Un amour de graffiti au Château d'If

du 14 mai au 4 novembre 2018

Publié le 30 juillet 2018 Mis à jour le 30 juillet 2018

À l’occasion de sa saison « Sur les murs, histoire(s) de graffitis » mais aussi de la manifestation festive et culturelle à Marseille et en Provence « MP2018, Quel Amour ! », le Centre des monuments nationaux (CMN) propose aux visiteurs du château d’If, un parcours de visite repensé autour des graffitis anciens présents dans le monument.
Dans le cadre de ce parcours intitulé « Un amour de graffiti », une exposition documentaire met en lumière les inscriptions historiques du château tandis que les artistes Madame, Marie Chéné et David Poullard dialoguent avec ces témoignages du passé par le biais d’installations contemporaines et de jeux de mots.

© N.Ammirati

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Construit entre 1524 et 1531 sur ordre de François Ier pour protéger la ville de Marseille de potentielles invasions maritimes, le château d’If n’a jamais été attaqué. Perché sur un îlot calcaire, au large de la cité phocéenne, sa situation géographique et son architecture en ont rapidement fait une prison idéale d’où il semblait impossible de s’échapper.

Sa fonction carcérale débuta ainsi au milieu du XVIème siècle et le château d’If accueillit prisonniers religieux, politiques et de guerre jusqu’à la Première Guerre mondiale. Les soldats l’occupèrent quant à eux jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Les prisonniers et soldats laissèrent dans la pierre du monument nombre de graffitis. Ceux-ci exaltèrent l’amour de la liberté perdue, l’amour des proches absents, et parfois l’attachement à leur métier.

Ouvert à la visite dès 1880, le château d’If doit par ailleurs sa renommée au Comte de Monte- Cristo d’Alexandre Dumas, dont une partie de l’intrigue se déroule dans le monument. De nombreux lecteurs du roman se rendirent sur l’île d’If pour s’imprégner du quotidien du héros de la fiction, Edmond Dantès. Ce public de lecteurs a également souhaité passer à la postérité en inscrivant un nom, une date, un témoignage sur les murs du château.

© N.Ammirati

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Le nouveau parcours de visite

Le nouveau parcours de visite du château d’If est une véritable mise en lumière des graffitis anciens présents dans le monument et des raisons qui ont amené leurs auteurs sur l’île d’If. Selon les époques, prisonniers, militaires, et visiteurs, anonymes ou non, ont laissé des traces sur les murs de cette forteresse mythique.

L’exposition répartit les graffitis en trois groupes en fonction de leurs auteurs – soldats, prisonniers, visiteurs.
En effet, chacun d’entre eux disposait de techniques propres conditionnées le plus souvent par l’urgence ou les circonstances, et profitait d’un degré de technicité et d’élaboration très variables. Globalement, le graffiteur ne préméditait pas son acte. Ainsi, il n’avait pas d’autre choix le moment venu que d’utiliser les outils à sa disposition (le ciseau du prisonnier) ou de faire ses fonds de poches (le crayon du visiteur).

Les graffitis des soldats qui furent les premiers occupants des lieux, sont d’abord présentés dans la première partie du parcours. Ces graffitis, parmi les plus anciens relevés dans le monument, sont aussi les plus rares et les plus difficiles à identifier.

Viennent ensuite les graffitis des prisonniers, datés pour la plupart du XIXe siècle. Deux mémoriaux réalisés par les détenus eux-mêmes en 1848 et 1871, avec l’accord de l’administration pénitentiaire, immortalisent notamment les noms des personnes incarcérées dans le château ces années-là.
Enfin, les graffitis des visiteurs sont mis en avant. Pour être plus précis, l’exposition s’intéresse aux graffitis des visiteurs-lecteurs car il s’agit de mettre en lumière ici les graffitis laissés par les lecteurs du Comte de Monte-Cristo. Ce corpus de graffitis, dont l’étendue et la quantité sont les caractéristiques principales, est également le plus compliqué à exploiter.

© N.Ammirati

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Les installations de Madame

L’amour

Avec des collages de textes et d’images, Madame déconstruit dans son travail l’iconographie ancienne pour la faire parler (d’)aujourd’hui. C’est dans ce cadre qu’elle évoque au château d’If l’isolement et la solitude, propices à l’évasion des sentiments et à leur proclamation.
 
Prenant la forme d’un mur de boites de carton,
l’installation de l’artiste s’articule autour de la
phrase « De guerre lasse le cœur rend, parfois, la
raison qu’il tenait si bien séquestrée ». Le mur,
sur lequel cette citation est contrecollée en noir et blanc, s’ouvre par endroit sur un autre collage, en couleur, dans un jeu de plans et en écho à la notion d’enfermement. Les visiteurs doivent, pour découvrir ce que renferment les boites colorées entrouvertes, reproduire le geste des prisonniers qui se penchent aux fenêtres pour recueillir des bribes d’information. Agrémentée d’éléments sonores diffusant des bruits d’oiseaux et de nature, cette expérience leur apporte alors une autre idée du sens de l’œuvre et contribue à une visite émotionnelle du monument.

Le temps

« Dans les lieux d’enfermement, le temps, qui semble manquer à l’extérieur, semble se dilater, se distendre et transformer les perceptions.
Ce qui est intéressant au château d’If comme dans tous les lieux d’enfermement, c’est le temps qui est donc consacré aux petits riens, aux choses imperceptibles. La moindre échappatoire apparaît comme une évasion, celle de l’esprit comme celle du temps.
Aussi, le fait de graver dans la pierre ou encore le bois dans de tels lieux a un rôle paradoxal, celui de faire passer le temps plus vite par le biais d’une activité manuelle dans laquelle le cerveau s’évade, mais aussi, celui de figer le temps, et de graver dans une matière pérenne un instant. Le temps devient ainsi messager et fardeau, faisant se muer les mots en paroles, en gravures et donc en témoignage... » Madame

© N.Ammirati

Les Mots d’angle de Marie Chéné et David Poullard

Les artistes Marie Chéné et David Poullard explorent le château d’If à l’aide d’un matériau plastique : le langage écrit. Ils s’appuient sur l’architecture du lieu, y collent, se servent des angles des murs pour ouvrir les mots en deux et regarder dedans. Alors ils trouvent : « trou vent », « enfer mer », « os tentation », « sec onde ». Tout un « uni vers ». Le dialogue s’ouvre entre les mots et l’espace, ils se révèlent l’un l’autre. En inscrivant ces mots d’angle à même la pierre, la plasticienne et le typographe accompagnent ainsi le visiteur du château d’If à travers un univers, tout à la fois, visible et invisible.
La peinture agricole utilisée pour réaliser ces inscriptions a été choisie en lien étroit avec le monument afin de respecter la pierre du château. Elle disparaît à l’aide d’un solvant non toxique.

© N.Ammirati

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D’If-formes de Lionel Briot

Revendiquant un lien particulier avec le château d’If, le photographe Lionel Briot présente dans le cadre de l’exposition « Un amour de graffiti », du 22 mai au 4 novembre, le fruit de ses prises de vue « D’If-formes ».
Exposé dans la tour Saint-Jaume, son travail dans le monument a pour fil rouge de documenter des fragments de graffitis. Venant mettre en avant certains détails comme les incisions, les rayures, les empreintes, ou les griffures, il photographie ainsi les traces éphémères entre passé et futur, avec l’éternité comme mesure.
Face au mur, Lionel Briot, qui est obsédé par la matière et le graffiti, attend la lumière qui crée les ombres. Les graffitis se révèlent alors en tant que formes qui prennent vie et hantent la surface.

Infos pratiques

Infos pratiques

Château d’If
Embarcadère Frioul If Express

1, quai de la Fraternité
 13001 Marseille

Tél : (33) (0)4 91 59 02 30 - (33) (0)6 03 06 25 26

Horaires d’ouverture
Du 2 avril au 30 septembre Ouvert tous les jours 10h-18h

Tarifs
Plein tarif 6 €, réduit 5€, gratuit - 18 ans

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