L'interview pas banale de... Antoine de Maximy

Publiée le mar 27/09/2022 - 16:35 / mis à jour le lun 16/10/2023 - 15:14

Quand on rencontre le réalisateur-explorateur de l'émission culte "J'irai dormir chez vous", une question nous vient tout de suite à l'esprit : Comment fait-il pour être accueilli aussi facilement par les locaux ? Il répond à nos questions dans le cadre du festival Lumexplore.

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Antoine de Maximy
Antoine de Maximy était le parrain de la 7ème édition du festival Lumexplore cette année à l'Eden Théâtre de la Ciotat
Antoine, pour vous, voyager local, ça veut dire quoi ? Et voyager pas banal, qu’est-ce que ça vous évoque ?

A.D.M : C’est une excellente question car justement je travaille actuellement sur un projet français. Je peux pas tout raconter là car c’est un peu tôt mais vous allez me voir en France dans les temps qui viennent. Ce sera une déclinaison de « J’irai dormir chez vous » à la française, je suis très content ! Pour l’instant je m’amuse bien, de toute façon ça fait des années que je m’amuse. Je suis arrivé à un niveau de liberté que je ne pensais pas possible à la télévision. Je suis maintenant à RMC Découverte car France 5 trouvait que ça faisait trop longtemps, moi je ne trouve pas, alors j’ai continué (sourire).

L’idée de tourner en France vient-elle de vous ?

Oui, de toute manière tout ce qui vient de « J’irai dormir chez vous » vient d’une envie personnelle parce que c’est tellement hors des cases, ça demande tellement d’énergie et de conviction que tu ne peux rien faire à contrecœur. 

Et voyager pas banal alors, ça résonne comment ?

Tu sais quand t’es connu, quand t’es identifié dans un pays et que tu souhaites faire quelque chose de local, t’es obligé de faire « pas banal » sinon ça n’a pas d’intérêt. 

Est-ce que vous pouvez nous raconter comment s’est lancée votre carrière d’explorateur ? Est-ce qu’il y a eu un déclic ?

A.D.M : Je crois qu’il n’y a pas vraiment eu de déclic, j’avais envie de voyager quand j’étais petit mais je m’en rendais pas vraiment compte. Je ne voyageais pas du tout avec mes parents car on n’avait pas d’argent donc j’allais toujours chez ma grand-mère l’été étant petit. Par contre j’ai lu beaucoup de bouquins, pas des romans, des histoires vraies, des récits vécus. Par exemple ceux du navigateur Bernard Moitessier, de Nicolas Hulot, des gens qui avaient leur parcours à eux et qui avait fait des choses formidables. Ça m’a beaucoup inspiré. 

Tester l’hospitalité des gens, c’est le thème de votre émission « J’irais dormir chez vous ». Pour vous, ça signifie quoi être bien accueilli par les locaux ?

A.D.M : De mon côté, je ne peux plus avoir un avis là-dessus en France car je ne rencontre que des gens souriants, qui cherchent à se montrer sous leur meilleur jour. Puisqu’ils sont sincèrement contents de me voir, ils ont pas envie d’être désagréables. Par exemple, quand je rentre dans une entreprise, pour savoir si le patron est sympa, c’est pas la façon dont il me parle qui va m’intéresser c’est la manière dont ses employés vont lui parler, c’est là que tu vas savoir si c’est un mec sympa tu vois. 

Est-ce que vous vous sentez le bienvenu à la Ciotat ?

A.D.M : Je pense que cette ville à l’avantage d’être un endroit agréable sans être trop touristique. Pour les endroits pris d’assaut par les touristes, il y a rien à faire, les gens sont forcément moins sympas car sous pression… Je vais te dire, il y a un truc qui est vrai encore aujourd’hui c’est que quand tu vas quelque part, où que ce soit, en France ou ailleurs, où il y a très peu de touristes qui passent, t’es super bien accueilli. C’est le cas au Kazakhstan où j’étais en juin dernier (l’épisode sera diffusé  le 25 novembre sur RMC Découverte) personne ne s'y intéresse et effectivement il n'y a pas grand-chose à voir, très peu de monuments mais il y a les gens et moi c’est ce qui m’intéresse. Ils te saluent, ils klaxonnent en passant en voiture, ça ça n’arrive pas souvent à Paris. 

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La ciotat
Créé à la même époque que la ville de Marseille (-600 av JC), le vieux port de la Ciotat mêle aujourd'hui les bateaux de pêche et de plaisance.
Quels sont vos secrets pour provoquer l’échange, la discussion, (presque l’amitié !) aussi facilement avec les locaux ?

A.D.M : Je suis tout simplement content de les voir. C’est naturel, je cherche à montrer leur meilleur côté parce que ça m’amuse. Si je commence à montrer le mauvais côté de quelqu’un c’est qu’il m’a vraiment rentré dans le chou.

Avez-vous une connexion particulière avec le Sud de la France, vous, qui avez voyagé un peu partout ?

A.D.M : Pas mal, oui. C’est la région de France où je suis allé le plus souvent dans ma vie. J’ai même passé le confinement, ici, à la Ciotat ! Avec une amie, on a réussi à avoir une autorisation pour filmer en drone la ville déserte, c’était impressionnant. La météo est clémente une bonne partie de l’année, c’est quand même super agréable, vous avez de la chance ! 

Quels sont vos coins préférés ?

A.D.M : Le Cinéma Eden Théâtre sans hésitation. Je squatte beaucoup ici. Pour le reste je ne dirais rien, dès que tu trouves un plan dans un guide c’est que c’est déjà un mauvais plan (clin d'oeil).

Dernière question, avez-vous des conseils pour nos futurs explorateurs & exploratrices ?

A.D.M : Si tu veux voir le monde tel qu’il est vraiment, je te conseille de ne pas faire que les endroits touristiques et surtout d'aller dans les petites villes qui sont, pour moi, plus intéressantes que la campagne. La campagne elle n’est pas fondamentalement différente d’un pays à l’autre mais dans les petites villes c’est là ou l’identité du pays est souvent la plus forte et où il se passe vraiment des choses. Tous les métiers sont là : les cordonniers, les bouchers, les mécaniciens… Je te dis pas de faire tout ton voyage là-bas mais passer au moins 3 jours dans les moyennes villes, c'est là où ça vit.

Antoine de Maximy

Dans les petites villes c’est là ou l’identité du pays reste souvent la plus forte et où il se passe vraiment des choses

Et pour celles & ceux qui aimeraient s’évader même en restant prêt de chez eux?

A.D.M : Prendre ses baskets ou une mobylette et rouler à 45km/h à travers les petites routes de France ou de Provence !

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