Le Musée départemental d’Arles Antique renoue avec ses origines romaines

Mis à jour le 9 avril 2019

L’inépuisable richesse des monuments que livre le sol de la ville d’Arles est sans doute l’un des facteurs qui a éveillé très tôt la curiosité et l’intérêt de toute une population. Arlésiens, voyageurs, érudits multiplient les regards autour de ces vestiges parfois mystérieux qui ponctuent le quotidien des uns, le souvenir où les dissertations savantes des autres. Dès le XVIe siècle, amateurs, curieux, antiquaires arlésiens constituent de véritables cabinets de curiosité.

En 1614, s’organise à la « Maison commune » la première présentation d’une collection publique d’antiquités. La conscience patrimoniale publique s’affirme au XVIIe siècle, lorsqu’un arrêté ordonne que le produit de toute découverte soit déposé en ce lieu. La construction de l’Hôtel de ville offrit un espace d’exposition privilégié dans le hall d’entrée qui abrita la première collection publique de la ville, augmentée de trouvailles mais aussi d’acquisitions parmi lesquelles le torse de Mithra, en 1723. C’est ainsi que des œuvres majeures, aujourd’hui exposées au musée, telles l’autel de la Bonne Déesse (1758) ou la statue de Médée ont été préservées.

Une extension obligatoire

Par ailleurs, des « jardins d’antiquités » s’organisent en musée de plein air. C’est le cas de la « maison aux deux colonnes » construite à l’emplacement du théâtre et dont l’accès au public sera toujours protégé, mais aussi du célèbre site des Alyscamps où le Père Minime Etienne Dumont, créa dès 1784, un véritable Museum. Les collections s’enrichissant au gré des découvertes et réhabilitations, c’est en 1826 que l’ensemble des antiquités fut transporté dans l’église Sainte Anne. En 1936, le manque d'espace conduit à l'annexion de la chapelle des Jésuites : les collections païennes et chrétiennes sont arbitrairement dissociées. La création d'une institution muséale adaptée les réunit en 1995 au sein du musée de l'Arles antique. En 1968, le conservateur des Musées d'Arles, Jean-Maurice Rouquette, élabore le projet d'un nouveau musée destiné à réunir l'ensemble des collections archéologiques arlésiennes en un seul lieu.

Un site historique

Le projet du musée alors élaboré envisage de réunir des services complémentaires: en plus du service de la conservation et du service des publics, un atelier de restauration de mosaïques ainsi qu'un laboratoire d'archéologie sont prévus. Le nouveau musée devait autoriser le dépôt dans de bonnes conditions de l'ensemble du mobilier archéologique arlésien et la présentation des collections dans toute leur diversité.

Le choix de l'implantation de l'établissement, guidé ainsi par le besoin d'espace, s'est porté sur la périphérie sud-ouest de la ville, site retenu déjà dans l'Antiquité pour l'édification du cirque, bâtiment de spectacles ordinairement situé extra-muros en raison de ses vastes dimensions. La nouvelle localisation permet ainsi au musée de marquer l'entrée urbaine, celui-ci étant visible depuis l'une des grandes artères de circulation, et surtout d'entretenir un dialogue avec le centre historique par la proximité immédiate des vestiges du monument antique.

A la fin du Néolithique, la pratique des inhumations collectives se généralise mais alors que l'habitat reste constitué de matériaux légers et périssables, certaines tombes construites en dur atteignent des proportions monumentales.

Ainsi, les célèbres monuments de Fontvieille, connus sous le nom « d' hypogées d'Arles » comptent-ils parmi les plus grandes tombes mégalithiques d'Europe. Au nombre de quatre, ces hypogées creusés dans le rocher et signalés en surface par des tumulus de terre de forme circulaire, sont constitués de longues chambres funéraires, recouvertes de sept à huit dalles selon la taille.

Fouillées, ces tombes ont livré un mobilier varié témoignant d'une utilisation au néolithique comme au chalcolithique: des haches en pierre polie, des éléments de parure mais aussi deux vases campaniformes à décor au peigne, une perle et une plaquette en or perforée, un poignard en cuivre.

Aux origines de la cité romaine

Les textes anciens rapportent deux noms successifs pour la cité pré-romaine : Theline et Arelate. Theline serait un terme d'origine grecque signifiant « La Nourricière » et Arelate, plus d'origine celtique, « L'habitat près des Marais ». Ces deux appelations montrent que la cité fut en contact avec des cultures différentes.

La céramique d'origine grecque retrouvée à Arles confirme les relations existantes, notamment avec les commerçants grecs de Massalia.

Quelques indices archéologiques, comme un certain type de vaisselle, révèlent l'accentuation de la culture indigène dans la vie quotidienne.

La colonie romaine d'Arles, fondée en 46 av. J.-C., se dote sous Auguste d'un premier plan d'urbanisme, caractérisé par un système de quadrillage dans lequel s'inscrivent les monuments publics.
Les rues sont organisées autour de deux axes principaux, le cardo (nord-sud) et le decumanus (est-ouest).
Le forum, centre politique et religieux, le théâtre ainsi qu'une enceinte donnent ainsi à la ville l'aspect d'une cité romaine.

A la fin du Ier siècle, l'enceinte est en partie démolie afin de permettre la construction de l'amphithéâtre.
Vers 150, le cirque romain est érigé le long du Rhône, à l'extérieur des murailles.

Des maquettes plus vraies que nature

Les collections du Musée départemental de l'Arles antiques sont organisées autour de dix maquettes, qui facilitent la mise en contexte du mobilier archéologique découvert dans certains grands sites.

Elles présentent: Arles au IVe siècle, des monuments disparus mais aussi certains dont l’état de conservation rend difficile l’interprétation.

Que ce soit des monuments en partie démontés ou non accessibles

Si des détails demeurent obscurs, une grande rigueur scientifique a permis aux deux maquettistes d'intégrer au réalisme de leurs maquettes les découvertes archéologiques récentes.

C'est par des expositions de ce genre que le musée a gagné ses lettres de noblesses en devenant l'une des références du genre antique.

Fabien Cassar

Infos pratiques

Musée Départemental Arles Antiques
Presqu'île du cirque romain
BP205 - 13635 Cedex Arles
Tél: +33 (0)4 13 31 51 03

Musée ouvert tous les jours de 10 à 18h
FERMÉ LE MARDI et Fermeture : 1er janvier, 1er mai, 1er novembre et 25 décembre

Entrée plein tarif : 8 € ( Expos temporaires + collection permanentes )
Entrée tarif réduit : 5 €
Gratuit tous les 1er dimanche du mois

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