Papet J et le 149 Band : l'occitanie en bande organisée

On ne présente plus Papet J ! Membre du Massilia Sound System depuis 1985 et acteur incontournable de la scène reggae provençale, il était cet été au Cosmopoli'Zen Festival de Vitrolles et le 14 septembre au Zic'Aulnes à l'étang des Aulnes ! Accompagné du 149 Band, un groupe de niçois jouant en backing band, Papet J revisite son répertoire d’ordinaire plus électronique en y ajoutant des titres inédits. Toujours dans une ambiance festive et décontractée, Papet J et Max, le batteur du 149 Band nous livrent les détails de cette rencontre haute en couleur !

Parlez nous de votre association sur scène ?

Papet J : Je suis avec Massilia Sound System depuis 1985, et à ce jour j’ai eu envie de travailler aussi avec des musiciens et d’adapter mon répertoire. Je joue traditionnellement en Sound system c’est-à-dire avec soit des machines, soit des platines, en tout cas avec un DJ.
Jouer avec des musiciens ce n’est pas vraiment le style de Massilia au départ, même si on en a ajouté à nos machines au cours du temps. Avec 149 Band on intègre un Backing Band spécialisé dans le reggae en France : on est entouré de basse, batterie, guitare, clavier, percussions et cuivres. Ce n’est pas facile d’être avec un groupe, car il n’y a pas beaucoup de formation qui soit capable de bien jouer cette musique, dans l’esprit, avec le son et avec la culture qui va avec. Le 149 Band fait partie des ces rares groupes de musiciens capables de s’emparer de n’importe quel répertoire et de le mettre à leur main pour accompagner un chanteur.

Max, 149 Band : On accompagne Papet J car on l’a rencontré via notre label qui s’appelle 149 Record. Il est venu enregistrer un morceau chez nous à Nice il ya presque un an. A partir de là, le projet de monter une version live avec son répertoire s’est mis en place. C’est une belle rencontre. On a fait ensemble une série de dates estivales et on continue à travailler pour la rentrée dans l’optique de produire un disque avec six titres qui débouchera sur un album.

Est-ce important pour vous d’aller à la rencontre du public provençal ?

Papet J : C’est important d’aller à la rencontre de tous les publics. En l’occurrence quand c’est gratuit c’est le public qui vient à notre rencontre. Mais oui c’est important, car premièrement il n’y a aucune raison de ne pas jouer quelque par sauf si l’évènement a une connotation qui ne nous plait pas.
Après, bien sûr, je suis chez moi, c’est la Provence, c’est Marseille, Vitrolles… C’est bien d’aller jouer à l’autre bout du monde, mais il faut aussi réussir à « être prophète en son pays ». De plus, c’est très difficile de jouer près de chez soi, bien plus difficile que d’aller jouer loin. On est devant les siens et on a peur de mal faire. Le plus difficile c’est de jouer devant sa famille !

Etes-vous un défenseur de la culture provençale ?

Papet J : Non, parce que la culture provençale, et plus largement la culture occitane, n’ont pas besoin d’être défendues. Elles se portent très bien. La culture provençale n’est simplement pas assez reconnue, mais c’est un problème qui vient de l’Etat Français.
Les artistes et les écrivains en langue d’oc sont très représentés. La littérature en langue d’oc à toujours été importante et régulièrement publiée. Pour la musique, avec Massilia Sound System nous nous sommes positionnés non pas en défenseurs mais en proposition. On a proposé cette culture à travers notre reggae et notre recherche de musiques traditionnelles. Nous ne défendons pas, nous proposons ! Mais il est vrai que nous avons un peu été des pionniers dans ce renouveau de l’utilisation de la langue occitane. Il y avait d’autres groupes avant nous, mais nous l’avons fait avec les musiques actuelles.
Et aujourd’hui, il y a des groupes de Rock qui chantent en occitan, du rap, etc. On en est fier !
Je pense que nous n’avons rien défendu, parce que défendre c’est garder quelque chose, et là, nous on a gagné quelque chose : on a attaqué, on n’a pas défendu !

Quel regard portez-vous sur Marseille-Provence 2013 ?

Papet J : Je trouve que ce projet est mal mené, mal conçu. Bien sûr ce que l’on peut voir dans les expositions, les concerts, ce sont de belles œuvres. Mais je pense que nous n’avions pas besoin de tout « ce cinéma ».
Je pense que les actions culturelles ne devraient pas être uniquement concentrées sur 2013, il devrait y en avoir tout le temps. Ce qui est fait ne donne pas vraiment envie selon moi, j’ai l’impression qu’il y a une distance entre les organisateurs et les spectateurs.
Deuxièmement, je trouve que Marseille est un peu diluée dans ce projet. Je ne retrouve pas l’identité marseillaise dans tout ça. Les moments festifs sont, à mon sens très convenus et détachés de notre réalité.
Bien sûr on y passe des bons moments si on y participe, mais je trouve qu’il n’y a pas de fond.
On voit une juxtaposition d’évènements qui ne s’inscrivent pas dans une globalité. La seule chose que je trouve bien cette année, c’est l’ouverture du MuCEM, mais cela n’a rien avoir avec MP2013. L’ouverture de ce musée, c’est la plus belle chose qui est arrivé à Marseille depuis que l’OM a été champion d’Europe !

Quels sont vos projets ? Ensemble et chacun de votre côté.

Max : On travaille sur la sortie d’un six titres en septembre avec Papet J. Et en parallèle avec le label 149 Record, nous travaillons avec un jamaïcain qui s’appelle Anthony Que sur la réalisation d’un album. C’est un chanteur qui a rencontré Papet J, et nous travaillons donc sur un projet de collaboration entre ces artistes. Nous avons également en cours de préparation l’album de Lord Bitum. C’est également quelqu’un qui travaille avec Papet J régulièrement.
Papet J : J’ai d’autres activité musicales aussi, puisque je joue avec DJ Kafra qui m’accompagne quand je me produis en sound system. Je prépare également un répertoire avec la batucada Muleketu pour 2014. J’aime beaucoup joué dans la rue, en déambulation. J’accepte beaucoup de participation et de collaboration, surtout à Marseille et sa région et il en sort souvent de bonnes choses. Et puis j’aime bien avoir des projets différents, ça me va bien et ça me fait voyager.

Propos recueillis par Mireille Jauffret.

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