "Mais vous êtes le gars de la série avec des handicapés". Aujourd'hui on me dit "Ah c'est vous le gars de Vestiaires." On a retenu le nom, on a retenu le comédien, on ne parle même plus d'handicapés. On me dit "Vous êtes fous hein de parler du handicap comme ça". Le handicap a fini par se diluer dans l'histoire. Et ce que les gens retiennent, c'est le fait de rire, de pouvoir à chaque fois enchaîner sans être happés par le handicap.

Adda Abdelli

On a retenu le nom, on a retenu le comédien, on ne parle même plus d'handicapés.

Quelle est la place du rire dans ta vie ?

A.A : Elle est essentielle à 99,9%. Elle est presque centrale parce que je pense qu'on ne peut pas parler de choses différentes si l'on reste dans le drame ou dans le noir. Moi j'aime montrer l'autre côté, le côté aéré où l'on respire, on partage. L'humour c'est fraternel. On sait qu'on a tous vécu des moments compliqués, des fous rires au cimetière, quand il ne faut pas. Et en fait on se rend compte à quel point c'est libérateur. Le rire libère. Et du coup on évacue une émotion en en parlant de manière plus sereine. On est plus à l'écoute, dans l'échange, après avoir ri avec quelqu'un. 

Pour revenir à la série, celle-ci a été tournée en Provence, pourquoi avoir choisi ce territoire et pas un autre ?

A.A : Parce que d'abord c'est le meilleur territoire du monde. Il n'y rien de mieux qu'ici, parce que d'une on est chez nous et de deux parce qu'au moins au début il fallait qu'on soit là et qu'on sente ça. Les deux premières saisons on les a tournées à Aubagne mais c'était écrit à Marseille. Tous les comédiens figurants étaient des marseillais, des gens de notre club. Il fallait que ça naisse ici et que ça continue à sentir la Provence.

Adda Abdelli

Tous les comédiens figurants étaient des marseillais, des gens de notre club. Il fallait que ça naisse ici et que ça continue à sentir la Provence.

Pourquoi nous avoir proposé de nous retrouver à la porte d'Aix ?

A.A : Ca me donne l'impression que la boucle est bouclée. Alors ce n’est pas la fin d'une chose mais le début d'une autre très certainement. C'est ici que j'ai grandi, à la Porte d’Aix et j'en suis très ému. Je me souviens qu’il y avait un bar tabac là-bas et des magasins où tu rentrais non pas pour acheter mais seulement pour t'assoir et échanger.

Il ressemblait à quoi le Adda de la Porte d'Aix ?

A.A : Ah il était déjà très beau avec une certaine aisance dans le verbe. Non, les gens m'aimaient beaucoup parce que j'ai toujours été petit comme tu peux le voir et du coup j'ai toujours été apprécié. Ici les gens étaient un peu mes parents, mes grands-parents mes grands cousins et c'était très rigolo. Si tu veux avoir une anecdote, quand j'étais tout petit, la première fois que je suis sorti dans la rue en marchant avec mes béquilles, j'ai fait le tour du quartier et le fleuriste au bout de ma rue m'a donné des fleurs. Je suis rentré chez moi avec un beau bouquet de fleurs. 

Est-ce que tu te nourris de cette expérience marseillaise dans ta série ?

A.A : On est dans le partage. Marseille a une particularité et je ne sais pas si les gens le sentent. Moi je pourrais vraiment, pour ma carrière et tout ce que je fais, vivre ailleurs. Mais pour moi c'est inconcevable. Je suis bien chez moi et j'aime ce "chez moi". Quand je dépasse Avignon je sors mes Ray-Ban. Je me dis « C’est bon, je suis à la maison.». 

Quel est le futur de Vestiaires ?

A.A : A chaque fin de saison on se dit que c'est terminé et finalement non. On nous rappelle pour que ça continue. Et je vous annonce officiellement que nous avons signé pour une saison 13. 

C'est quoi ton top 3 des lieux marseillais que tu recommanderais à un touriste ?

A.A : J'aime bien aller sur le Vieux Port, j'aime bien me diriger vers les Catalans, les Prophètes. J'aime la mer évidemment donc j'aime aller au Panier car on a une vue sur le Vieux Port. Tout Marseille est extraordinaire

Si j'ai bien une adresse secrète à vous donner, c'est un restaurant bar sur le Port qui s'appelle La Piscine et qui est tenu par Florent Manaudou et deux associés. J'aime bien aller là car Florent Manaudou a tourné avec moi dans Vestiaires, déjà, et puis c'est un endroit sympa, sur le Vieux Port, on voit Notre-Dame de la garde en face et je suis toujours bien accueilli. J'aime cette sensation de se sentir chez soi quand on arrive quelque part. 
 

Le conseil du Marseillais pour toutes les personnes qui ont des projets et qui souhaitent les concrétiser mais qui n'osent pas ?

A.A : Le vrai handicap c'est de ne pas oser. Moi vous savez comment ça marche : avant Vestiaires j'ai fait plein d'autres choses, j'ai fait du One man show, de la figuration, des castings pour être comédien. Ca n'a pas marché mais Vestiaires a marché. J'ai tenté des BD qui n'ont jamais marché. Toute ma vie j'ai voulu écrire un livre et j'ai tout essayé. Et un jour on m'a dit « Raconte ta vie et écris là ! » et ça a été édité.

Le bonheur il ne vient pas à vous si vous n'allez pas le chercher. Il faut tenter et le résultat final il n'est pas important. C'est juste de se dire "Putain j'y suis allé quoi". 

 

Retrouvez la série Vestiaires tous les samedis soir à 21h00 sur France 2

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