(Re)Découvrez le Port antique de la plus ancienne ville de France : Marseille

Renaissance d'un site archéologique

Publié le 25 septembre 2019 Mis à jour le 26 septembre 2019

Depuis sa réouverture en septembre 2019, le site du Port antique de Marseille - dont les vestiges témoignent des prémisses de la plus ancienne ville de France fondée vers 600 avant notre ère - est entré dans une nouvelle phase de sa très longue histoire. De par leur qualité et leur ancienneté, ils livrent le témoignage de l'organisation portuaire et défensive de la première cité antique du territoire national.

Le site a déjà fait l’objet de diverses campagnes de travaux et d’aménagements depuis 1967 mais l’opération actuelle est de loin la plus importante depuis la découverte des vestiges.
Il constitue l'un des plus importants sites archéologiques en centre-ville, en France.

Le visiteur passera désormais par la porte monumentale de l’enceinte antique remise en valeur, cheminera sur la voie romaine et redécouvrira les aménagements portuaires et funéraires, témoins de l’occupation continue du site depuis 26 siècles. Et sera à terme, la 1ère salle à ciel ouvert du parcours chronologique du musée d'Histoire de Marseille.

À deux pas du Vieux-Port, le musée d’Histoire de Marseille, entièrement rénové en 2013, est l'un des plus grands musées d'histoire d'Europe. Il a été conçu comme un écrin au site archéologique du port antique, et permet de découvrir les 26 siècles d'existence de la plus ancienne ville de France.

Le bâtiment abrite une exposition de référence de 3 500 m² riche de près de 3000 œuvres. Le parcours est organisé en 13 séquences chronologiques, des premières occupations préhistoriques aux développements urbains contemporains, ponctuées de nombreux dispositifs audiovisuels et multimédia et des "Escales de l'histoire" spécialement conçues pour le jeune public.

Ce vaste projet de requalification du site du Port antique, financé avec la participation de l’État (Conservation régionale des Monuments historiques) et du Département 13, constitue la dernière étape (extérieure) de la rénovation du musée, dont les espaces intérieurs rénovés avaient été inaugurés en 2013, année "Capitale européenne de la Culture".

© N.Ammirati

Des vestiges qui avaient plusieurs fonctions

Datés pour l’essentiel des époques hellénistique et romaine, les vestiges appartiennent à la fortification orientale de la ville et à un quartier périurbain où les archéologues ont identifié 4 fonctions principales :

  • une fonction funéraire, avec deux terrasses funéraires grecques (IVe siècle avant J.-C.) et une nécropole de l’Antiquité tardive (Ve-VIIe siècle de notre ère)

  • une fonction défensive, assurée jusqu’au XIIe siècle de notre ère, du côté oriental de la cité, avec des portes, tours et avant-murs

  • une fonction portuaire, dont témoignent des aménagements de berges en bois dès l’époque grecque. Elle se développe à l’époque romaine avec la construction de quais en pierre et d’entrepôts. Cette fonction est mise à mal par un processus d’envasement de la corne du port. Déjà en oeuvre au IIIe siècle après J.-C quand un navire, qui allait devenir l’épave de la Bourse, y est abandonné, la corne est à sec trois siècles plus tard.

  • une fonction artisanale : attestée par des ateliers de métallurgie, de verrerie et de travail du cuir, elle semble présente durant toute l’occupation du site et surtout pendant l’Antiquité tardive.

© N.Ammirati

Les 5 objectifs majeurs du projet de requalification du site

Conserver et mettre en valeur des vestiges antiques avec des techniques de restauration spécifiques à chaque élément remarquable comme les remparts, la terrasse à triglyphes, le bassin d’eau douce, la corne du port qui seront nettoyés, consolidés, dont les murs seront
rejointés ou pour certaines parties très fragilisées, renfouies...

Proposer un aménagement paysager du site offrant une perception plus facile des diverses époques de construction et permettant de rendre lisibles toutes les composantes du site.

Améliorer les conditions d’accueil, d’accès et de cheminement sur le site de jour comme de nuit : nouvelle signalétique, nouvel éclairage, viabilisation des chemins.

Connecter les vestiges à la ville moderne en créant une liaison physique avec la rue Barbusse qui longe le site et la création d’un escalier monumental dans l’alignement de la voie antique (qui se prolonge encore aujourd’hui dans la ville de Marseille : rue Caisserie, rue Fiocca). Ce point d’orgue marque le nouvel accueil du musée avec notamment la mise en place d’un ascenseur.

Réaliser une surveillance archéologique rigoureuse du chantier pendant les travaux permettant de mieux connaître et de compléter les connaissances sur les secteurs déjà fouillés par le passé, le site restant avant tout, une réserve archéologique.

© N.Ammirati

© N.Ammirati

Ce site archéologique garde encore les traces de la porte principale de la ville antique. C’est donc une zone très particulière, de frontière entre intérieur et extérieur de la cité, le parti pris paysager révèlera ainsi ses trois caractères :

  • la partie "intra-muros", à l’intérieur des remparts, recevra un traitement minéral spécifique, accompagné d’un jardin urbain inspiré des compositions antiques,

  • la partie "extra-muros", à l’extérieur des remparts, sera traitée en sable stabilisé, prairie sèche et plantation de graminées et essences locales, l’ensemble aura une teinte à dominante blonde afin de se différencier clairement de la corne du port,

  • la corne du port, où la présence de l’eau sera symboliquement matérialisée par une pelouse très sombre destinée à faire ressortir visuellement cet élément majeur pour la compréhension du site.

L’arrivée des végétaux

Prochaine étape : l’arrivée des végétaux, pour mieux respecter la conservation des vestiges et comprendre intuitivement le site archéologique.

Architectes, archéologues, conservateurs, paysagistes et ingénieurs se sont inspirés des jardins antiques et vont créer ici un nouveau paysage à partir d’essences exclusivement méditerranéennes. Les plantes choisies développeront, un système racinaire horizontal qui, à terme, ne perturbera pas les sols archéologiques et nécessitera peu d’arrosage.

Des plantes comme « aide à la visite »...

Concrètement les lignes de remparts successifs seront matérialisées par une alternance de cyprès d’Italie et de myrthe.
En ce qui concerne la darse artificielle de 2 000 m² de forme allongée, originellement profonde de plus de 4 mètres et bordée de quais, elle est identifiée comme étant la partie du port romain de la cité que l’on appelle aujourd’hui la « Corne du port ». Elle sera donc plantée d’une prairie très sombre, très verte pour évoquer la couleur et la profondeur de l’eau qui contrastera avec une prairie sèche de couleur blonde argentée, constituée d’essences locales comme « la barbe de Jupiter » et les immortelles, qui soulignera les abords.

… et pour améliorer la qualité de vie en ville

En tout 600 m² de végétaux mellifères seront plantés entre la fin du printemps et l’été sur le site du Port Antique. Ces plantations s’accompagnent d’un projet d’implantation de ruches sur les toits d’immeubles alentours.

En tout 11 500 végétaux vont être plantés dont une vingtaine de chèvrefeuilles, de vignes vierges et autant de lierres grimpants, mais aussi près de 2 000 petites pervenches, des parterres de gazon, 700 plants de barbes de Jupiter, et 4 000 pieds d’immortelles, près de 2000 sauges de Jérusalem à petites feuilles, et plus de 2 500 plants de santolines et de myrthes, enfin 4 100 « cheveux d'ange », mais aussi une trentaine de cyprès déjà hauts de 5 mètres.

De plus, les oliviers et autres arbustes qui étaient sur site et nécessitaient d’être déplacés pour les besoin du chantier, vont être repositionnés à des endroits libres de vestiges. Le pin parasol et le peuplier ont été préservés.

2019

1967

Histoire d’une découverte

Depuis la décision prise en 1905, de détruire les quartiers dits «de derrière la Bourse», ce secteur ancien de la ville de Marseille avait fait l’objet de nombreux projets de reconstruction, émaillés de longues périodes d’immobilisation et de variations.

En 1913, apparurent trois tronçons appartenant au rempart antique de la ville, dont un segment (le «mur de Crinas») fut classé monument historique en 1916. Il fut conservé en sous-sol avec aménagement d’une chambre de visite.

Après la destruction du jardin public Tassot pendant la seconde Guerre mondiale les propositions successives d’aménagement de cette zone n’aboutirent pas et ce terrain fut laissé en friche;jusqu’à l’émergence d’un nouveau projet prévoyant la construction de commerces, bâtiments administratifs et centre culturel. Ceci impliquait la disparition des vestiges classés. Le Ministère des Affaires culturelles s’y opposa ainsi que l’administration des Monuments historiques. La Direction des Antiquités commença alors les fouilles de la Bourse en 1967.

Musée d'Histoire de Marseille (a) N.Ammirati

Musée d'Histoire de Marseille (a) N.Ammirati

Un parc archéologique et un musée de site

Le «Jardin des Vestiges» tel que les Marseillais avaient coutume de l’appeler ouvre au public en 1983, et présente les résultats de la première grande fouille archéologique urbaine en France. Elle a été réalisée entre 1967 et 1983 à l’occasion du chantier de construction d’un complexe administratif et commercial, le Centre Bourse.

La découverte en 1974 d’un objet exceptionnel, l’épave de la Bourse, l’ampleur et la qualité de conservation de nombreux vestiges pour l’essentiel conservés in situ ont facilité l’implantation au coeur du projet Centre Bourse d’un «musée de site» de nouvelle génération, permettant une interprétation d’ensemble des vestiges replacés dans l’histoire de Marseille.

Ainsi était inauguré en 1983 le musée d’Histoire de Marseille, l’un des premiers musées consacrés en France à l’histoire d’une ville, de ses origines à nos jours et qui depuis sa rénovation en 2013 offre une muséographie entièrement repensée. L’établissement culturel est maintenant reconnecté à un site archéologique majeur de la Méditerranée antique.

Infos pratiques

Musée d’Histoire de Marseille
2 Rue Henri Barbusse, 13001 Marseille
Accueil-Billetterie 04 91 55 36 63

HORAIRES
Du mardi au dimanche de 9h30 à 18h
fermeture hebdomadaire le lundi, sauf les lundis de Pâques et de Pentecôte
fermeture les jours fériés suivants : 1er janvier, 1er mai, 1er novembre, 11 novembre et 25 décembre.

TARIFS
Exposition permanente : plein tarif 6€ - tarif réduit 3€

Pour aller plus loin

On n'a rien inventé !

Produits, commerces et gastronomie dans l'Antiquité romaine.
Dans le cadre de "Marseille-Provence 2019, année de la gastronomie en Provence", le Conseil Départemental des Bouches-du-Rhône propose des manifestations dans tout le département mettant à l'honneur les produits du terroir, les acteurs du monde agricole (vignerons, meuniers, oléiculteurs, éleveurs) et de la mer (pêcheurs) ainsi que les restaurateurs.
À cette occasion, le Musée départemental Arles antique et le musée d'Histoire de Marseille sont partenaires pour organiser l'exposition hors les murs du Musée Départemental Arles Antique "On n'a rien inventé !" présentée du 15 juin au 29 septembre 2019 au musée d'Histoire de Marseille.
L'exposition retrace les découvertes archéologiques liées aux aliments utilisés au cours des temps (vin, huile, poissons, ...) et la gastronomie actuelle. Elle met en valeur des producteurs et produits gastronomiques provençaux, en ancrant leur savoir-faire dans le passé antique.
Il s'agit donc d'une exposition comparatiste mêlant objets antiques et objets contemporains. Outre les exceptionnelles collections du musée d'Arles, l'exposition emprunte des oeuvres à de nombreux musées français et étrangers : musée du Louvre, musée d'Histoire de Marseille, musée d'art et d'histoire de Genève, musée Calvet, musée de Saint-Romain-en-Gal, musée de Dijon, Inrap, Cnrs, Drassm, ...
Le service archéologique du musée d'Histoire de Marseille propose pour l'occasion une exposition-dossier Marseille à table qui déclinera sur une grande "table - vitrine" 20 000 ans d'arts de la table des Marseillais.

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