UN AMOUR DE GRAFFITI AU CHÂTEAU D'IF

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Publiée le lun 30/07/2018 - 02:00 / mis à jour le jeu 29/07/2021 - 02:00

Du 14 mai au 4 novembre 2018, à l’occasion de sa saison « Sur les murs, histoire(s) de graffitis » mais aussi de la manifestation festive et culturelle à Marseille et en Provence « MP2018, Quel Amour ! », le Centre des monuments nationaux (CMN) propose aux visiteurs du château d’If, un parcours de visite repensé autour des graffitis anciens présents dans le monument.

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Les graffitis anciens du Château d'If
Les graffitis anciens du Château d'If

Construit entre 1524 et 1531 sur ordre de François Ier pour protéger la ville de Marseille de potentielles invasions maritimes, le château d’If n’a jamais été attaqué. Perché sur un îlot calcaire, au large de la cité phocéenne, sa situation géographique et son architecture en ont rapidement fait une prison idéale d’où il semblait impossible de s’échapper.

Sa fonction carcérale débuta ainsi au milieu du XVIème siècle et le château d’If accueillit prisonniers religieux, politiques et de guerre jusqu’à la Première Guerre mondiale. Les soldats l’occupèrent quant à eux jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Les prisonniers et soldats laissèrent dans la pierre du monument nombre de graffitis. Ceux-ci exaltèrent l’amour de la liberté perdue, l’amour des proches absents, et parfois l’attachement à leur métier.

Ouvert à la visite dès 1880, le château d’If doit par ailleurs sa renommée au Comte de Monte- Cristo d’Alexandre Dumas, dont une partie de l’intrigue se déroule dans le monument. De nombreux lecteurs du roman se rendirent sur l’île d’If pour s’imprégner du quotidien du héros de la fiction, Edmond Dantès. Ce public de lecteurs a également souhaité passer à la postérité en inscrivant un nom, une date, un témoignage sur les murs du château.

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Château d'If
"Un amour de graffiti" au Château d'If

Le nouveau parcours de visite

Le nouveau parcours de visite du château d’If est une véritable mise en lumière des graffitis anciens présents dans le monument et des raisons qui ont amené leurs auteurs sur l’île d’If. Selon les époques, prisonniers, militaires, et visiteurs, anonymes ou non, ont laissé des traces sur les murs de cette forteresse mythique.

L’exposition répartit les graffitis en trois groupes en fonction de leurs auteurs – soldats, prisonniers, visiteurs.
En effet, chacun d’entre eux disposait de techniques propres conditionnées le plus souvent par l’urgence ou les circonstances, et profitait d’un degré de technicité et d’élaboration très variables. Globalement, le graffiteur ne préméditait pas son acte. Ainsi, il n’avait pas d’autre choix le moment venu que d’utiliser les outils à sa disposition (le ciseau du prisonnier) ou de faire ses fonds de poches (le crayon du visiteur).

Les graffitis des soldats qui furent les premiers occupants des lieux, sont d’abord présentés dans la première partie du parcours. Ces graffitis, parmi les plus anciens relevés dans le monument, sont aussi les plus rares et les plus difficiles à identifier.

Viennent ensuite les graffitis des prisonniers, datés pour la plupart du XIXe siècle. Deux mémoriaux réalisés par les détenus eux-mêmes en 1848 et 1871, avec l’accord de l’administration pénitentiaire, immortalisent notamment les noms des personnes incarcérées dans le château ces années-là.
Enfin, les graffitis des visiteurs sont mis en avant. Pour être plus précis, l’exposition s’intéresse aux graffitis des visiteurs-lecteurs car il s’agit de mettre en lumière ici les graffitis laissés par les lecteurs du Comte de Monte-Cristo. Ce corpus de graffitis, dont l’étendue et la quantité sont les caractéristiques principales, est également le plus compliqué à exploiter.

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