Les infinies variations de lumières de Harry Callahan

du 16 mars au 21 juillet 2019

Publié le 18 mars 2019 Mis à jour le 18 mars 2019

Le musée Granet s'associe à la Maison Européenne de la Photographie (MEP) pour présenter en près de 90 clichés, les travaux du grand photographe américain Harry Callahan.

Cette exposition revêt pour le musée Granet une importance particulière tant par l'esthétique de ces photos – de grand aplats noirs, des points de vue singuliers de la ville d'Aix, une esthétique du vide - que par le sujet traité et son aspect documentaire. En effet, on y découvre une ville vidée de ses habitants dans laquelle Callahan capte d'infinies variations de lumières, joue des ombres portées sur les façades historiques... Dans ces photographies, Aix-en-Provence se mue en cité de l'ombre : le cours Mirabeau est plongé dans la nuit noire où ne subsistent que quelques points luminescents... Les abords de la Sainte-Victoire et de la campagne aixoise échappent eux aussi aux clichés traditionnels d'Aix et de la Provence en général.

Ne ratez pas le tableau tactile, en début d'exposition, qui vous permettra de visualiser les rues d'Aix-en-Provence photographiées par Callahan et les mêmes plans à l'heure actuelle...bluffant !

Cette exposition « Harry Callahan, French archives 1957 – 1958 », présentée au niveau 2 du musée Granet est une proposition supplémentaire offerte par le musée aux visiteurs de l'exposition « Traverser la lumière » qui s'achève le 31 mars. Elle sera visible jusqu'au 21 juillet, période de la grande exposition estivale « Fabienne Verdier sur les terres de Cézanne » (21 juin – 13 octobre)

© N.Ammirati

Les photos de la collection

En 1956, Harry Callahan (1912-1999) dirige le département de photographie de l’Institute of Design de Chicago. Il reçoit alors une bourse de la Fondation Graham pour réaliser le projet de son choix. Un moment tenté d’utiliser cet argent pour aller au nord du Michigan, Callahan prend une année sabbatique et, sur les conseils d’Edward Steichen, voyage en Europe avec sa femme Eleanor et sa fille Barbara, alors âgée de 7 ans. Après deux mois en Allemagne, il séjourne à Aix-en-Provence de septembre 1957 à juillet 1958.

C’est un total dépaysement pour celui qui n’a jamais quitté le nord des États-Unis. Bien que découvrant pour la première fois l’Europe et le « pittoresque » de cette petite ville française (ce sont ses propres mots), Harry Callahan nous donne à voir dans les images réalisées à Aix-en-Provence, la même rigueur et les mêmes préoccupations esthétiques que dans celles prises précédemment à Chicago et dans le Middle West américain : son rapport à la ville et à l’architecture, ses photos de rues dont les silhouettes furtives sont le plus souvent féminines, son approche minimaliste de la nature et, bien sûr, la présence constante d’Eleanor, son épouse. Passant d’une métropole américaine et des vastes territoires du Michigan et du Wisconsin à une petite cité du Sud de la France, Harry Callahan ne cesse de revisiter son travail et de perfectionner ses obsessions graphiques. Il photographie le matin et consacre ses après-midi aux travaux de laboratoire, comme il l’a toujours fait.

Callahan ne s’intéresse ni à la riche architecture d’Aix-en-Provence ni à son patrimoine historique, mais trouve dans ses rues, ensoleillées même en hiver, le théâtre idéal pour ses recherches sur l’ombre et la lumière et le graphisme des façades ordinaires. Du cours Mirabeau, vaste esplanade bordée d’hôtels particuliers du XVIIIe siècle, ornée de riches fontaines et de platanes, il ne retient que des figurines minuscules émergeant d’un noir intense et profond.

© N.Ammirati

Les images produites par Harry Callahan à Aix-en-Provence constituent l’un des rares cas où un maître de la Street Photography américaine se confronte, dans les années 1950, au décor d’une petite ville européenne avec ses rues étroites et ses modestes boutiques, gardant une distance certaine face aux habitants de la cité. Il se dégage des French Archives une poésie froide et distanciée sans aucune nostalgie.

Quant aux études de nature, elles ont pour certaines été réalisées dans le jardin de la maison qu’il occupait sur la route de la montagne Sainte-Victoire, chère à Cézanne. Callahan y poursuit son approche minimaliste du paysage, privilégiant les motifs resserrés, et prolongeant ses recherches expérimentales et formelles – Callahan a enseigné à l’Institut of Design de Chicago, émanation du New Bauhaus de Moholy-Nagy qui l’avait engagé en 1946 –, en utilisant pleinement les ressources du médium photographique pour traduire ses propres sensations. Il avait déjà réalisé des surimpressions, mais la symbiose entre les paysages de Provence et le corps d’Eleanor fut pour lui une véritable révélation et il s’attacha à en décliner de multiples variations. Interrogé sur ces images, Harry Callahan a répondu que chaque fois qu’il regardait le paysage, il pensait à Eleanor.

Harry Callahan a confié dans quelques rares entretiens, combien son séjour à Aix-en-Provence avec sa femme et sa fille, fut un moment de plénitude et de plaisir absolu. À propos de ce voyage, le premier qu’il entreprend à l’étranger, il déclarera : “Je sais juste que, d’une manière ou d’une autre, l’Europe a eu sur moi une influence décisive.”

Des liens forts unissaient Callahan et la MEP

Callahan entretenait des liens d’amitié avec la Maison Européenne de la Photographie, dont il découvre le chantier en 1994. Il décide alors de revisiter ses archives personnelles, en compagnie de son ami et galeriste Peter MacGill et sélectionne 130 tirages originaux (la plupart inédits) qu’il rassemble sous le nom de "French Archives", pour les offrir au musée. Ce premier geste de soutien et de confiance d’un grand photographe américain marqua incontestablement une étape importante dans la constitution de la collection de la MEP.

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