Découvrez la Maison du Cheval Camargue

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Publiée le mer 02/09/2026 - 08:47 / mis à jour le mer 02/09/2026 - 10:43

Situé aux Saintes-Maries-de-la-Mer, au cœur du Parc naturel régional de Camargue, le mas de la Cure - Maison du Cheval Camargue propose une visite immersive du domaine, entre patrimoine architectural, biodiversité remarquable et rencontre des chevaux en semi-liberté. On vous raconte !

De la vigne au cheval Camargue

Après une petite collation de bienvenue, la visite commence par un voyage dans le temps : en nous invitant à observer les magnifiques bâtiments qui nous entourent, Clothilde, responsable du site, nous rappelle qu’avant de devenir un lieu dédié au cheval Camargue, le mas de la Cure a connu des années florissantes en tant que domaine viticole. En 1885, le riche industriel marseillais et négociant en vin Louis Noilly-Prat devient propriétaire du Château d’Avignon et du mas de la Cure. À cette époque, alors que les vignes françaises sont ravagées par le phylloxéra, la Camargue reste l’un des rares territoires agricoles à résister à cet envahisseur : les vignes étant immergées en hiver, le parasite ne pouvait pas s’y développer. Sous la gestion de la famille Noilly-Prat, la production viticole du mas de la Cure connaît son apogée jusque dans les années 30, avant de finalement s’incliner face à la concurrence des vins d’Algérie, dont l’arrivée massive en France bouleverse complètement le marché. 

Un siècle après Noilly-Prat, le mas de la Cure est racheté en 1985 par le Conservatoire du Littoral qui souhaite préserver l’environnement naturel et l’authenticité des lieux. En 2002, la gestion de ce lieu emblématique est officiellement confiée à l’Association de la Maison du cheval Camargue, formée par un groupe de véritables passionnés de la race et des traditions qui l’entourent.
 

Le cheval Camargue : un rustique au cœur tendre

Après cette plongée dans l’histoire des lieux, nous retrouvons Margaux, gardian de la manade, qui nous présente Nimoise, jeune jument de 3 ans. L’occasion de passer en revue les nombreuses qualités de la race Camargue : ni trop grand ni trop petit, le cheval Camargue est particulièrement résistant et terriblement attachant. Entièrement adapté aux conditions de vie locales, il est capable de supporter un climat très changeant : des étés chauds pendant lesquels prospèrent mouches, taons et moustiques, et des hivers assez froids, humides et venteux. Son poil blanc et sa peau noire lui permettent de résister au soleil et aux insectes, tandis que ses pieds larges lui permettent de crapahuter facilement sur des sols changeants. Mais surtout, le cheval Camargue possède une botte secrète : en parvenant à fermer ses naseaux, il est le seul cheval à pouvoir manger sous l’eau ! Un atout décisif quand il s’agit d’aller chercher de la bonne herbe au fond des marais.  

Ce que nous explique aussi Margaux, c’est qu’au-delà d’être parfaitement adapté à son environnement, le cheval Camargue est un partenaire idéal pour le gardiennage des taureaux, un travail qui demande une grande maniabilité. Or, cette race se distingue justement par sa réactivité exceptionnelle, sa tempérance, son endurance et son instinct infaillible, sachant lire et anticiper les comportements des taureaux, parfois même avant son cavalier ! 

Tout en continuant ses explications, Margaux prépare Nimoise avec son harnachement traditionnel et nous invite à la suivre jusqu’à la carrière. Captivé et silencieux, le groupe observe l’apprentissage et les premiers pas de la jeune jument dans la vie active : ce n’est que la troisième fois qu’elle est montée et déjà l’on peut ressentir la complicité et la confiance qui la relient à sa cavalière. 
 

Immersion en terre camarguaise et au cœur des chevaux

Pour la suite de la visite, Clothilde et Margaux nous emmènent en balade pédestre à la rencontre des chevaux. Le mas de la Cure en compte une vingtaine, avec une majorité de juments, qui sont tous élevés en semi-liberté dans la plus pure tradition camarguaise. Il s’agit d’ailleurs de la seule manade qui permet d’aller voir les chevaux Camargue dans ces conditions, sans perturber leur écosystème. Épanouis dans leur habitat naturel, ici les chevaux ne boivent que l’eau disponible naturellement sur le site et sont particulièrement friands des roselières pendant l’été.

Pendant la balade, Clothilde nous explique qu’au-delà d’être la Maison du Cheval Camargue, le domaine est un haut lieu de préservation de la biodiversité locale. La présence des chevaux en élevage extensif permet d’entretenir un paysage ouvert qui profite aux oiseaux, canards, roseaux… Situé entre la partie nord de la Camargue, principalement constituée de marais d’eau douce et plutôt dédiée à l’agriculture, et la partie sud, plus sauvage et façonnée par les prairies salées appelées “sansouires”, le domaine de 300 hectares est une véritable mosaïque des paysages camarguais. Ces prairies naturelles sont d’ailleurs l’une des grandes fiertés du mas de la Cure, qui a obtenu le premier prix d’équilibre agro-écologique au Concours Général Agricole.

Le site abrite également des nichoirs de chauves-souris, mais aussi des butors étoilés, une espèce en voie d’extinction, et des ruches pour favoriser la pollinisation. En chemin, nous croisons aussi beaucoup de saladelle, la plante porte-bonheur des gardians, utilisée pour conjurer le mauvais sort, accompagner les moments importants ou pour conquérir un cœur à prendre.
 


Puis, soudain, nous apercevons au loin une croupe blanche, puis deux, puis trois… qui dépassent de la végétation. Les têtes des chevaux se lèvent, intriguées, et le petit groupe vient à notre rencontre. Il s’agit des mâles de la manade, parmi lesquels on retrouve aussi bien le vieux retraité que les jeunes apprentis. Après quelques papouilles, nous reprenons la balade pour finalement rejoindre les juments et leurs poulains. Ici, elles sont plus nombreuses et c’est une véritable immersion au cœur du troupeau. Les juments viennent réclamer des caresses et des gourmandises, tandis que les petits nous dévisagent, mi-réservés mi-curieux, avant de retourner têter leur mère. En observant le flanc gauche des juments, on remarque distinctement la marque de la manade du Mas de la Cure : un chardon, en référence à l’emblème du Conservatoire du Littoral. Malgré la densité du troupeau, il se dégage de cette rencontre une atmosphère faite de douceur et de sérénité. On prend le temps de leur grattouiller le bout du nez ou de passer la main dans leur crinière, avant de les laisser retourner vaquer à leurs occupations. 

Enfin, la visite se termine par un petit tour du côté des anciennes cuves à vin du domaine, extrêmement bien conservées, qui gardent en elles l’écho d’une autre époque.

Aux confins de la biodiversité, de l’élevage traditionnel, de l’agriculture et du tourisme durable de proximité, le mas de la Cure est un véritable laboratoire vivant qui montre une chose essentielle : on peut exploiter un territoire, et même en vivre, tout en veillant à ne pas l’abimer et en le respectant profondément. Conclusion : on vous recommande la visite à 200% !

INFOS PRATIQUES

Adresse : Chemin de Bardouine, 13460 Saintes-Maries-de-la-Mer
Téléphone : 04 90 97 76 37

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