Le Pastis

Un petit jaune s'il vous plaît !

Publié le 1 décembre 2015 Mis à jour le 3 août 2018

Noyé, serré, l’apéritif à l’anis reste le trait d’union provençal

Côté fourneaux, l’incontournable flambée de crevettes reste parmi les classiques de la cuisine à l’anis. Logique de terroir, les produits de la mer s’accommodent fort bien d’une touche anisette. Daurades, sardines, marinées ou flambées et le tour est joué. En version sucrée, le soufflé compte parmi les desserts raffinés. On pourrait aussi verser quelques gouttes dans une préparation de biscuits secs à l’anis. Un genre de canistrelli (dont on remplacera le vin par le pastis) à boire et à manger…

Pastis en terrasse...

... ou Pastis dans le jardin !

Le Pastis a même d'autres utilités !

Et si on buvait autrement ?
L’image d’Epinal de la Provence c’est bel et bien ce verre à moitié rempli d’un liquide jaune, la carafe d’eau et l’assiette d’olives trônant aux terrasses des cafés. Quand on débarque à la Gare de Marseille St-Charles, l’envie d’un pastis naît presque instantanément. Non pas que l’on ait soif, mais plutôt que cette première gorgée anisée permet de poser ses valises, de se sentir aussitôt happé par l’ambiance de la Provence. Né pour palier l’interdiction de l’absinthe en 1915, le pastis est arrivé sur le marché comme un dérivé de la fée verte. Une absinthe anisée légale en quelque sorte. Si chaque Français en boit en moyenne 2 litres par an, les Français du Sud font sans doute exploser les statistiques. Ici, le « jaune » est le plus familier des apéritifs.

Un pastis s'il vous plaît !

C’est pas parce qu’on est dans le monde des apéros populo, qu’on ne lui tire pas le tapis rouge à notre pastaga local. S’amuser à sauter dans la catégorie prestige avec un pastis c’est un peu comme troquer son Zara pour un Vuitton… Un nouveau monde ? Car le pastis possède lui aussi son haut de gamme. Quelques productions, certes marginales, tirent la catégorie vers le haut. Certains pastis premium sont encore fabriqués en France, pas très loin du berceau d’origine. Comme le Grand Cru du Pastis d’Henri Bardouin, produit à partir de 65 plantes et épices en Haute Provence… Intra-muros, la société Cristal Limiñana, fabrique encore près du Vieux-Port son pastis, le Marseillais.

Dernier-né local de la catégorie, le Pastis artisanal des Creissauds. Guillaume Ferroni reprend le flambeau d'une production locale perdue. Le Dr Folamour des cocktails a brodé autour de la recette originale, un pastis bien à lui, "une version très herbacée". Dans ce Pastis des Creissauds, pas moins de 18 plantes fraîches, "dont on n'utilise que les feuilles", qui toutes ont grandi dans le jardin du château d'Aubagne. Des plantes méditerranéennes qui poussent à l'état sauvage (laurier, romarin - le sien a la taille d'un arbuste - serpolet, thym, etc) et d'autres cultivées dans le carré des Creissauds (absinthe, hysope, menthe poivrée, myrte). Chaque plante macère séparément pendant un an en dames-jeannes dans un alcool neutre de betteraves avant un assemblage en foudre ou en fût qui "boisent l'alcool". "A l'instar des grands vins, chaque récolte apporte donc des nuances différentes du fait des variations climatiques". L'embouteillage de ce pastis premium (34€) se fait en bouteilles type Marc de Bourgogne. Le troisième millésime (7500 litres en 2015)
vient d’être embouteillé. Loin des anisettes de comptoir, le pastis des Creissauds garde un vert léger et une saveur aromatique sauvage, délicatement persistante, portée sur le fenouil, l'anis et les huiles essentielles, qui change le registre de nos habitudes apéritives.

Pastis par temps gris, pastis aussi !

So food so good est le blog d'une journaliste culinaire qui aborde la cuisine la plus créative comme une culture, sous tous ses angles. Cécile Cau vous parle des restaurants qu’elle aime, vous livre ses recettes préférées et des petits secrets d’infos régulièrement glanées auprès des chefs qu’elle côtoie régulièrement.

http://www.sofoodsogood.com/

Autres articles

Mille talents, mille visages...Mille créateurs de goûts

Mille talents, mille visages...Mille créateurs de goûts

du 20 au 24 mars au Mucem et du 20 mars au 20 mai 2019 à Aix

Chefs cuisiniers, sommeliers, boulangers, pâtissiers, épiciers, pêcheurs, poissonniers, agriculteurs, vignerons, bouchers, maraîchers… Mille talents, mille visages de la gastronomie provençale sont immortalisés sous l’objectif de Pierre Maraval pour MPG2019.

Le goût de Martigues aux multiples saveurs

Le goût de Martigues aux multiples saveurs

du 1er mars au 26 juillet 2019

Un projet culinaire de Nadia Sammut composé d'une exposition de Jean-Michel Blasco et d'un final le 21 juillet 2019 pour la journée gastronomique, populaire et artistique qui sera l’un des temps fort des Fêtes Estivales de Martigues.

Tout le monde à table!

Tout le monde à table!

Avec Goût de France et MPG2019

Du 21 au 24 mars 2019, tout le monde à table ! Profitez d'offres exclusives et vivez des expériences inoubliables dans 100 restaurants des Bouches-du-Rhône!

Les spécialités sucrées traditionnelles de Provence

Les spécialités sucrées traditionnelles de Provence

Attention, article spécial gourmand

Quel plaisir et quelle expérience de goûter aux spécialités locales fabriquées en Provence. Mais les connaissez-vous toutes?

Gérald Passedat, parrain de l'année de la gastronomie

Gérald Passedat, parrain de l'année de la gastronomie

L’année qui s'ouvre sera celle de Marseille Provence Gastronomie 2019, placé sous le parrainage du chef triplement étoilé Gérald
Passedat. Sa cuisine est un manifeste pour l’éducation du goût, une vision, un cap à tenir.

Green food à Marseille : nos adresses vegan et végétarienne

Green food à Marseille : nos adresses vegan et végétarienne

2019, sera green ou ne sera pas !

Et si « manger bon et sain » devenez notre bonne résolution à tous ! Découvrez ci-dessous nos lieux pour manger bien, bon, local et sans viande.

MPG 2019

MPG 2019

Une année de la gastronomie en Provence

MPG2019 est un événement inédit qui commence ce mercredi 20 mars et qui se déploiera sur l’ensemble du territoire des Bouches-du-Rhône pour célébrer l’art populaire de la gastronomie en Provence.

Dans la cuisine de Mireille : les pieds paquets

Dans la cuisine de Mireille : les pieds paquets

Les pieds paquets n'auront plus de secret !

Aujourd’hui on va dans la cuisine de Mireille, qui va partager avec nous sa recette familiale de pieds paquets !

La figue

La figue

Francis, au pied de son arbre, vivait heureux

La figue de Provence invite à la damnation quand elle est cueillie mûre à point sur l’arbre, on peut aussi en parsemer un plateau et la laisser sécher 3 jours au soleil pour en manger tout l’hiver. Juste frais, ouvert et posé sur la pâte à tarte, en confiture bien sûr, ce fruit en mode sucré est un délice.

Le coing

Le coing

Petites histoires sur un fruit bonne pâte

Il est jaune comme un soleil et chaleureux comme un feu de cheminée en hiver… Le coing n’est pas très beau mais a su se faire aimer des Provençaux.

La tomate

La tomate

En sauce ou en salade, pour rougir de plaisir

Ne pas avoir le bac n’empêche pas de réussir sa vie. Et c’est pareil pour la tomate qui a raté son arrivée en Occident mais est devenue, après bien des péripéties, la star des menus Provençaux. Au plus elle est charnue, joufflue voire fessue, au plus elle a la cote.

L’amande

L’amande

A la (re)conquête de la Provence

Peut-on résister à l’amande ? On les déguste fraîches ou séchées, entières, grillées, effilées, pilées voire en crème ou en lait !