La barquette marseillaise, une tradition bien provençale

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Publiée le ven 11/02/2022 - 01:00 / mis à jour le mar 15/02/2022 - 01:00

Elles remplissent les ports de Marseille, La Ciotat, Cassis ou encore de Carro : les barquettes sont l’une des caractéristiques des ports provençaux. Mais attention, il ne faut surtout pas les confondre avec les pointus ! A l’occasion de l’exposition De Ports en Ports au Musée Regards de Provence, on vous en dit plus sur ces embarcations mythiques…

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Les barquettes marseillaises

Incarnation du savoir-faire naval et symbole du monde maritime marseillais, la barquette est le bateau provençal par excellence. Ces petites barques en bois utilisées pour la pêche côtière font partie du paysage provençal depuis plus d’un siècle. Importées par des charpentiers de marine de la région napolitaine à la fin du XIXème, ces bateaux traditionnels des « petits métiers de la mer » perdurent toujours.

Avant leur apparition, les pêcheurs locaux utilisaient deux types de bateaux à voile latine : la Bette, petite embarcation de pêche côtière, et le Mourre de Pouar dont le nom signifie « museau de cochon », un bateau lourd destiné à la pêche de sardine et de thon. La construction de quais et de jetées ont provoqué la disparition du Mourre de Pouar et la barquette s’est généralisée. A l’origine, ces embarcations fonctionnaient à la voile. Aujourd’hui, la plupart des barquettes sont motorisées, mais une centaine d’entre elles naviguent encore de façon traditionnelle. Désormais, elles sont pour la plupart utilisées pour des activités de plaisance, et surtout pour la pêche de loisir.

A quoi reconnait-on une barquette marseillaise ?

Les barquettes marseillaises ne sont pas des bateaux comme les autres : elles ont des caractéristiques qui leur sont propres. On les reconnait par leur galbe si particulier adapté à la navigation dans la baie marseillaise. Leur coque, longue de 4 et 9 mètres, est symétrique et pointue à la proue comme à la poupe. Le capian est également un élément phare. Une pièce d’étrave située à l’avant, qui sert à amarrer le bateau : sa forme allongée rehaussée de « joues » est symbole de virilité. Une sorte de marque de fabrique du constructeur du bateau !

Son galbe particulier lui a valu le surnom de « pointu », donné par les marins de la Marine nationale en opposition à leurs canots. Cette appellation est utilisée dans le Var et les Alpes-Maritimes, mais dans les Bouches-du-Rhône, c’est la barquette et rien d’autre ! 

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Le capian
Le capian est la caractéristique propre aux barquettes.

"Eh monsieur, un pointu, on dit pas, ici. Il y a des barques, des barquets, des barquettes, des barcasses même, mais les pointus, c'est pour les Niçois et les Toulonnais".
— Dominique Pons, Une chronique de l’Estaque, 2007 

Une tradition ancrée dans le patrimoine marseillais

Fanny, Toinou, Manon, Fifi ou encore Rose, les embarcations portent souvent un prénom familial. En effet, la tradition veut que ces barquettes soient transmises de génération en génération et racontent l’histoire familiale. Preuve de l’amour d’un mari pour sa femme ou encore hommage à un parent disparu, les noms de ces bateaux signifient beaucoup.
Les propriétaires de barquettes sont des passionnés qui disposent de temps et d’un savoir-faire nécessaire à l’entretien laborieux et coûteux de ces bateaux en bois.
Aujourd’hui, il reste environ 600 barquettes emblématiques qui font partie du patrimoine maritime provençal. La barquette marseillaise est même inscrite à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel en France, et certaines, comme la Bonne Mère, sont protégées au titre de monument historique.

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La barquette La Bonne Mère
La Bonne Mère, barquette protégée au titre de monument historique.

Pour en savoir plus sur les bateaux mythiques et les ports du littoral : visite guidée avec les guides de Provence Buissonnière.

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