Le Musée départemental d’Arles Antique renoue avec ses origines romaines

L’inépuisable richesse des monuments que livre le sol de la ville d’Arles est sans doute l’un des facteurs qui a éveillé très tôt la curiosité et l’intérêt de toute une population. Arlésiens, voyageurs, érudits multiplient les regards autour de ces vestiges parfois mystérieux qui ponctuent le quotidien des uns, le souvenir où les dissertations savantes des autres. Dès le XVIe siècle, amateurs, curieux, antiquaires arlésiens constituent de véritables cabinets de curiosité.

En 1614, s’organise à la « Maison commune » la première présentation d’une collection publique d’antiquités. La conscience patrimoniale publique s’affirme au XVIIe siècle, lorsqu’un arrêté ordonne que le produit de toute découverte soit déposé en ce lieu. La construction de l’Hôtel de ville offrit un espace d’exposition privilégié dans le hall d’entrée qui abrita la première collection publique de la ville, augmentée de trouvailles mais aussi d’acquisitions parmi lesquelles le torse de Mithra, en 1723. C’est ainsi que des œuvres majeures, aujourd’hui exposées au musée, telles l’autel de la Bonne Déesse (1758) ou la statue de Médée ont été préservées.

Une extension obligatoire

Par ailleurs, des « jardins d’antiquités » s’organisent en musée de plein air. C’est le cas de la « maison aux deux colonnes » construite à l’emplacement du théâtre et dont l’accès au public sera toujours protégé, mais aussi du célèbre site des Alyscamps où le Père Minime Etienne Dumont, créa dès 1784, un véritable Museum. Les collections s’enrichissant au gré des découvertes et réhabilitations, c’est en 1826 que l’ensemble des antiquités fut transporté dans l’église Sainte Anne. En 1936, le manque d'espace conduit à l'annexion de la chapelle des Jésuites : les collections païennes et chrétiennes sont arbitrairement dissociées. La création d'une institution muséale adaptée les réunit en 1995 au sein du musée de l'Arles antique. En 1968, le conservateur des Musées d'Arles, Jean-Maurice Rouquette, élabore le projet d'un nouveau musée destiné à réunir l'ensemble des collections archéologiques arlésiennes en un seul lieu.

Un site historique

Le projet du musée alors élaboré envisage de réunir des services complémentaires: en plus du service de la conservation et du service des publics, un atelier de restauration de mosaïques ainsi qu'un laboratoire d'archéologie sont prévus. Le nouveau musée devait autoriser le dépôt dans de bonnes conditions de l'ensemble du mobilier archéologique arlésien et la présentation des collections dans toute leur diversité.

Le choix de l'implantation de l'établissement, guidé ainsi par le besoin d'espace, s'est porté sur la périphérie sud-ouest de la ville, site retenu déjà dans l'Antiquité pour l'édification du cirque, bâtiment de spectacles ordinairement situé extra-muros en raison de ses vastes dimensions. La nouvelle localisation permet ainsi au musée de marquer l'entrée urbaine, celui-ci étant visible depuis l'une des grandes artères de circulation, et surtout d'entretenir un dialogue avec le centre historique par la proximité immédiate des vestiges du monument antique.

A la fin du Néolithique, la pratique des inhumations collectives se généralise mais alors que l'habitat reste constitué de matériaux légers et périssables, certaines tombes construites en dur atteignent des proportions monumentales.

Ainsi, les célèbres monuments de Fontvieille, connus sous le nom « d' hypogées d'Arles » comptent-ils parmi les plus grandes tombes mégalithiques d'Europe. Au nombre de quatre, ces hypogées creusés dans le rocher et signalés en surface par des tumulus de terre de forme circulaire, sont constitués de longues chambres funéraires, recouvertes de sept à huit dalles selon la taille.

Fouillées, ces tombes ont livré un mobilier varié témoignant d'une utilisation au néolithique comme au chalcolithique: des haches en pierre polie, des éléments de parure mais aussi deux vases campaniformes à décor au peigne, une perle et une plaquette en or perforée, un poignard en cuivre.

Aux origines de la cité romaine

Les textes anciens rapportent deux noms successifs pour la cité pré-romaine : Theline et Arelate. Theline serait un terme d'origine grecque signifiant « La Nourricière » et Arelate, plus d'origine celtique, « L'habitat près des Marais ». Ces deux appelations montrent que la cité fut en contact avec des cultures différentes.

La céramique d'origine grecque retrouvée à Arles confirme les relations existantes, notamment avec les commerçants grecs de Massalia.

Quelques indices archéologiques, comme un certain type de vaisselle, révèlent l'accentuation de la culture indigène dans la vie quotidienne.

La colonie romaine d'Arles, fondée en 46 av. J.-C., se dote sous Auguste d'un premier plan d'urbanisme, caractérisé par un système de quadrillage dans lequel s'inscrivent les monuments publics.
Les rues sont organisées autour de deux axes principaux, le cardo (nord-sud) et le decumanus (est-ouest).
Le forum, centre politique et religieux, le théâtre ainsi qu'une enceinte donnent ainsi à la ville l'aspect d'une cité romaine.

A la fin du Ier siècle, l'enceinte est en partie démolie afin de permettre la construction de l'amphithéâtre.
Vers 150, le cirque romain est érigé le long du Rhône, à l'extérieur des murailles.

Des maquettes plus vraies que nature

Les collections du Musée départemental de l'Arles antiques sont organisées autour de dix maquettes, qui facilitent la mise en contexte du mobilier archéologique découvert dans certains grands sites.

Elles présentent: Arles au IVe siècle, des monuments disparus mais aussi certains dont l’état de conservation rend difficile l’interprétation.

Que ce soit des monuments en partie démontés ou non accessibles

Si des détails demeurent obscurs, une grande rigueur scientifique a permis aux deux maquettistes d'intégrer au réalisme de leurs maquettes les découvertes archéologiques récentes.

C'est par des expositions de ce genre que le musée a gagné ses lettres de noblesses en devenant l'une des références du genre antique.

Fabien Cassar

Infos pratiques

Musée Départemental Arles Antiques
Presqu'île du cirque romain
BP205 - 13635 Cedex Arles
Tél: +33 (0)4 13 31 51 03

Musée ouvert tous les jours de 10 à 18h
FERMÉ LE MARDI et Fermeture : 1er janvier, 1er mai, 1er novembre et 25 décembre

Entrée plein tarif : 8 € ( Expos temporaires + collection permanentes )
Entrée tarif réduit : 5 €
Gratuit tous les 1er dimanche du mois

Pour aller plus loin

Le Chaland Arles Rhône 3, un trésor national
Dossier

Le Chaland Arles Rhône 3, un trésor national

En 2004, une équipe d'archéologue sort une embarcation romaine dans un état impeccable. Six ans plus tard, le chaland est exposé dans un musée pour ce qui est encore aujourd'hui l'une des plus belles pièces remontés des eaux provençales.

Le musée Réattu, entre photographies et peintures
Dossier

Le musée Réattu, entre photographies et peintures

Le musée arlésien rend hommage au peintre Jacques Réattu avec un musée dédié au peintre provençal. La photographie a également une place importante dans un musée associé aux rencontres photographiques d'Arles

Séjours et weekend à Arles
Guide

Séjours et weekend à Arles

Intensité des férias, majesté des vestiges antiques traversés par le Rhône : évadez-vous le temps d'un séjour dans la cité qui a tant inspiré Van Gogh.

Agenda

Arles

Concerts, ferias, expos : ça bouge à Arles ! Toute l'année, festivals et animations ont lieu dans la cité antique, pour le plaisir du grand public.

Voir le guide Arles

L'année du département

Musées, bibliothèques, archives : les lieux culturels départementaux proposent une riche programmation toute au long de l'année. A vos agendas !

Voir le guide L'année du département
Tout l'agenda culturel

Autres articles

Picasso, Voyages imaginaires sans frontières

Picasso, Voyages imaginaires sans frontières

du 16 février au 24 juin 2018

Au Centre de la Vieille Charité, l’exposition Picasso, voyages imaginaires présente un ensemble remarquable d’oeuvres retraçant les souvenirs de voyages et les itinéraires fictifs de Picasso. Au Mucem, Picasso et les Ballets russes, entre Italie et Espagne examine les liens privilégiés qu’entretient Picasso avec les arts et traditions populaires.

The Nature of Love, un incubateur d’amour numérique!

The Nature of Love, un incubateur d’amour numérique!

du 14 février au 1er septembre 2018

Pourriez-vous tomber amoureux d’une intelligence artificielle ? Un ordinateur pourrait-il savoir ce que vous ressentez ? Charles Sandison, dans sa dernière oeuvre monumentale d’art lumineux créée spécialement pour le centre d’art Les Pénitents Noirs, tente de répondre à certaines de ces questions. Un incubateur d’amour numérique !

13 expos à ne pas rater en 2018 en Provence !

13 expos à ne pas rater en 2018 en Provence !

La programmation des expositions 2018 est pour le moins alléchante ! Picasso sera à l'honneur, cette année, dans toute la Provence. Entre MP2018 Quel amour et les 150 ans du musée Réattu, l’année 2018 promet de belles échappées artistiques. Tous à vos agendas!

Jeunes Générations ou les acteurs d’un monde en devenir

Jeunes Générations ou les acteurs d’un monde en devenir

du 18 février au 3 juin 2018

L’exposition « Jeunes-Générations », proposée par La Friche la Belle de Mai, pour MP2018, réunit près de 140 oeuvres pour donner une vision nouvelle et originale de la jeunesse en France aujourd’hui. Ces photographies constituent un exceptionnel corpus documentaire, qui met en lumière les acteurs d’un monde en devenir et témoigne de la diversité des territoires et de la vitalité de la création contemporaine.

Chacun Sa muse...pendant MP2018

Chacun Sa muse...pendant MP2018

Du 10 février au 26 août 2018

Dans le cadre de MP2018 Quel Amour !, le Musée Regards de Provence propose de mettre en lumière et en regard des œuvres de peintres, sculpteurs modernes et contemporains, de photographes et vidéaste, qui ont été inspirées par leur relation avec leur modèle, muse, femme, diva.

L'expérience immersive Picasso et les maîtres espagnols

L'expérience immersive Picasso et les maîtres espagnols

du 2 mars 2018 au 6 janvier 2019

Les Carrières de Lumières des Baux-de-Provence présentent leur nouvelle exposition numérique et immersive : Picasso et les maîtres espagnols. Les chefs-d’oeuvre numérisés de Picasso, Goya ou encore Sorolla, dialogueront en musique sur les immenses surfaces calcaires des Carrières pour MP2018.

Que je t'aime, la mode offre son coeur

Que je t'aime, la mode offre son coeur

du 17 février au 17 mai 2018

A travers les modèles haute couture et prêt-à-porter des collections du musée, la mode offre son coeur pour MP2018 et le visiteur succombe à ses charmes un peu, beaucoup, passionnément, à la folie !

Picasso Cuisine, expériences culinaires au musée

Picasso Cuisine, expériences culinaires au musée

du 16 février au 24 juin 2018

Repas nocturnes dans la chapelle, visites-dégustées dans les galeries, rencontre et soirée festive de décrochage dans la cour du musée, sont autant de rendez-vous MP2018 et d’expériences culinaires qui engagent un dialogue entre art et cuisine.

L’amour de A à Z, un abécédaire des collections

L’amour de A à Z, un abécédaire des collections

du 14 février au 27 août 2018

À partir de février 2018, le Mucem dédie un nouvel espace à la présentation de ses collections : située au fort Saint-Jean, la « salle des collections » interroge de façon ludique les fonds du musée à travers des expositions thématiques présentées sous forme d’abécédaires, appelées à être renouvelées tous les six mois.

Quel Amour !? Quel parcours?

Quel Amour !? Quel parcours?

du 10 mai au 31 août 2018

Imaginée comme deux parcours entrelacés, l'exposition invite le public à choisir son entrée, éventuellement en se séparant provisoirement de la personne qui l'accompagne...Photographies, installations, vidéos, sculptures et peintures explorent l’imminence du sentiment.

Cartes blanches à JR et à Korakrit Arunanondchai au J1

Cartes blanches à JR et à Korakrit Arunanondchai au J1

du 14 mars au 13 mai 2018

MP2018 investit le J1 et propose des cartes blanches à deux artistes contemporains d’envergure internationale, JR et à Korakrit Arunanondchai, pour des expositions spécialement imaginées pour l’évènement.

Les Suds en hiver, première édition

Les Suds en hiver, première édition

du 17 au 24 février 2018

Au coeur de la saison "calme et fraîche" Les Suds, à Arles deviennent Les Suds, en hiver, et se déploient sur le territoire de la Communauté d’Agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette .

Tous les articles