Vies d'ordures : dis moi ce que tu jettes, je te dirai ce que tu es

du 22 mars au 14 août 2017

Publié le 21 mars 2017 Mis à jour le 9 avril 2019
Transport de dechets aux ateliers de recyclage d'un quartier du Caire, Egypte, 2014 Mucem © David_Degner
Transport de dechets aux ateliers de recyclage d'un quartier du Caire, Egypte, 2014 Mucem © David_Degner

L’exposition Vies d’ordures. De l’économie des déchets invite à un voyage autour de la Méditerranée, à la découverte des paysages, des technologies, des objets recyclés ou de deuxième vie, et surtout à la rencontre des hommes et des femmes qui gèrent nos déchets, en vivent et souvent les subissent. Il s’agit d’interroger leurs savoir-faire, leurs conditions de vie, les rapports sociaux et les conflits dans lesquels ils sont pris.

Exposer les manières dont nos sociétés produisent, traitent, s’approprient et transforment les restes, apparait comme un enjeu central pour le musée de société qu’est le Mucem.

Notre empreinte écologique est exponentielle : plus de 80 % de la surface émergée de la planète est sous influence humaine directe. Cette surexploitation de l’écosystème engendre des bouleversements naturels : hausse de la température du globe, appauvrissement de la couche d’ozone, acidification des océans, épuisement des sols et des sous-sols. Nos sociétés sont transformées en sociétés du déchet.

Basée sur des enquêtes ethnographiques réalisées en Turquie, en Albanie, en Egypte, en Italie, en Tunisie, au Maroc ou dans le Sud-est de la France (Marseille et sa métropole), cette exposition a pour but de sensibiliser le public à la gestion individuelle et collective des déchets en montrant les façons dont nous les collectons, les trions, les réparons, les transformons, avec l’inventivité de la nécessité. Par les détournements ou par les traitements de haute-technologie dont ils font l’objet, les déchets donnent forme à nos paysages et à nos relations sociales.

511 kg : le poids de déchets municipaux produits annuellement par habitant en France à comparer avec le pays d’Europe qui en produit le moins, la Serbie et ses 310 kg et celui qui en produit le plus, le Danemark avec 749 kg et aussi avec la métropole Marseillaise et ses 613 kg.

Tirana_Albanie © Franck_Pourcel

Entretien avec Denis Chevallier, commissaire général de l’exposition

Pourquoi le Mucem a-t-il choisi d’aborder la question de l’économie des déchets pour cette nouvelle exposition ?

A travers les déchets, il s’agit de questionner nos modes de vie, nos modèles de consommation et de production.
Un musée de société comme le Mucem peut, à sa manière et à son niveau, jouer un rôle dans la cité. Avec cette exposition nous aimerions que le visiteur ressorte un peu plus conscient que des actes aussi quotidiens et banals que consommer et jeter ont des conséquences sur la planète et donc pour nous tous.

7 à 10 milliards de tonnes : la masse des déchets produits dans le monde en 2012.

L’exposition Vies d’ordures. De l’économie des déchets a la particularité de présenter un grand nombre d’objets acquis récemment par le Mucem dans le cadre de campagnes d’enquêtes-collectes…

© Nathalie Ammirati
© Nathalie Ammirati

Pendant trois ans, grâce à un travail d’équipe, nous avons constitué une documentation de première main sur les manières dont, autour de la Méditerranée, les déchets sont collectés, transformés, traités. Des équipes associant chercheurs et vidéastes/photographes ont effectué des enquêtes à Casablanca, Naples, Marseille,
Tirana, Istanbul, Le Caire et Tunis, d’où nous avons pu rapporter objets, témoignages, images et enregistrements.
Cette documentation originale constitue le coeur de l’exposition : près de 50 % des objets et documents présentés sont issus d’enquêtes-collectes.
Un musée n’est pas seulement un lieu de restitution. C’est aussi un lieu de fabrication d’un savoir. Aller chercher un objet là où il a été produit et utilisé permet de recueillir des informations sur son contexte de fabrication, de circulation ou d’usage. C’est à cette seule condition que cet objet pourra nous aider à comprendre les sociétés, les cultures ; ce qui est bien la mission principale d’un musée de société.

Que montrez-vous dans cette exposition ? Comment s’organise t-elle?

© Nathalie Ammirati
© Nathalie Ammirati

Le visiteur constatera d’abord que les déchets sont partout. L’autopsie de la poubelle-monde à laquelle nous nous livrons en introduction dévoilera la part cachée, maudite peut-être, de nos modes de vie. Ce que l’on ne veut pas voir et qui pourtant est bien là et s’impose à nous.

Dans la partie suivante on se demandera comment on en est arrivé là : en effet, une telle quantité de déchets avec de tels impacts sur l’environnement, c’est une affaire récente. Disons que nos grands-parents, nos arrières grands-parents, n’avaient sûrement pas la même appréhension du déchet que nous, car il y en avait beaucoup moins. Pour montrer cela, nous effectuerons un petit retour en arrière, grâce aux collections d’ethnographie, dans le monde qui précède la société de consommation ; cette période qui commence avec la diffusion massive du plastique et qui correspond à la multiplication des emballages et au règne du « tout jetable ». On montrera ici des objets assez insolites, parce qu’ils arborent cicatrices et réparations, pour dire qu’avant le « tout jetable », on réparait beaucoup. A coté, on exposera des emballages plastiques pour évoquer la société de consommation.

80 % : la proportion de déchets mis en décharge en Grèce ou en Bulgarie à comparer avec les 2% en Allemagne où la plus grande partie des déchets non recyclés ou compostés sont incinérés.

La troisième section de l’exposition s’organise à partir de gestes simples : « ramasser, collecter, transporter, stocker, trier »…

© Nathalie Ammirati
© Nathalie Ammirati

Des gestes que nous illustrons à travers quelques objets et vidéos révélant les différents mode de traitement des déchets dans les villes étudiées : c’est dans cette section, par exemple, qu’est présenté le fameux triporteur du Caire, ou encore une spectaculaire machine de tri optique prêtée par l’entreprise Pellenc ST 3.
L’acte du tri est central car c’est lui qui va donner de la valeur à ces déchets : à partir du moment où ceux-ci sont triés, ils deviennent des matières premières secondaires. Balles de carton, de plastique ou d’aluminium ont une valeur fixée par des cours mondiaux. Ils sont l’objet d’un commerce relativement important et lucratif, compte tenu des quantités énormes que tout cela représente.
Dans la section suivante, nous donnons des exemples de réemploi et de recyclage. Nous verrons par exemple, comment un pneu usagé peut devenir un seau, ou comment des cannettes sont transformées en lingots d’aluminium. Dans certaines régions de Méditerranée, le réemploi a pris une ampleur considérable ; c’est le cas du secteur de la fripe en Tunisie, qui sera présenté dans une sorte de tente conçue avec des fripes qui nous sont fournies par l’un des nombreux partenaires de cette exposition : la communauté d’Emmaüs de la Pointe Rouge.

La part des déchets réemployés ou recyclés reste toutefois encore relativement faible…

© Nathalie Ammirati
© Nathalie Ammirati

En effet, cela concerne au maximum 20 % de ce qu’on jette. Le reste, qu’est ce qu’on en fait ? On le transporte vers un lieu où il sera soit enfoui, une décharge, soit brulé, un incinérateur. Nous présenterons par exemple une maquette de l’usine de traitement des déchets du territoire de Marseille-Provence qui se trouve à Fos sur Mer.
L’exposition va aussi mettre le doigt sur les controverses, les conséquences de mauvaises gestions qui ont parfois des origines criminelles. Autour de la Méditerranée, les scandales associés aux déchets ne manquent pas : on parlera de Naples, de Beyrouth, des calanques… Mais l’idée que nous voudrions surtout faire passer, c’est que le meilleur déchet c’est celui que l’on ne produit pas. Et qu’il nous faut donc changer nos modes de vie… Moins gaspiller (plus du tiers de la nourriture finit dans une poubelle !), transformer nos restes en compost, inciter les fabricants à faire des objets réparables, etc.
Nous aurons à la fin de l’exposition un dispositif qui permettra à chaque visiteur de faire des propositions : car nous pensons en effet que chacun peut contribuer à son niveau à faire en sorte que notre planète ne devienne pas totalement inhabitable.

Parcours de l’exposition

Nommer—Mesurer—Classer : dis-moi ce que tu jettes !

Exposition « Vies d’ordures » - Scénographie sans public – Mucem – 2017 © François Deladerriére - Mucem
Exposition « Vies d’ordures » - Scénographie sans public – Mucem – 2017 © François Deladerriére - Mucem

Nos déchets façonnent notre environnement à l’échelle planétaire, ils constituent un milieu privilégié pour en observer la transformation.
Les pollutions émergentes, leur nature, leur composition, leur dangerosité, leur circulation, leur transformation sont présentées dans cette section et les grandes catégories de déchets sont quantifiées pour donner à comprendre leur provenance, leur distribution.
En effet, le déchet domestique ne pèse guère face aux quantités de déchets produits par l’industrie, l’agriculture ou le bâtiment.
La parole est également donnée à ceux qui se mobilisent pour nous alerter sur les pollutions créées par les rejets industriels comme à Fos sur Mer ou sur de l’étang de Berre dans la région de Marseille, comme plus globalement en Méditerranée, où circulent des millions de tonnes de micro-déchets qui contaminent à moyen terme toute vie, végétale ou animale.

Franck Pourcel Torre Annunziata Italie 2014 © Franck_Pourcel

Réparer—Jeter : petite histoire du déchet

L’histoire économique et sociale du déchet est rappelée grâce à un ensemble d’objets évoquant le passage d’un système où la ressource est rare et doit être entretenue et valorisée à un modèle de consommation fondé sur le tout jetable.
Cette économie de la réparation et du réemploi donne naissance à des spécialisations, petits métiers des villes ou des champs.
Des objets réparés ou réemployés, issus des collections ethnographiques, mis en regard avec des emballages, en plastiques contemporains évoquent cette évolution, et les choix qui ont déterminé cette accélération de la production.

Lionel Sabatté, Loup d’avril, 2012. Moutons de poussière sur structure métallique © Nathalie Ammirati

© Nathalie Ammirati

Ramasser—Collecter—Transporter —Stocker—Trier : les gestes des déchets

Transport de déchets aux ateliers de recyclage d un quartier du Caire Egypte 2014 Mucem © David Degner
Transport de déchets aux ateliers de recyclage d un quartier du Caire Egypte 2014 Mucem © David Degner

La section commence dans la rue avec les gestes les plus simples : balayer, ramasser, elle se poursuit avec d’autres gestes essentiels : transporter, trier, compacter. Objets des collections et vidéos issues des enquêtes ethnographiques révèlent les technologies, manuelles ou industrielles, mises en oeuvre pour traiter les déchets dans les villes étudiées : Le Caire, Istanbul, Casablanca,
Marseille et sa région, Tirana, Naples.
Dans cette section, on découvre des objets insolites, parfois spectaculaires, comme des crochets et plaques de chiffonniers, un diable acquis à Istanbul, un tricycle à moteur, une presse à papiers utilisée par les chiffonniers d’Emmaüs dans les années 1950 et une machine de tri optique des déchets en capacité de fonctionner prêtée par l’entreprise Pellenc ST.
Le tri occupe une place centrale dans l’économie des déchets. C’est par le tri que le déchet intègre les circuits mondiaux d’échanges économiques, qu’il acquiert une valeur en tant que matière première secondaire et donc comme nouvelle ressource.

Réemployer—Réutiliser—Recycler : l’atelier du déchet

© Nathalie Ammirati
© Nathalie Ammirati

Le réemploi consiste à donner une nouvelle vie à ce qui a été considéré comme un déchet, soit en l’utilisant pour un même usage, comme dans le cas de la fripe, soit en lui donnant un usage nouveau.
En Méditerranée, le réemploi recouvre d’importants secteurs d’activités artisanaux ou industriels : tissage de tapis à partir de restes textiles, tentures faites de pièces de tissus découpées, comme les patchworks ou les appliqués, réemploi de pneus usés ou de boîtes de conserve, d’emballages plastiques. Dans certaines régions de la Méditerranée le réemploi a pris une ampleur considérable.
C’est le cas du secteur de la fripe en Tunisie.
Le recyclage consiste à traiter un déchet pour en faire une matière première secondaire utilisable pour un nouvel usage. L’exposition présente les filières de recyclage au Caire et celles des déchets électriques et électroniques en France.

Réduire—Enfouir—Composter —Incinérer : quelles solutions pour une société «zéro déchet»?

© Nathalie Ammirati
© Nathalie Ammirati

En 2016, en France, sur 35 millions de tonnes des déchets produits par les ménages, seulement 20 % sont remis en circulation pour être réemployés ou recyclés. Ainsi, plusieurs millions de tonnes de déchets doivent faire l’objet de traitement souvent couteux et parfois polluants malgré les progrès récents des installations qui se préoccupent de valoriser les déchets en produisant du compost et du méthane avec les déchets organiques ou de l’énergie par l’incinération des déchets non organiques.
Dans cette section on découvre l’histoire de décharges plus anciennes comme celle d’Entressens où furent stockés pendant plus d’un siècle les déchets de l’agglomération marseillaise comme des installations modernes avec la maquette du centre de valorisation multi filière de Fos Evéré qui traite les déchets de l’agglomération marseillaise.
La section s’arrête aussi sur les solutions alternatives permettant de limiter les déchets résiduels. Elles sont relayées par d’actifs réseaux citoyens comme « ZeroWaste », du nom du célèbre mouvement international, qui propose de réduire nos déchets à la source et de favoriser le réemploi, le recyclage et la transformation en compost des déchets organique.

Décharge Mediouna Maroc Mucem © Pascal Garret

Se mobiliser : les citoyens au défi des déchets

Les déchets font l’objet de mobilisations de tous ordres : techniques, scientifiques mais, avant tout, politiques et citoyennes. Les écoballes de Campanie, les ordures qui obstruent les rues de Beyrouth, les roms de Tirana voués à vivre sur les déchets de la ville sont autant d’exemples qui racontent les luttes que suscitent les gestions parfois scandaleuses des déchets.
Cette section met également en avant des actions exemplaires pour donner au visiteur l’envie d’agir à son tour. En effet, souvent, les populations se mobilisent pour nettoyer une rue, une plage, et aussi pour moins jeter en produisant et en consommant mieux.

En 2013 : la collecte sélective a permis d’éviter l’émission de 2,1 millions de tonnes de CO2 soit 1 million de voitures en circulation en moins pendant 1 an.
Avec 8 boites de conserve en acier recyclées : on fabrique 1 casserole.
Avec 850 boites de conserve en acier recyclées : on fabrique 1 lave-linge.

Yann Philippe Tastevin, commissaire associé nous nous parle du triporteur

Le triporteur du Caire

Il y a encore quelques mois, ce triporteur sillonnait les rues du Caire. Acquis par le Mucem dans le cadre d’une campagne d’enquête-collecte, il a aujourd’hui rejoint les collections du musée et sera présenté au sein de l’exposition Vie d’ordures, de l’économie des déchets.

D’où vient ce triporteur ?

© Nathalie Ammirati
© Nathalie Ammirati

Nous l’avons découvert au Caire en Egypte, lors d’une enquête sur le système de collecte des déchets.
Lorsqu’on parle de collecte des déchets au Caire, on pense généralement à la communauté des zaballin, qui est très connue. Mais on sait moins qu’il existe un second réseau de récupérateurs : les bikia (de l’italien roba vecchia, « vieilles choses »), ferrailleurs itinérants qui sillonnent la ville en annonçant leur passage de leur célèbre cri « bikia, bikia, ruba’ bikia », un des sons caractéristiques de la richesse de l’ambiance sonore du Caire,—on l’entendra dans l’exposition. A la différence des zaballin, qui ramassent des ordures ménagères, les bikia, eux, rachètent les objets dont on ne veut plus ou qui ne fonctionnent plus. Lorsque vous entendez leur cri, il suffit de les appeler, ils montent chez vous et là, vous négociez un prix. Cela vaut aussi bien pour un vieux frigo, des vieux meubles, des déchets de chantier (portes, fenêtres, lampes, ferraille)… Tout ce qui, chez nous en France, finirait dans une déchetterie ou dans une brocante. Pendant très longtemps, les bikia parcouraient les rues du Caire avec une charrette tirée par un âne.
Depuis 2010, ils s’équipent de triporteurs à moteur importés de Chine : de petits véhicules « utilitaires », composés d’un train avant de moto et d’une benne à l’arrière. Ils peuvent ainsi transporter jusqu’à une demie tonne. Au Caire, ces triporteurs sont aussi appelés « touk touk », un terme argotique issu de Thaïlande, construit sur une onomatopée rappelant le bruit d’un moteur.

22% : la proportion de déchets recyclés en France à comparer avec 50 %
de recyclage en Allemagne.

Pourquoi avoir choisi de présenter cet objet au sein de l’exposition Vie d’ordures ?

© Nathalie Ammirati
© Nathalie Ammirati

L’un des enjeux de l’exposition est de montrer la pluralité des filières de récupération en Méditerranée. Nous nous sommes donc intéressés à cet objet car il est emblématique d’un groupe professionnel encore mal connu, celui des bikia. De plus, ce triporteur est tout-à-fait unique : en effet, les jeunes ferrailleurs, aujourd’hui, customisent leur outil de travail ; ils « s’affichent » littéralement sur leur machine. Sur ce triporteur, nous pouvons donc voir le portrait d’un jeune homme de 22 ans : Ramadan. Comme la plupart des bikia, il est originaire du Fayoum, une oasis située à deux heures du Caire. Nous l’avons rencontré par hasard, alors qu’il venait rendre visite à ses cousins, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il ne passait pas inaperçu : il paradait avec son « touk touk » neuf, musique à fond, et tous ses amis dans la benne !
Ce véhicule a la particularité d’être sonorisé : caisson de basse, haut-parleur, lecteur CD/USB, ampli… Avec cet équipement, il diffuse de la pop égyptienne : Ramadan, on l’entend avant de le voir ! Mais ce triporteur est aussi visuellement très intéressant : chaque espace est investi de messages et inscriptions. Le dialecte égyptien a son expression pour désigner l’ornementation : dandasha. Customiser, c’est se raconter ! Il arbore ainsi de nombreuses calligraphies qui reprennent des proverbes, des chansons populaires, des sourates du Coran. Les citations font l’éloge de la beauté, content les épreuves de la vie, de la trahison des amis, les affres de l’amour. Elles expriment la peur du mauvais oeil, qui cohabite avec la foi en un Dieu tout puissant et protecteur. Ce triporteur, pour Ramadan, est à la fois un outil de travail et un outil de drague.
A travers cet objet, nous avons donc la possibilité de raconter l’histoire d’une profession mais aussi celle de son propriétaire.

Cet objet a été acquis dans le cadre d’une campagne « d’enquête-collecte ». En quoi ce procédé d’acquisition—original dans le monde des musées—est-il pertinent pour le Mucem ?

Quartier de Manshiet Nasser Le Caire Egypte © David Degner
Quartier de Manshiet Nasser Le Caire Egypte © David Degner

Les enquêtes-collectes, c’est la marque de fabrique du Mucem. Comment un musée de société peut-il acquérir des objets ? Il y a certes les catalogues de ventes aux enchères, il y a les donations… Mais l’idée, avec les enquêtes-collectes, c’est d’aller chercher des objets en usage, et qui nous renseignent donc de façon précise
sur les sociétés contemporaines. Partir sur le terrain, cela nous permet d’être en prise directe avec la réalité : par exemple, alors que nous avions à l’esprit l’image des ferrailleurs du Caire trainant une charrette, nous avons pu constater sur place que les choses étaient très différentes, et nous avons découvert ce « touk touk ».
Il est donc nécessaire d’aller sur le terrain, d’y passer du temps, et de documenter ces objets.
La phase d’acquisition est à ce titre très importante : il s’agit de rencontrer le propriétaire, de discuter, négocier, contractualiser… Ce qui permet de recueillir tout un tas d’informations de première main sur l’objet ainsi que sur son propriétaire. C’est ainsi que ce véhicule, que nous sommes allés chercher au fin fond du Caire, est devenu un objet de musée.

Pop-up store « Lou’Bess »

© Nathalie Ammirati
© Nathalie Ammirati

Du 21 mars au 30 mai prochain, un nouveau pop-up store intitulé « Lou’Bess au Mucem » ouvrira ses portes au fort Saint-Jean, en lien avec l’exposition temporaire Vies d’Ordures.
Les visiteurs pourront ainsi y poursuivre leur visite et découvrir une sélection
riche et colorée d’objets fabriqués à partir de matériaux recyclés.
Présentée par la jeune créatrice originaire du Sénégal, Oumy Kamara, cette sélection fera écho aux artistes et créateurs mis en avant dans sa boutique solidaire et équitable « Lou’Bess », installée en plein coeur de Marseille.

Une démarche solidaire et équitable

© Nathalie Ammirati
© Nathalie Ammirati

Avec sa boutique « Lou’Bess » (qui signifie « Quoi de neuf » en wolof), la pétillante Oumy Kamara valorise l’artisanat et les créations africaines du Sénégal à l’Afrique du Sud, en passant par le Mali, le Kenya, le Burkina Faso, le Cameroun ou encore le Maroc.
Dans cet espace, se côtoient des créations colorées et originales, fabriquées à partir de matériaux de récupération ou de matières naturelles : on y trouve des paniers ou calebasses, du mobilier, des tapis, des bijoux et de nombreux accessoires ou objets de décoration.
Mais c’est aussi plus qu’une boutique ou qu’un « paradis des beaux objets » comme la décrivent certains visiteurs. Oumy Kamara cherche, en effet, à créer des passerelles avec des artistes (africains pour la plupart, marseillais pour certains d’entre eux), à partager des expériences et savoir-faire, à développer des réseaux pour créer des synergies. Elle aimerait également aller plus loin en proposant des ateliers et des projections de documentaires ou en permettant la consultation d’ouvrages africains.

Des objets avec une histoire propre

© Nathalie Ammirati
© Nathalie Ammirati

Les objets viennent principalement d’Afrique. Ils sont réalisés par des artistes locaux, avec lesquels Oumy Kamara collabore. Elle retravaille également avec eux certains produits traditionnels ou du quotidien, pour leur apporter une touche d’originalité (en mélangeant les matières notamment) ou leur donner une seconde
vie (récupération éthique, qui commence aussi à être valorisée dans certains pays africains).
Elle présente, par ailleurs, les objets de créatrices installées à Marseille : la « chantilly de karité » de Pop ! ; les accessoires (sacs, besaces, porte-monnaie) produits à partir de pneus de Nathalie Bonino ; les carnets ou chapeaux en wax de la marque Izikoko.

Lou’Bess au Mucem (« Quoi de neuf » au Mucem !) dans le cadre de l’exposition Vies d’Ordures

© Nathalie Ammirati
© Nathalie Ammirati

C’est tout naturellement que le Mucem s’est tourné vers Oumy Kamara, pour qu’elle s’installe au Mucem - dans la boutique / pop-up store du fort Saint-Jean - dans le cadre de l’exposition temporaire Vie d’Ordures.
Au sein de cette boutique éphémère, elle proposera une sélection d’objets en lien avec les thématiques de cette exposition, et notamment des porte-clés Touaregs conçus avec des chutes de cuir, des éventails traditionnels fabriqués à partir de plastique recyclé, des petits objets de décoration taillés dans de la tôle ou
réalisés à partir de canettes ou capsules, etc.

Autour de l’exposition

Nuit Vernie

Vendredi 31 mars, 19h—1h, Mucem, J4, entrée libre

Lors de cette nocturne, les étudiants d’Aix-Marseille Université s’improvisent guides d’un soir dans l’exposition et vous font partager leur regard sur les enjeux sociaux, politiques et économiques liés à la question des déchets.

En parallèle, rendez-vous au forum pour un **DJ set « back 2 back » de Délicieuse Musique **inspiré de l’exposition. Comme les déchets qui, à travers le recyclage, peuvent avoir plusieurs « vies », la programmation musicale de cette soirée s’attache à diffuser différentes versions d’un même morceau : l’original, la reprise et le remix. Une sorte d’« économie circulaire » du déchet transposé à la musique, dans laquelle il n’y a rien à jeter !

Mille plantes—Zéro déchet

Du vendredi 7 au dimanche 9 avril

Afin de poursuivre le propos de l’exposition Vie d’ordures, le Mucem propose un grand week-end pour découvrir et imaginer, ensemble, de nouvelles façons de produire et de consommer, pour construire un monde sans déchets.
Rendez-vous au fort Saint-Jean les 7, 8 et 9 avril : entre défilé « d’arts et déchets », fête des plantes (dépolluantes), et visites du Jardin des Migrations, on apprend à réparer soi-même son vélo, à faire son propre compost en appartement, et mille autres solutions très simples, à adopter au quotidien, dans une démarche
écoresponsable.
Mille solutions, mille plantes, mille façons de relever le défi du zéro déchet !

La vie des ordures au cinéma

Dimanche 2 avril, 15h—20h, auditorium, entrée libre

Un après-midi exceptionnel consacré au court métrage à travers une programmation en lien avec l’exposition Vies d’ordures. Fiction ou documentaire, oeuvres patrimoniales, contemporaines ou d’animation, ces petits films ont été choisis dans le cadre d’ateliers réunissant une grande diversité de publics, accompagnés par
l’artiste Nathalie Démaretz.

Pollutions industrielles : Marseille et ses environs

Vendredi 28 avril, 18h—21h, auditorium, entrée libre

Nos déchets façonnent notre environnement : mais comment donner à voir des pollutions invisibles ? Comment les mesurer, comprendre leur nature, leur dangerosité ? En prolongeant l’exposition Vies d’Ordures, la soirée propose trois éclairages complémentaires. Elle réunit artistes, réalisateurs, chercheurs en sciences humaines et sociales et en sciences de l’environnement pour arpenter Marseille et sa région, et rendre sensibles ces zones critiques, où le déchet devient paysage.
A Fos-sur-mer, dans le delta du Rhône, dans les Calanques et en mer Méditerranée, les situations montrent les difficultés de la cohabitation entre activités industrielles et humaines. Ici et maintenant se joue la nécessité de mieux négocier les relations entre industries et habitants.

Temps fort « Nature, culture, ordure » Cycle de grandes conférences « Pensées du monde », 3e édition

En écho à l’exposition Vies d’ordures, de l’économie des déchets, le Mucem propose un cycle de grandes conférences mensuelles autour du thème « Nature, culture, ordure » : évoquer l’économie des déchets est en effet l’occasion de mettre en lumière les crises écologiques et économiques qui touchent nos sociétés et ainsi de questionner les nouvelles manières d’habiter et de penser le monde qui en découlent.

Une fois par mois, de mars à juin 2017, le Mucem invite un historien, un philosophe, un urbaniste et un anthropologue à explorer, chacun, à travers leur discipline, les liens complexes entre nature,
culture et ordures.

« Anthropocène » Jeudi 23 mars 2017, 19h

Les scientifiques l’annoncent : la Terre est entrée dans une nouvelle époque, «l’anthropocène». Ce qui nous arrive n’est pas une crise environnementale, c’est une révolution géologique d’origine humaine. Deux cent cinquante années de science, de technique, d’industrie, de choix politiques et économiques ont radicalement
bouleversé le rapport entre l’homme et la nature. De la machine à vapeur au Big Data, que s’est-il passé ? Comment en sommes nous arrivés là ? Comment vivre et agir dans l’Anthropocène ?

Conférence-lecture de Christophe Bonneuil (historien, co-auteur de L’événement anthropocène, Seuil, 2013) et Jean-Robert Viallet (réalisateur, prix Albert Londres 2010), lecture par Philippe Fenwick (comédien), mise en scène par Jean-Robert Viallet, accompagnée de projections d’images d’archives.
Suivie d’une discussion menée par Denis Chevallier et Yann Philippe Tastevin (commissaires de l’exposition Vies d’ordures)

« Homo detritus et l’idéal trompeur d’un monde sans restes » Jeudi 20 avril 2017, 19h

À l’heure de l’économie circulaire, l’idéal d’un monde sans restes tend à faire consensus. Cette promesse rappelle le mensonge de la tribu Chagga, dont les mâles adultes affirmaient ne jamais déféquer, contrairement aux femmes et aux enfants demeurant esclaves de leur corps.
Lors de cette conférence, le socio-anthropologue Baptiste Monsaingeon montre que la quête de pureté qui organise l’histoire du déchet dans nos sociétés industrielles fabrique un aveuglement collectif. Il raconte comment homo detritus, face cachée
d’homo oeconomicus, a cru sauver la planète « en bien jetant ».

Par Baptiste Monsaingeon (socio-anthropologue)
Introduction et discussion par : Denis Chevallier, commissaire de l’exposition Vies d’ordures

« Penser la nature à l’heure de l’Anthropocène » Jeudi 18 mai 2017, 19h

Par Philippe Descola
Modération : Yann Philippe Tastevin

« Beyrouth à l’heure des ordures et du collectif Beirut Madinati » Jeudi 8 juin 2017, 19h

Par Léon Telvizian, architecte, professeur à l’Université libanaise
Modération : Denis Chevallier

« Comment repenser l’art et la culture à l’heure de l’Anthropocène » Jeudi 15 juin 2017, 19h

Par Bernd Sherer, directeur de la Maison des cultures du monde de Berlin (HKW)
Modération : Yann Philippe Tastevin

Infos pratiques

Réservations & renseignements
04 84 35 13 13 — De 9h à 18h 7 j / 7
reservation@mucem.org / mucem.org

Billets Mucem
Expositions permanentes et temporaires 9,5€ / 5€ (valable pour la journée)
L’accès aux espaces extérieurs et jardins du Mucem est libre et gratuit dans les horaires d’ouverture du site.
L’accès aux expositions est gratuit pour tous, le premier dimanche de chaque mois.

Horaires d’ouverture
Ouvert tous les jours sauf le mardi
De 11h à 18h : mars—avril

Nathalie Ammirati
De 11h à 19h : mai—juin
De 10h à 20h : juillet—août
Nocturne le vendredi jusqu’à 22h : du 5 mai au 25 août (hors programmations spécifiques)

Pour aller plus loin

02 janvier au 30 décembre
Ruralités
Histoire, sciences et technologies

Ruralités

Marseille

Après des travaux de réaménagement, la première section de la Galerie de la Méditerranée accueille depuis fin 2015 l'exposition " Ruralités ". À travers une sélection d'oeuvres et d'objets (en partie issus des collections du Mucem), l'exposition " Ruralités " explore les fondements de l'agriculture et de l'élevage en Méditerranée. Du Néolithique à nos jours et de l'invention de l'agriculture à la naissance des dieux, une odyssée de 10 000 ans à la découverte des hommes, des cultures et des techniques qui ont contribué à façonner le monde d'aujourd'hui. La présentation s'attache plus particulièrement à la question de la " triade méditerranéenne " (céréales, vigne et olivier), à celle de l'élevage et à celle de la domestication de l'eau... Autant de problématiques qui, à l'heure de la démographie urbaine galopante, des bouleversements climatiques et de la réduction des ressources en eau, entrent en résonnance avec les enjeux contemporains. La triade méditerranéenne : la vigne, l'olivier, les céréales De nouvelles présentations abordent l'olivier et la vigne par le biais des principaux outils traditionnels utilisés pour transformer ces matières premières en différents produits (huile, savon, vin, alcool, raisin sec...). L'olivier est évoqué avec des objets acquis en 2002-2004, dans le cadre d'enquêtes-collectes en Grèce, en Tunisie, au Maroc et en Italie. Ces pièces ethnographiques (presse domestique du Maroc, jarres...) ont constitué les premières collections méditerranéennes du Mucem, lorsque la décision a été prise d'élargir le champ géographique de l'ancien Musée national des Arts et Traditions Populaires. La vigne est abordée sous trois aspects, s'appuyant sur trois lieux géographiques. Le premier se situe en Géorgie. C'est en effet dans ce pays que remontent au VIe millénaire avant J.-C. les premières traces de domestication de la vigne et de la vinification dans des jarres. Le mode de vinification géorgien dans de grandes jarres en terre, appelées kvevri, enterrées dans le cellier, le marani, constitue une technique vinicole originale et classée en 2013 au titre du patrimoine immatériel de l'UNESCO. Le Mucem présente tous les outils nécessaires à la vinification grâce à une collecte de matériel viticole réalisée en 2015 par le Musée national de Géorgie à Tbilissi avec lequel le Mucem a engagé une coopération inédite avec ces nouvelles acquisitions. Le second focus est axé sur les principales étapes de la viticulture depuis l'entretien des vignes jusqu'à la vinification grâce à une sélection d'objets du vignoble de Châteauneuf-du-Pape (Vaucluse). Le troisième aborde la fabrication de l'alcool à partir du raisin grâce à un alambic crétois traditionnel, le kazani, acquis par le Mucem en 2015, permettant la fabrication du raki. Pour ce qui concerne les céréales, l'accent est mis sur les instruments liés à une phase technique importante, celle du battage qui consiste à séparer de l'épi ou de la tige, les grains. Outre les instruments déjà existants (rouleau à dépiquer, tribulum), le Mucem vient d'acquérir un instrument imposant appelé norag, utilisé dans les années 1960 en Haute-Egypte. L'irrigation La problématique de l'irrigation est renforcée par la présentation des deux principaux types d'installations hydrauliques : la première au niveau du sol et la seconde, souterraine. En plus de la roue hydraulique appelée sakieh acquise par la Mucem en 2011 dans la région du Fayoum en Egypte, un partenariat entre le Musée et l'Institut de Recherches et de Développement (IRD) a permis la réalisation d'une maquette d'une galerie drainante souterraine, la khettara Akdima, encore en usage aujourd'hui dans l'oasis de Tinghir au Maroc. C'est la première fois qu'une maquette de khettara de 4,50 mètres de long est réalisée en France. L'élevage : l'exemple des ovins et caprins les plus répandus en Méditerranée La domestication animale remonte à environ 8500 ans av. J.-C. pour la chèvre, le mouton, la vache et le porc. L'exposition développe la thématique de l'élevage ovi-caprin, particulièrement important dans toute l'aire méditerranéenne. En plus de la hutte des bergers semi-nomades sarakatsans, en Grèce, l'accent est mis sur les sonnailles utilisées lors de la transhumance des troupeaux, avec l'exemple du village d'Alcáçovas au Portugal, réputé depuis le XVIIIe siècle pour ses sonnailles, dont des exemplaires ont été acquis par le Mucem en 2015. Début décembre 2015, le classement de ce savoir-faire au titre du patrimoine mondial de l'UNESCO a été adopté. En outre, une présentation de têtes d'ovins naturalisées montre la diversité des races ovines et une grande collection d'échantillons de toisons met en exergue un des produits phare, la laine. Des prêts significatifs Parmi les pièces nouvelles exposées, on trouve des planches de céréales et de légumineuses méditerranéennes issues de l'Herbier général des collections d'Aix-Marseille Université, une collection d'objets issus du terroir de Châteauneuf-du-Pape (le premier à bénéficier de l'Appellation d'Origine Contrôlée qui lui a été accordée il y a juste 80 ans), un ensemble de têtes de moutons naturalisées de la fin du XIXe siècle et une collection d'échantillons de laines méditerranéennes constituée dans la seconde moitié du XIXe siècle par le Musée Fragonard de l'Ecole nationale vétérinaire d'Alfort à Maisons-Alfort. Du matériel oléicole a également été prêté par le Museo dell'Olivo à Impéria en Italie. "Et in Arcadia" Installation de l'artiste Vincent Chevillon dans l'exposition "Ruralités" Mucem J4 - Galerie de la Méditerranée Du 10 octobre 2019 au 30 mars 2020 A l'entrée de la Galerie de la Méditerranée, dans l'exposition " Ruralités " (qui aborde les fondamentaux de l'agriculture méditerranéenne), une oeuvre de Vincent Chevillon "Et in Arcadia...", produite par le Mucem, est présentée à partir du 10 octobre 2019. Cette réalisation est le fruit du partenariat entre l'IMéRA, Aix- Marseille Université et le Mucem, réunis pour l'accueil en résidence de chercheurs et d'artistes travaillant sur le monde méditerranéen. Elle s'inscrit dans le cadre de la recherche menée par Marta Jecu (chercheure et commissaire), activant le sens des objets ethnographiques par l'art conceptuel. Vincent Chevillon compare " Ruralités " à une Arcadie (un lieu où les objets se soucient de l'équilibre et de l'autonomie de l'écosystème), et il élargit cette approche sereine à l'inquiétude globale contemporaine concernant les ressources de la planète. L'artiste propose une installation construite à la fois, à partir des archives constituées par Edouard de Laubrie, commissaire de "Ruralités", et de ses propres images et matériaux, qui reflètent la dimension sociale des produits et techniques agricoles. Son oeuvre capte les traces matérielles du monde paysan à travers le temps et l'espace.

Musée des Civilisations d'Europe et Méditerranée Mucem
Lieu culturel

Musée des Civilisations d'Europe et Méditerranée Mucem

Marseille

Trois sites, trois ambiances pour des propositions riches et surprenantes à découvrir sur 40 000 m2 : le Mucem est un vrai musée du XXIe siècle, capable de séduire un vaste public avec une large palette d'activités. Les uns pourront voyager grâce aux expositions, les autres profiter d'une lecture, d'un concert, d'un débat, d'une projection... ou plus simplement d'une promenade en plein air dans les jardins méditerranéens du fort Saint-Jean. Le J4 : 15 000 m2. Le nouveau musée, bâti sur l'ancien môle portuaire J4 par l'architecte Rudy Ricciotti, constituera le coeur palpitant du Mucem. Au rez-de-chaussée, une exposition de référence pour un parcours permanent sera dédiée à la présentation des étapes majeures de l'histoire des civilisations méditerranéennes. Au second étage, deux grandes expositions par an seront consacrées aux sociétés, aux villes, aux lieux ou aux hommes qui font la Méditerranée. Le fort Saint-Jean : 15 000 m2. Les salles voutées abritées dans les entrailles de pierre du fort Saint-Jean, monument historique du XIIe siècle, proposeront des galeries d'exposition sur les thèmes de la fête et des spectacles. Expositions permanentes: La Galerie de la Méditerranée fait peau neuve : à partir de fin novembre 2017, sa deuxième section accueille une nouvelle exposition semi-permanente. " Connectivités " raconte une histoire des grandes cités portuaires de la Méditerranée des XVIe et XVIIe siècles : Istanbul, Alger, Venise, Gênes, Séville et Lisbonne sont alors les points stratégiques de pouvoir et d'échanges dans une Méditerranée qui voit naître la modernité entre grands empires et globalisation. Le Mucem conserve un patrimoine unique, regroupant une diversité d'objets originale dans le monde des musées : tableaux, estampes ou sculptures côtoient mobilier, outillage, véhicules, bijoux, décors de boutique, vêtements de fête ou traditionnels... Le Centre de conservation et de ressources : 10 000 m2. Plus haut dans la ville, à proximité de la gare Saint-Charles, dans le quartier de la Belle de Mai, un troisième site accueillera le Centre de conservation et de ressources (CCR), conçu par l'architecte Corinne Vezzoni. Lieu de conservation des collections, le CCR sera un lieu innovant et lui aussi largement ouvert au public.

Centre de Conservation et de Ressources du Mucem
Lieu culturel

Centre de Conservation et de Ressources du Mucem

Marseille

Le MuCEM disposera d'un centre de conservation et de ressources situé dans le quartier de la Belle de Mai, non loin de la gare Saint-Charles. Conçu par l'architecte Corinne Vezzoni et né d'un partenariat public-privé, il abrite, sur 13 000 m², l'ensemble des réserves du musée ainsi que ses fonds documentaires, sa bibliothèque et ses archives scientifiques. Le lieu est ouvert aux professionnels du patrimoine, aux chercheurs et aux étudiants. Le grand public peut aussi accéder, sur rendez-vous, à une partie des réserves. Le premier objectif du centre est, bien sûr, d'assurer les missions premières du musée : stocker, conserver, étudier, documenter, entretenir et développer les collections. Celles-ci auront à leur disposition des réserves modernes respectant toutes les normes de conservation préventive, des ateliers de restauration et de préparation, une salle de prise de vue et une chambre d'anoxie pour les traiter contre les risques d'infestation... Au-delà de ces missions essentielles, le centre a pour vocation de devenir un lieu vivant, véritable outil de valorisation et de diffusion des collections via une politique active de prêts et de dépôts. Il sera aussi un instrument de travail pour les chercheurs et les étudiants en rendant accessibles l'intégralité des collections et des fonds du MuCEM. Plusieurs dispositifs et équipements ont été conçus pour le public: - trois salles permettront d'observer les objets et d'accéder aux ressources documentaires comme au fonds audiovisuel - une quatrième salle présentera certains pans de collections, de nouvelles acquisitions ou des exemples de restauration - une réserve sera accessible sur demande. Déployée sur 800 m2, elle témoigne de la richesse et de la diversité du fonds et permet de mieux expliquer les métiers et les méthodes de conservation. A l'heure où le concept de " vidéo à la demande " se développe, le MuCEM propose des " collections à la demande ". Appartement-témoin et salle de consultation en accès libre, sur réservation.

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