La Ciotat 1720 : une page d’histoire

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Publiée le mar 13/10/2020 - 02:00 / mis à jour le jeu 16/11/2023 - 12:06

C’est avec fierté que les Ciotadens participent chaque année au Festival La Ciotat 1720, une reconstitution historique célébrant la lutte menée par les habitants pour repousser la peste de Marseille de 1720. À l’occasion du tricentenaire, retour sur ce fait sanitaire historique en Provence.

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Reconstitution La Ciotat 1720

C'était il y a 300 ans exactement. La dernière épidémie de peste en Occident décimait Marseille et la Provence, n'épargnant que la ville de La Ciotat. Un épisode historique qui devait être célébré dans le cadre du Festival La Ciotat 1720, sous l'égide de Mireille Benedetti, metteuse en scène et fondatrice de l’association « Il était une fois » : “Cette année devait être très particulière puisque nous souhaitions évoquer les leçons de l’histoire. Jamais nous n’aurions pu imaginer qu’elle allait se répéter de cette manière avec une nouvelle épidémie mondiale”. Depuis 1996, elle imagine, avec l’aide de bénévoles et d’artistes, une reconstitution historique pour raconter de quelle manière La Ciotat a su éviter la grande Peste venue de la cité phocéenne.

Le Grand Saint-Antoine réveille la peste à Marseille

C’est le 25 mai 1720 que débarque à Marseille le « Grand Saint-Antoine », un navire de commerce chargé de cotonnades, laines et soieries. Les conditions d'entrée des bateaux au port sont strictes car la France a déjà subi plusieurs épidémies de peste. Le navire est mis en quarantaine dans l’archipel du Frioul dans le respect du protocole sanitaire en vigueur. Mais malgré ces précautions, des tissus infectés par le bacille sont déchargés vers la ville pour des clients pressés. La peste se répand alors à Marseille avant de ravager toute la région. Seule La Ciotat résiste à ce fléau.

La Ciotat épargnée

Comment la ville a-t-elle réussit à se préserver de l’épidémie ? Grâce à ses fortifications d’abord, qui ont permis de fermer la ville, mais aussi grâce à une fronde des femmes de la cité. Ensemble, elles s’unissent pour refuser l'arrivée des soldats de la garnison du roi qui souhaitent se réfugier entre leurs murs au risque de contaminer les habitants. “À l'époque, les hommes qui composent le conseil des consuls qui dirige la ville n’ont pas le droit de refuser l’accueil des soldats” rappelle Mireille Benedetti, “c’est à la détermination de ces femmes que la Ciotat doit son salut”. Epargnée, la Ciotat devient alors l’unique port de ravitaillement pour toute la Provence et permet à la région d’éviter la famine.

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