Rencontre avec le Graffeur DEUZ

Propos recueillis par Mélanie Mangialetto

A l'occasion de sa participation au Paper'Art Project, nous sommes allés à la rencontre du graffeur DEUZ.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ? Depuis combien de temps faites-vous du graffiti et comment y êtes vous venu ?

Depuis ma plus tendre enfance, je suis passionné par le dessin. Très tôt je savais que c'était la voie que j'allais donner à ma vie.
La BD et les dessins animés ont été des sources d'inspiration pour moi.
Après le collège et quand il a fallu choisir son orientation, c'est tout naturellement que j'ai intégré en 1995, un bac d'arts appliqués sur Aix-en-Provence.
C'est à cette période que j'ai été largement inspiré par le graffiti et ses codes, j'ai donc essayé d'en faire, maladroitement mais il est clair que cette période a fortement influencé mon style graphique.

Est-ce que le fait d’être enseignant a eu une influence sur votre travail ?

Oui sûrement, mais je pense que l'inverse est bien plus évident. Le fait de peindre et d'avoir une activité artistique en dehors du métier d'enseignant est à la fois une bouffée d'oxygène, une façon d'exister artistiquement mais aussi un moyen de dynamiser ma pratique pédagogique.

Pourquoi choisir de faire des portraits ?

J'apprécie le travail du portrait car je trouve très intéressant le fait de représenter "l'autre".
Ce que j'apprécie le plus, au delà de toute ressemblance avec le sujet, c'est d'essayer de retranscrire son caractère, de traduire une émotion.
C'est un véritable dialogue graphique qui s'établit, un moment où l'on ressent les personnes, les visages, les caractères de manière particulière.
On peut ainsi voir au travers des modèles, comprendre leurs caractères et peut être une partie de leurs vies.

D’où tirez-vous votre inspiration et comment choisissez-vous vos modèles ?

Cela varie en fonction de mes envies. Cela peut être un coup de cœur sur une photo trouvée sur internet, ou bien en voyant un visage dans la rue ou encore en sollicitant les gens qui m'entourent. Ce qui est sûr c'est que je fais mes choix en fonction de mes coups de cœur.

Pouvez-vous nous parler de vos deux expositions à Aix-en-Provence et Puyricard, dans le cadre du Paper’Art Project ?

Le projet PAPER' ART est à l'initiative de l'association des galeries d'art d'Aix - GUDGI - dans le cadre de Marseille 2013. L'idée est de faire intervenir des artistes chaque mois sur la thématique du papier.
Pour ma part, j'ai choisi de travailler sur le thème "portraits en ville". Après avoir pris des photos d'aixois, j'ai réalisé leurs portraits sur du papier Kraft en y ajoutant un texte de leur composition sur la ville d'Aix. Ce projet a donné lieu à deux expositions à Aix-en-Provence et à Puyricard dans des espaces qui ont donné vie à ces portraits et aux différentes visions qu'ils pouvaient avoir sur Aix, tantôt critiques, tantôt admiratives, drôles pour certaines et mêmes poétiques parfois.

Lors de la démonstration à Aix-en-Provence le 20 juin, vous avez réalisé votre portrait à partir d’une photo prise sur votre téléphone. Procédez-vous toujours de cette manière ?

Non. Je fais souvent des live painting pour lesquels j'utilise des photos, le téléphone est un outil pratique pour avoir le modèle sur place, sans le faire poser. J'aime également travailler sur des dessins qui sortent de mon imagination dans un style BD ou bien sur de la caricature. Il est vrai que ce travail n'est pas celui que j'ai l'habitude de montrer au public.

Quels moyens graphiques utilisez-vous pour réaliser vos portraits ?

Je travaille énormément avec des Poscas (feutre remplis de peinture), l'aquarelle, le stylo bille, l’acrylique et la bombe aérosol.

Quels sont vos futurs projets ?

Il y a plein de projets .... Plusieurs expositions en cours de préparation sur la région, le projet "street art fever" avec des expositions à Hong Kong, la poursuite de mon travail sur la caricature, des rencontres artistiques, du live painting, la réalisation d'un recueil d’œuvres pour une édition ...
Il y a toujours les expositions en cours : Hall des antiquaires au marché aux puces à Marseille (infos ici), l'expo permanente galerie Undartground à Marseille et une expo à la galerie carré d'artistes, à Cologne.
Pour suivre toute l'actualité de Deuz, rendez-vous sur sa page Facebook.

Autres articles

Les villes et leurs Connectivités en Méditerranée à parcourir au Mucem

Les villes et leurs Connectivités en Méditerranée à parcourir au Mucem

Exposition semi-permanente Galerie de la Méditerranée

Quatre ans après l’ouverture de la Galerie de la Méditerranée, le Mucem achève la refonte totale de la seconde section avec la mise en place d’une présentation inédite sur les cités en Méditerranée et leurs connexions.

Les couleurs de Laurent Corvaisier

Les couleurs de Laurent Corvaisier

du 7 novembre 2017 au 27 janvier 2018

Le centre d’art Les Pénitents Noirs d’Aubagne donne carte blanche au plasticien Laurent Corvaisier. Il y présente plus d’une centaine d’oeuvres, pour l’essentiel des grands formats.

Harun Farocki-Empathie et notion de travail

Harun Farocki-Empathie et notion de travail

Du 25 novembre 2017 au 18 mars 2018

La Friche Belle de Mai et le Goethe- Institut à Marseille déploient une ample exposition et de multiples propositions autour de la notion de travail, largement mise en jeu dans l’oeuvre de l’artiste Harun Farocki.

Soprano, la positive attitude

Soprano, la positive attitude

En pleine tournée “Everest” et après son concert mémorable en octobre au stade Orange Vélodrome, l’artiste marseillais, parmi les plus populaires de France, affiche ses ambitions et sa volonté de s’investir en faveur de la jeunesse, en organisant des grands événements culturels.

Ikbal/Arrivées, regard croisé sur l’Algérie contemporaine

Ikbal/Arrivées, regard croisé sur l’Algérie contemporaine

du 25 novembre 2017 au 18 février 2018

20 photographes proposent un témoignage vibrant de la vie du pays et de sa scène photographique, marquée historiquement par l’impact et le quasi monopole du photojournalisme.

Cézanne, enfin chez lui, at home

Cézanne, enfin chez lui, at home

du 20 octobre 2017 au 1er avril 2018

Cézanne chez lui, chez nous. At home. Quoi de plus naturel, de plus évident. Et pourtant…Né ici, mais reconnu ailleurs comme ce monstre sacré de la peinture moderne, Paul Cézanne, que l’on a surnommé le « Maître d’Aix », était surtout, au tournant du XXe siècle à Aix-en-Provence, le paria, l’incompris, le méprisé.

Tal Coat, un breton dans la lumière de Cézanne

Tal Coat, un breton dans la lumière de Cézanne

Du 18 novembre 2017 au 11 mars 2018

Sur plus de 500 m2, le public peut découvrir de façon chonologique près de 180 oeuvres qui présentent le parcours de Tal Coat. De ses début figuratifs à sa période qu’on dit « abstraite » après son séjour en pays d’Aix (1943 à 1956) où son travail évolue considérablement à la lumière de Provence.

Botero dialogue avec Picasso, entre fascination et regard subjectif sur la réalité

Botero dialogue avec Picasso, entre fascination et regard subjectif sur la réalité

Du 24 novembre 2017 au 11 mars 2018

L’exposition Botero, dialogue avec Picasso présente la riche production du maître colombien sous un angle inédit qui explore ses affinités artistiques avec Pablo Picasso.

Fantasmes et idées reçues d'une Vie simple

Fantasmes et idées reçues d'une Vie simple

du 7 octobre 2017 au 2 avril 2018

En présentant de jeunes artistes en vis-à-vis de l’oeuvre de Vincent van Gogh, de l’art et du goût populaires, l’exposition « La Vie simple – Simplement la vie » met au jour les fantasmes et idées reçues d’un modèle de vie attrayant et romantisé.

Le Monde tel qu'il va...au J1

Le Monde tel qu'il va...au J1

du 1er novembre 2017 au 7 janvier 2018

Le MJ1 et les Rencontres d’Arles prolongent l’été avec huit expositions photos en entrée libre.

Antoine Raspal, témoin de la vie de ses contemporains

Antoine Raspal, témoin de la vie de ses contemporains

7 octobre 2017 au 7 janvier 2018

Cette exposition constitue la plus importante monographie jamais consacrée à ce peintre aussi rare que singulier dans le paysage artistique provençal du XVIIIe siècle et propose de redécouvrir ses oeuvres les plus célèbres en regard de peintures qui n’ont, pour certaines, jamais été exposées au public.

1D Touch la plateforme de streaming dédiée aux indépendants.

1D Touch la plateforme de streaming dédiée aux indépendants.

1D Touch est une plateforme de streaming musical réservée aux labels indépendants. Afin de favoriser leurs rémunérations, une application a été créée. Le service est disponible de manière physique dans des lieux culturels. Avec plus de 2,5 M de titres disponibles, la plateforme compte sur un catalogue d'ores et déjà bien fourni.

Tous les articles