Plongez au temps des Aventuriers des mers

7 juin au 9 octobre 2017

Larguez les amarres ! Jusqu'au 9 octobre, le Mucem propose de naviguer dans 1000 ans d'histoire maritime avec sa nouvelle exposition "Aventuriers des mers".

Navire de l'hadramaout localement appelé bedeni © Alan Viliers
Navire de l'hadramaout localement appelé bedeni © Alan Viliers

Le saviez-vous ? Les grandes aventures maritimes fondatrices du monde d'aujourd'hui se sont déroulés il y a plus de 1000 entre la Méditerranée et l'océan Indien. Et afin de revivre ces épopée fantastiques, le Mucem propose, dans le cadre de l’événement l'Appel du Large, "Aventuriers des mers" à découvrir jusqu'au 9 octobre 2017. Contrairement à son titre, l'exposition n'est pas uniquement centrée sur les parcours des aventuriers comme Christophe Colomb ou Magellan mais permet de découvrir milles ans d'histoire vue depuis la mer. "Le Mucem étant un musée de civilisations, plutôt que de valoriser les héros, nous faisons la part belle au culture, aux civilisations et aux échanges", explique Vincent Giovannoni, commissaire de l'exposition et conservateur du Mucem. 200 œuvres issus de cinquante musées du monde, dont l'Institut du monde arabe à Paris, sont ainsi exposés.

Ètendard en forme de tête de poisson (Mahi Maratib) Inde XVIIIe siècle © Nathalie Ammirati

© Nathalie Ammirati

La mer au péril de la vie

L'exposition est décliné en trois partie sur un espace de 830 m². La première est consacrée aux représentations de la mer, réelles ou fantasmées. "Dans les temps anciens, la mer faisait peur", confirme Vincent Giovannoni. Et afin de mettre le visiteur en condition, il reproduit cette peur via la projection d'une tempêtes filmée par l'équipe de Yann Arthus-Bertrand et l'installation scénographique d'une gigantesque mâchoire de requin disparu il y a 1,5 million d'années. "Au Moyen-Age, lorsqu'on trouvait ce type de fossile, on était convaincu qu'il était celui d'un animal encore vivant dans les mers, poursuit celui qui est aussi conservateur du Mucem, on ne doutait pas qu'il existait des animaux de cinquante mètres de long avec des mâchoires gigantesques, capables d'engloutir d'une seule bouchée non seulement un humain, mais un navire tout entier". Voyager en mer, c'est s'exposer à des dangers bien réels et risquer le naufrage à tout le moment. C'est aussi s'imaginer le pire, quitte à inventer des monstres marins. C'est croiser des pirates à tout moment et n'avoir aucune chance de survivre. Puis un jour, les hommes ont eu une idée : fabriquer des objets qui leur permettent d'effectuer des traversées de manière plus sereine.

© Nathalie Ammirati

Carte dite de Christophe Colomb © Nathalie Ammirati

Naviguer, une intelligence du monde

Une fois que les hommes avaient réussi à surmonter leur peur, ne leur restaient plus qu'à développer leur savoir. Jadis, pour naviguer plus loin, les bateaux étaient obligés de recruter des marins capable de naviguer d'expérience car aucune carte n'indiquait encore la route. Les détails de leurs voyages étaient alors soigneusement notés sur papier et se transmettaient au fil des siècles. Les premières cartes maritimes apparaissent en Méditerranée au XIIIe siècle, en même temps que la boussole. "Les cartes maritimes permettent aux marins, et à ceux qui financent leurs expéditions, de se représenter les étendues à parcourir. Vers la fin du Moyen-Âge, l'évolution de la cartographie est assez rapide et permet finalement de construire une image fidèle de la planète", souligne Vincent Giovannoni

À bord du Triumph of Righteousness © Alan Viliers
À bord du Triumph of Righteousness © Alan Viliers

On découvre ainsi la carte de Fra Mauro datant de 1459 où le sud est en haut et le nord en bas. Cette dernière est mise en parallèle avec une photo prise en 2016 par la Nasa. 500 ans sépare les deux images qui sont pourtant quasiment identiques ! Seul l'Amérique n'est pas encore représentée car pas encore découverte. "Il est fabuleux de réaliser qu'au XVe siècle, dans un monastère à Venise, des hommes aient eu une vision de la planète presque aussi précise que celle que la Nasa peut avoir aujourd'hui", s’enthousiasme le commissaire. Dans cette partie, le visiteur peut également apercevoir la première carte rectangulaire au monde ou des photographies de marins prise au début du siècle dernier par Alan Villiers. Des images certes anachroniques mais tout de même représentatives du travail de l'homme à cette époque.

© Nathalie Ammirati

© Nathalie Ammirati

Marchandises et convoitises

Une fois qu'ils maîtrisent les outils de navigations, les hommes partent explorer les contrées lointaines et ramènent toutes sortes de trésors. Verres, métaux, ivoires, ébènes, diamants, porcelaines, ... En ce temps-là, plus ça venait de loin, plus c'était précieux. Parmi les zones les plus convoitées : la route des Indes et ses épices en pagaille. C'est d'ailleurs en voulant se rendre là-bas par la route de l'Ouest que Christophe Colomb découvre l'Amérique en 1492. Le commerce et les échanges deviennent alors les maîtres mots de l'époque. "Les pièces que nous montrons témoignent de la fascination que le produits de l'Orient exerçaient sur les hommes du Moyen-Âge, et pour lesquels les empires se sont affrontés". Au XVe siècle, l'océan Indien est clairement le plus grand marché du monde. Même les artistes finissent pas s'emparer de cette frénésie et s'amusent à copier l’iconographie des pièces rapportées.

© Nathalie Ammirati
© Nathalie Ammirati

C'est dans ce contexte que les Portugais pénètrent au XVe dans l'océan Indien. En 1498, Vasco de Gama est le premier européen à remonter les rives de l'Afrique orientales et à atteindre l'Inde. D'ailleurs, Vincent Giovannoni cite comme œuvre phare de l'exposition "cette immense tapisserie du début du XVIè siècle" sur laquelle est représentée l'arrivée de l'explorateur portugais à Calicut. "Les plus beaux objets ont motivés les marins à prendre la mer et à risquer leur vie". Haute de quatre mètres de haut et longue de huit mètres, elle donne à voir les vastes navires d'où sont débarqués les présents les plus exotiques. Et ce n'est pas la seule pièce éblouissante à être présentée : on y trouve également une tenture en soie ottomane, une cape brodée de fleurs et d'oiseaux multicolores, un christ en ivoire, un bézoard encastré dans du filigrane d'or, une corne de rhinocéros sculptée en Chine, ...

© Nathalie Ammirati

© Nathalie Ammirati

Le tout se conclut sur deux événements distincts : la bataille navale de Lépante en 1571 et la création de la Compagnie néerlandaises des Indes orientales en 1602 qui marque la fin du monopole méditerranéen sur le commerce avec l'océan indien. Plusieurs tableaux et pièces, dont un véritable canon, témoignent de la violence que peut engendrer la compétition pour les marchés maritimes. La volonté du commissaire de l'exposition était alors de montrer comment les connaissances, les découvertes, les évolutions peuvent à la fois être "positifs pour certains et négatifs pour d'autres".

Sarah Barbier

Informations pratiques

Mucem
7 Promenade Robert Laffont, 13002 Marseille

Plus d'informations sur www.mucem.org

Pour aller plus loin

08 septembre au 07 janvier
Jack London dans les mers du Sud
Audiovisuel - photographie - numérique

Jack London dans les mers du Sud

Marseille

Cette exposition, proposée par le Musée d'Arts Africains, Océaniens, Amérindiens et La Compagnie des Indes, est une invitation au voyage et à l'aventure, symboles de la vie et de l'oeuvre de Jack London. Mettant en scène des centaines d'objets, documents rares et photographies, dont…

La mer et les loisirs nautiques
Inspirations

La mer et les loisirs nautiques

Quand on parle du Sud, on pense directement à quoi ? À la MER ! (et bien sûr au soleil, ça va avec)

21 septembre au 15 janvier
Entre terre et mer, l'aventure de la Légion Etrangère dans l'océan Indien
Exposition

Entre terre et mer, l'aventure de la Légion Etrangère dans l'océan Indien

Aubagne

De Madagascar à Djibouti en passant par les Comores, la Légion a exploré l'océan Indien depuis la fin du XIXe siècle. Présente sur les rivages côtiers ou sur des îles de cette " mer indienne " la Légion a démontré qu'elle avait le pied marin et cette faculté à s'installer dans des…

Agenda

Expositions

Art, histoire ou sciences naturelles : découvrez toutes les dates des expositions en Provence.

Voir le guide Expositions

Marseille

Un film au Prado, une expo à La Friche Belle de Mai ou un concert au Dôme, sans oublier les festivals d'été et marchés d'hiver : tout l'agenda culturel.

Voir le guide Marseille

Les Incontournables de l'année

Feria d'Arles, transhumances de Saint-Rémy-de-Provence, Nuits d'Istres, festivals, concerts et marchés de Noël provençaux : tous les événements à ne pas manquer dans les Bouches-du-Rhône.

Voir le guide Les Incontournables de l'année
Tout l'agenda culturel

Autres articles

L’Appel du Large

L’Appel du Large

1er juin au 30 septembre 2017

Embarquement immédiat pour un fabuleux périple en Méditerranée et jusqu’aux confins de l’océan Indien avec l’événement culturel L’Appel du Large autour de 8 expositions proposées cet été à Marseille, Martigues, Arles et Aubagne sur le voyage maritime.

Marseille, le hip-hop et le graff, un triangle amoureux à découvrir au Mac

Marseille, le hip-hop et le graff, un triangle amoureux à découvrir au Mac

13 mai 2017 au 14 janvier 2018

L'exposition "Hip-hop, un âge d'or" au Musée d'Art Contemporain présente une multitude d'objets. L'occasion d'effectuer un véritable voyage dans le temps.

11 expos à ne pas rater en 2017 dans le département !

11 expos à ne pas rater en 2017 dans le département !

Alfred Sisley, Van Gogh, Jack London, Félix Ziem, Robert Doisneau, Lucien Clergue. La programmation des expositions 2017 est pour le moins alléchante !

Un Dimanche de la Canebière en famille

Un Dimanche de la Canebière en famille

le dimanche 24 septembre 2017

Une Canebière sans voitures, dédiée à la culture, la fête et la convivialité, ça vous dit?

Rendez-vous à Sirènes et midi net

Rendez-vous à Sirènes et midi net

Lieux publics vous invite tous les premiers mercredis du mois à midi devant l'Opéra de Marseille.

Le Marseille-London de Global Local

Le Marseille-London de Global Local

Un festival engagé aux contours afropunk avec KOG and the Zongo Brigade, BCUC, La Chica et Pink Ponk vs Wicked Girls.

Satire à vue à l'Estaque !

Satire à vue à l'Estaque !

du 18 au 24 septembre 2017

Le Festival International de la caricature, du Dessin de Presse et de la satire de l'Estaque accueillera pour la 5e année 45 dessinateurs, expositions, projections et bien sûr de nombreux échanges et débats.

Langages Machines, L'ère des œuvres 2.0

Langages Machines, L'ère des œuvres 2.0

Du 15 septembre au 22 octobre 2017

À l'heure où les smartphones sont légion, la communication numérique est devenue la principale forme d'échanges de notre société. Pour explorer la question, l'association Seconde Nature investit la fondation Vasarely avec l'exposition «Langages Machines» qui pose la question de l'importance du texte dans notre société où nos plus belles plumes seraient transformées par les plus beaux claviers.

Actoral définit l'écriture sous toutes ses formes

Actoral définit l'écriture sous toutes ses formes

Du 26 septembre au 14 octobre 2017

Actoral interroge les écritures contemporaines dans tous les domaines artistiques et propose de découvrir chaque automne à Marseille, à travers le travail d’une cinquantaine d’artistes, la richesse et la diversité des écritures d’aujourd’hui.

Le RIAM Festival, le rendez-vous des Arts Multimédia

Le RIAM Festival, le rendez-vous des Arts Multimédia

Du 5 au 28 octobre 2017

Comme chaque année, les Rencontres Internationales des Arts Multimedia occupent le mois d’octobre en proposant des expositions d’art contemporain, des concerts que des conférences et débats sur des sujets préoccupant concernant l'avenir de la culture.

L'Opéra de Marseille ouvre ses portes avec le Dernier jour d'un condamné

L'Opéra de Marseille ouvre ses portes avec le Dernier jour d'un condamné

Du 28 septembre au 1er octobre 2017

Encore d'actualité, la question de la peine de mort est revisitée par les frères Alagna qui ouvrent la saison de l'opéra avec cette adaptation de l’œuvre de Victor Hugo.

Arlatensis, le rêve d’un artiste

Arlatensis, le rêve d’un artiste

Du 16 septembre au 7 janvier 2018

Le musée Réattu redonne vie à une trentaine d’œuvres en restauration depuis les années 80 avec l’exposition Arlatensis, le rêve d’un artiste.

Tous les articles