La Galerie de la Méditerranée

Le Musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée permet de découvrir la Méditerranée dans une galerie qui fait 1 600 m2. Construite autour de quatre singularités intitulées : “invention des agricultures, naissance des dieux”, “jérusalem, une ville trois fois sainte”, “Citoyenneté et droits de l’Homme” et “au-delà du monde connu l'exposition aura un ensemble de rotation tous les 3 ans. Certaines parties dureront davantage... Grâce à l'aide de pays étrangers, la collection est plusieurs fois mises à jour afin de proposer une exposition différente à chaque passage.

Voyage à travers l'évolution des peuples méditerranéens

Cette galerie est construite autour de 4 singularités qui s’ordonnent selon différents temps de l’histoire définis par Fernand Braudel :

L’invention des agricultures, naissances des dieux « on domine la nature, on l’exploite et on la domestique. Du coup on se met au dessus de la nature, des animaux, des plantes et on appelle les gens au dessus de nous, des dieux ». Cette première singularité pose les paysages et c’est dans le temps long de ce qui ne se transforme que de façon imperceptible que s’inscrit cette singularité. Ce temps définit les dix mille ans de civilisations agricoles, la longue durée des faibles rendements des blés, des organisations et des conflits autour de la répartition des eaux douces ou des cheminements suivis par les troupeaux transhumant.

Jérusalem, une ville trois fois sainte « où l’épopée des monothéismes s’est développé ». Cette singularité montre les monuments des lieux saints. Elle est répartie en 3 temps : celui des textes écrits et des prophètes qui nous donne le passé de Jérusalem, le présent avec ses prières et ses pèlerinages mais aussi le Jérusalem de demain.

La citoyenneté et les droits de l’Homme, présente, à travers des sculptures, les visages de la citoyenneté et donne la parole à neuf femmes de la Méditerranée pour leurs actions citoyennes. Les sculptures que l’on trouve dans cette partie comprennent un lutteur grec, un magistrat romain et des tampons identitaires d’une installation contemporaine de Barthélémy Toguo.

Être citoyen, cela reste inaccessible aux femmes, aux barbares, aux esclaves ou aux métèques en Grèce. Au Moyen-âge, la citoyenneté perdure dans des villes libres comme Gênes, Amalfi, Venise ou Marseille. Ce n’est qu’à l’époque moderne, que progressivement se fait jour l’idée que tout être humain doit avoir accès aux droits liés à la citoyenneté.

Enfin Au-delà du monde connu est centré sur le temps de la découverte des routes maritimes du monde, quand Vasco de Gama débarque à Calicut, le 20 mai 1498. Avant cette date, la Méditerranée est, sur les cartes au cœur de trois continents qui forment le monde connu avec Jérusalem en son centre. Après cette date, la Méditerranée devient une mer intérieure parmi les océans du monde.

Cette partie filme les côtes inhospitalières de l’Afrique de l’Ouest où s’aventurèrent les Portugais à la recherche d’une route maritime vers les Indes. Dessins, estampes et Vedutte sont exposés au sein de la section consacrée aux voyages en Méditerranée.

Le Patrimoine

Au seuil de chaque partie, un objet fonctionne comme un signal.

Le premier est un pingouin «quand monsieur s’en va, l’histoire de la Méditerranée commence». C’est un animal qui rappelle que tout commence a la fin de la glaciation de Wurm, il y a 10 000 ans, avec les pingouins peints sur les parois de la grotte Cosquer (-19 000 ans) « à cette époque là chez les chasseurs cueilleurs, il y avait une équivalence entre l’homme et le monde qui l’habite, qui vérifiera une système de pensée qui ne fonctionne pas comme les dieux. Dans ce système là, il n’y a pas de dieux »

Le second est un relief amarnien figurant Akhenaton inondé des rayons du dieu unique, le disque solaire, ouvrant de la même façon la partie consacrée aux monothéismes.

Les maquettes comparées de Babylone et d’Athènes introduisent la citoyenneté en montrant comment elle modifie l’organisation de la ville «Babylone est une ville sans citoyenneté. C’est des rampars, des palettes, des temples et Athènes est une ville avec une acropole, des amphithéâtres, c’est une ville avec les installations de citoyenneté».

Enfin, faisant obstacle à toutes les tentations d’aller au-delà du monde connu, une inquiétante sirène accueille le visiteur au seuil de la dernière singularité.

Chaque singularité s’est également construite autour d’un centre où réside une œuvre ou une installation monumentale.

Dans la 1ère partie, c’est une sakieh "qui nous rappelle le système hydraulique égyptien". Plusieurs objets en rapport avec l’eau sont présentés.

Dans la 2nd singularité, le Coran, la Bible et la Torah sont présentés au sein d’une installation oecuménique de Pistoletto.

La partie intitulée "Citoyenneté et droits de l’Homme" s’organise autour d’une scénographie immersive. Elle se compose d’abord d’une banquette ouverte en "U" évoquant le banquet Grec ou symposion. Elle est surmontée de vitrines exposants les cratères, des coupes ou des oenochoés qui composent la vaisselle du banquet des citoyens grecs. Face à cette banquette, les cases dans lesquelles sont disposés des portraits forment un mur où les hommes de la Méditerranée d’hier semblent s’adresser aux citoyens d’aujourd’hui. De part et d‘autre du grand écran carré pour neuf témoignages citoyens sont disposés, d’un côté, des bustes antiques de Palmyre, de l’autre, des portraits sculptés de contemporains et enfin, à l’étage supérieur des bustes du plasticien Dominique Angel.

Le centre de “Au-delà du monde connu” est occupé par des cartes, des sphères, des instruments de précisions qui nous rappellent comment la cartographie juive alliée aux mathématiques arabes et à la science chrétienne de la navigation en haute mer fut rassemblée pour introduire à la découverte du monde.

La première singularité se conclut sur des œuvres illustrant le commerce des blés, celle consacrée à Jérusalem par un film sur l’histoire du paradis et celle réservée à la citoyenneté par une œuvre filmique de Cristina Lucas qui figure la Liberté guidant le peuple de Delacroix trébuchant du haut de sa barricade.

La dernière partie se conclut sur l’exposition de trois œuvres d’art contemporain : la première est une œuvre en biscuit des Poirier, un décor de table ou surtout de six mètres de long, qui figure des ruines d’Egypte et illustre comment s’est construit l’image de la Méditerranée comme lieu de mémoire. La deuxième, conçue également par un couple de plasticiens, Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, présente une vue cavalière de Beyrouth composée de 3000 photos collées à un miroir par des plaques alimentées. Elle évoque la déconstruction actuelle d’une image de la Méditerranée ; enfin la troisième est une vidéo de Zineb Sedira qui interroge la mer comme espace de transit, comme barrière entre le sud et le nord, entre l’est et l’ouest.

La scénographie d'Adeline Rispal

Adeline Rispal nous présente une scénographie territoriale qui fait référence à ces cultures gagnées sur des reliefs arides. Les collections sont installées sur de vastes socles qui émergent du sol comme des reliefs en terrasse.

Elle nous présente également une scénographie de l’apaisement avec des voiles qui habitent l’espace pour ménager des points de vue constants sur le paysage maritime tout en protégeant les collections de l’excès de soleil et de lumière ; pour identifier les séquences sans les séparer ; pour exprimer la porosité entre les civilisations méditerranéennes ; pour parler du soleil et du vent face à la mer.

Des espaces de décryptage sont creusés dans les voiles qui accueillent les collections signifiantes de chaque singularité : oeuvres anciennes et contemporaines, patrimoine matériel et immatériel se conjuguent pour éclairer pour nous éclairer sur les fondements des singularités et construisent cette "histoire partagée", chère à Amin Maalouf et à tant d’autres.

On peut apercevoir des "fenêtres sur la Méditerranée" qui ouvrent les espaces sur le vaste territoire du patrimoine commun. Elles diffusent en grand format des plans séquences cadrés frontalement en lien avec les grandes thématiques : images de paysages méditerranéens ; images d’architecture des lieux saints de Jérusalem ; interviews de femmes sur la citoyenneté, images d’au-delà de la Méditerranée (paysages des côtes inhospitalières d’Afrique…), en lien avec des documentaires diffusés sur des écrans plus petits.

Selon une programmation évènementielle, une de ces fenêtres pourra également diffuser des images retransmises en direct depuis des institutions culturelles invitées sur toutes les rives de la Méditerranée, pour des rencontres croisées avec les acteurs de la culture.

Les installations muséographiques et des mobiliers de confort sont travaillés dans le bois du sol ou le textile, comme sur un grand navire.

Fabien Cassar

Informations pratiques

Informations pratiques

7 Prom. Robert Laffont, 13002 Marseille

Billetterie et Visites guidées sur : billetterie.mucem.org

Le Mucem est ouvert tous les jours sauf le mardi
Fermeture exceptionnelle les 1er mai et 25 décembre
Du 2 novembre au 30 avril 11h—18h
Du 2 mai au 7 juillet 11h—19h
Du 8 juillet au 3 septembre 10h—20h
Du 4 septembre au 1er novembre 11h—19h

Nocturne du 2 mai au 28 août le vendredi jusqu'à 22h

Dernière entrée dans les salles 45 minutes avant la fermeture des expositions.
Fermeture des salles d'exposition 15 minutes avant la fermeture du site

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