BERNARD BUFFET, LA COLLECTION PIERRE BERGÉ À SAINT-RÉMY-DE-PROVENCE

Lecture 2 min

Publiée le mer 25/04/2018 - 02:00 / mis à jour le dim 01/08/2021 - 02:00

« Ce sont tout simplement les tableaux de notre vie ensemble, les tableaux qu’il m’a donnés. » Pierre Bergé. Les tableaux de Bernard Buffet présentés du 14 avril au 23 septembre 2018 dans cette exposition au musée Estrine appartiennent à une collection « particulière » car Pierre Bergé vit ces toiles avant que la peinture n’en fût sèche...

Les tableaux de Bernard Buffet présentés dans cette exposition appartiennent à une collection doublement « particulière ». Pour la majorité d’entre eux, ces tableaux ont été donnés par l’artiste à son compagnon, Pierre Bergé, dont il a inscrit le nom au dos de la toile. De son côté, Pierre Bergé a acheté Les Poulets (1948), œuvre majeure des débuts de la carrière de l’artiste. Le Trompettiste lui a été offert par le frère de l’artiste et Poissons par la belle-sœur de celui-ci. A l’exception de ces trois œuvres, antérieures à leur rencontre, on peut affirmer que Pierre Bergé vit ces toiles avant que la peinture n’en fût sèche...

Plus tard, avec Yves Saint Laurent, Pierre Bergé allait devenir l’un des plus grands collectionneurs de notre époque. Selon leur souhait commun, ces collections ont été dispersées en vente publique. Mais Pierre Bergé a conservé les œuvres de Bernard Buffet après leur rupture en 1958, de même qu’il conserva les ouvrages de Giono ou de Jean Cocteau qui lui étaient dédicacés. Outre leur valeur artistique, ces œuvres avaient une signification particulière pour lui. Elles formaient une sorte de trésor secret, témoin de sa vie avec un artiste. Quelques-unes de ces toiles ont figuré dans la grande rétrospective Bernard Buffet organisée par le musée d’Art moderne de la Ville de Paris en 2016. Mais c’est la première fois qu’elles sont révélées au public avec une telle ampleur.

L’art de Bernard Buffet au musée Estrine

Ces vingt-trois tableaux offrent un raccourci éloquent de ce que fut l’évolution de l’art de Buffet de la fin des années 1940 à la fin des années 1950. On y voit s’affirmer la suprématie du trait si caractéristique de son œuvre, ce trait noir incisif, impitoyable, qui cerne les formes. Elles permettent aussi d’évoquer tous les genres abordés par l’artiste à cette époque : la nature morte, le portrait, les nus et le paysage.

Articles les + lus