Le Monde tel qu'il va...au J1

du 1er novembre 2017 au 7 janvier 2018

Publié le 31 octobre 2017 Mis à jour le 29 juin 2018

Le MJ1 et les Rencontres d’Arles prolongent l’été avec huit expositions en entrée libre au J1 à Marseille.
Plus nous pensons les pays fermés, enfoncés dans des crises politiques ou économiques, et plus les photographes sont là. Ils révèlent, racontent, témoignent, inventent, réparent, reconstruisent, avec leur propre langage, celui de l’image. Ils sont les décodeurs des signes annonciateurs des sociétés en plein bouleversement.

Venez partager ce goût de l’ailleurs et retrouvez les grandes expositions qui, cet été, ont marqué les Rencontres d’Arles avec 40 photographes qui s’interrogent sur l’état du monde.
Le monde tel qu’il va ! vous propose un voyage des rives du Bosphore aux zones frontalières subsahariennes, du territoire divisé de Chypre à la Libye déchirée entre la guerre et les réfugiés.

En apnée, vous plongerez dans le monde qui se noie de Gideon Mendel ; de la crise climatique à la crise alimentaire, vous réfléchirez avec Mathieu Asselin au cas Monsanto ; de l’utopie pavillonnaire à l’urbanisation galopante d’Ankara, l’architecture ne sera pas en reste ; du local au global, La Vuelta vous guidera au coeur de la scène colombienne, lorsque l’espoir revient après soixante ans de luttes armées.
Le monde tel qu’il va ! est une plongée radicale au coeur d’une géopolitique complexe et bouillonnante.

Voici une semence transgénique de Monsanto © N.Ammirati

Mathieu Asselin © N.Ammirati

DAVID BAKER, 65 ANS, DEVANT LA TOMBE DE SON FRÈRE TERRY. TERRY BAKER EST MORT À 16 ANS D’UNE TUMEUR DU CERVEAU ET D’UN CANCER DES POUMONS CAUSÉS PAR L’EXPOSITION AUX PCB. À ANNISTON, LE NIVEAU MOYEN DE PCB EST VINGTSEPT FOIS SUPÉRIEUR AU NIVEAU MOYEN DU PAYS. CIMETIÈRE D’EDGEMONT, WEST ANNISTON, ALABAMA, 2012. AVEC L’AIMABLE AUTORISATION DE L’ARTISTE © N.Ammirati

MATHIEU ASSELIN

MONSANTO : UNE ENQUÊTE PHOTOGRAPHIQUE

Parmi les sites américains qui ont priorité auprès de l’Agence de protection de l’environnement des États-Unis en raison de leur haut niveau de contamination, des dizaines ont été pollués par le seul géant Monsanto. Ces sites pollués affectent plusieurs centaines de communautés et leur environnement, et ont un impact désastreux sur la santé et l’écologie.

Monsanto a conservé des liens étroits avec le gouvernement américain, en particulier avec la FDA (l’Agence des produits alimentaires et médicamenteux), mais pas seulement : l’entreprise a pour alliés bien d’autres acteurs politiques et économiques dans le monde entier. Il lui est reproché de se livrer à des campagnes de désinformation et de poursuivre toute institution ou personne – chercheurs, agriculteurs et activistes – qui oserait révéler ces agissements. Et tandis que Monsanto poursuit l’expansion de nouvelles technologies et de nouveaux produits, des scientifiques, des organisations environnementales et de défense des droits de l’homme tirent la sonnette d’alarme, préoccupés par la santé publique, la sécurité de l’alimentation et la durabilité écologique, autant d’enjeux déterminants pour notre avenir sur cette planète.

La situation est particulièrement préoccupante depuis que Monsanto a créé et commercialisé il y a maintenant vingt ans les OGM au mépris de notre environnement. Explorant le passé et le présent, cette enquête s’emploie à donner un visage à ce que pourrait bien être le futur aux côtés de Monsanto.

Photos de Gidéon Mendel © N.Ammirati

GIDEON MENDEL JEFF ET TRACEY WATERS, STAINES-UPON-THAMES, SURREY, ROYAUME-UNI, FÉVRIER 2014, SÉRIE PORTRAITS SUBMERGÉS. AVEC L’AIMABLE AUTORISATION DE L’ARTISTE.

GIDEON MENDEL

GIDEON MENDEL

UN MONDE QUI SE NOIE

Un monde qui se noie explore la dimension humaine du changement climatique en se concentrant sur les inondations par-delà les frontières géographiques et culturelles. Plutôt que d’entreprendre une description littérale des zones sinistrées, Gideon Mendel se concentre sur l’impact personnel que peuvent avoir les inondations afin d’évoquer notre vulnérabilité commune face au réchauffement climatique et d’interroger notre idée de la stabilité dans le monde.

Un monde qui se noie est constitué de quatre séries reliées entre elles. Portraits submergés est constituée de portraits intimes des victimes des inondations. Si leurs poses peuvent sembler conventionnelles, le contexte est celui de la catastrophe et le trouble de leurs regards suffit à nous interpeller profondément.

La série Ligne de crue s’intéresse quant à elle aux marques laissées par les eaux, surtout dans les espaces domestiques, qui présentent ce paradoxe d’une impression d’ordre et de calme au beau milieu du chaos.
La série Traces d’eau, enfin, consiste en des agrandissements de clichés personnels abîmés par les inondations, qu’il s’agisse de photographies anonymes pêchées dans l’eau ou bien données par leurs propriétaires. Avec les inondations, l’interaction chimique avec l’eau – ironiquement essentielle pour développer des photographies – a transformé ces souvenirs privés en autant de métaphores de notre vulnérabilité partagée face aux troubles environnementaux.
La vidéo d’Un monde qui se noie, intitulée « Les chapitres de l’eau », explore la tension existant entre le moment photographique figé et le mouvement perpétuel et l’incertitude propres aux environnements dystopiques postinondation. Chacun de ces neuf chapitres traite d’une inondation spécifique dans un pays.

Juan OBANDO - Bogota, 1980 © N.Ammirati

Juan Pablo ECHEVERRI - Bogota 1978 © N.Ammirati

LA VUELTA

27 PHOTOGRAPHES & ARTISTES COLOMBIENS

La Vuelta présente le travail de vingt-sept artistes de différentes générations. Appartenant aussi bien à des genres traditionnels de la photographie qu’à des pratiques expérimentales fondées sur la recherche, les projets sélectionnés explorent les mutations du paysage culturel, social et politique des identités, des valeurs et des croyances, et interrogent les notions de classe, d’identité, de survie économique, ainsi que l’histoire du conflit armé qui a duré soixante ans et qui a alimenté le trafic de drogue.

L’exposition s’articule autour de quatre axes conceptuels : histoire/mémoire, lieu/territoire, nature/culture et identité/ représentation, regroupés en quatre sections.
Souvenirs subjectifs aborde l’expérience du conflit armé qui n’a fait que perpétuer une culture de la violence politique en Colombie au cours des six dernières décennies.

Santiago FORERO - Bogota 1979 © N.Ammirati

Paulo LOCONA - Tunja 1977 © N.Ammirati

Cartographies urbaines explore le dialogue entre les artistes et la mobilité urbaine, de la mémoire des lieux aux paysages socio-économiques des villes latino-américaines d’aujourd’hui.
Nouvelles cultures de la nature interroge la division entre nature et culture à travers les enquêtes historiques et la recherche scientifique.
Enfin, Nouvelles cultures de l’image se penche sur la construction sociale des identités et des représentations culturelles à travers la réponse critique des artistes à la manière dont les médias et les réseaux sociaux influencent la perception des identités raciales, sexuelles et de genre.

Le titre de l’exposition, La Vuelta, est emprunté à une oeuvre de Juan Fernando Herrán. Dans son travail, le terme vuelta, tiré de l’argot colombien, renvoie à une activité illégale : vol, meurtre, trafic de stupéfiants ou d’armes. Dans le cyclisme et d’autres sports, la vuelta est une course par étapes qui fait le tour d’un pays ; l’exposition est ainsi présentée comme la visite d’un pays au prisme de sa production artistique. Enfin, le terme vuelta suggère un retour, un come-back, au moment où la Colombie entre dans une nouvelle ère après la conclusion d’un accord de paix avec le groupe insurgé des FARC. Vuelta exprime donc autant la tension de l’attente que la possibilité d’un renouveau – un mot riche de sens, et particulièrement pertinent pour tous les thèmes abordés.

PHILIPPE DUDOUIT AUTOROUTE DE LA COCAÏNE, RÉGION DE LA PASSE DE SALVADOR, NORD NIGER, 2013. AVEC L’AIMABLE AUTORISATION DE L’ARTISTE ET DE LA EAST WING GALLERY.

PHILIPPE DUDOUIT OUBARI, SUD LIBYE, JUIN 2015. VÉHICULE D'UNE MILICE TOUAREG LIBYENNE. AVEC L’AIMABLE AUTORISATION DE L’ARTISTE ET DE LA EAST WING GALLERY.

PHILIPPE DUDOUIT

THE DYNAMICS OF DUST (LA DYNAMIQUE DE LA POUSSIÈRE)

Présenté à Arles dans le cadre du Nouveau Prix Découverte par la East Wing Gallery, Dubaï, Émirats Arabes Unis.

À partir d’un travail de recherche, de documentation et d’analyse approfondi sur le plan historique, géopolitique et cartographique, Philippe Dudouit propose une étude photographique à long terme sur l’évolution sociopolitique de la zone sahélo-saharienne depuis 2008.

Il documente les relations nouvelles que les nomades autochtones historiques de la région ont forgées dans un territoire sur lequel ils ne peuvent désormais plus se déplacer en sécurité. Ancien paradis touristique désormais inaccessible aux étrangers en raison du développement d’un business de l’enlèvement, la situation économique s’est encore aggravée, privant une grande partie de la population d’un revenu essentiel.

À première vue, la montée du terrorisme islamique dans la région est la cause de ces maux, mais la réalité est bien plus complexe et la zone doit désormais faire face à un mélange explosif de sous-développement, de pauvreté et de défaillances étatiques. La nouvelle donne combine islamistes armés, trafiquants d’êtres humains, de drogue et d’armes, et une rivalité internationale pour remporter les concessions d’exploitation de pétrole, d’or et d’uranium. L’absence de vision politique pour le futur de la région écrit le scénario d’une génération sacrifiée.

Le travail de Philippe Dudouit combine des techniques hybrides qui mêlent prises de vue à la chambre grand format et usage de technologies numériques, mais aussi une sensibilité documentaire innovante avec la réalisation de portraits in situ composés à la manière de tableaux.

MONIQUE DEREGIBUS © N.Ammirati

Monique Deregibus, extrait de "La Maison Chypre, 2009-2013".

MONIQUE DEREGIBUS

LA MAISON CHYPRE

Chacune des séries photographiques de la marseillaise Monique Deregibus, héritière d’une histoire du paysage conceptuel, est consacrée à des territoires spécifiques, tantôt proches ou lointains, manifestant toujours un fort intérêt pour les réminiscences inconscientes contenues dans le plan ainsi que pour les notions d’architecture et de territoire urbain. Ces espaces la plupart du temps consignés dans un travail éditorial, peuvent se lire comme formant le décor abandonné des tragédies humaines.

L’exposition La maison Chypre présente, à l’occasion de la sortie du livre éponyme, une version fac-similé de celui-ci, tel un ouvrage indéfiniment voué à sa propre reproductibilité. Au coeur de la répétition arrive la question de la découverte archéologique. Centrale dans le livre, à travers la présence blafarde de ces ossements que l'on exhume du passé, la recherche archéologique est apparue comme un point paradigmatique de l'histoire de l'île de Chypre, en miroir avec Pompéi et sa lente coulée de lave, et par extension avec tous les lieux de charniers du monde.

La première photographie du livre entre en porte-à-faux avec la loi et sa présence témoigne de l'interdit et de la confiscation quasi généralisée sur l'île. Il s'est agi de mettre à nu un dispositif de captation à travers lequel percevoir demeure toujours un acte voilé, interstitiel et lacunaire. Car le cadre de la photographie est étroit et limité, il étreint l'image, annulant du même coup un ensemble de formes et de causes dialectiques. Ainsi on ne cesse de regarder à travers, à travers des murs, des grilles, des meurtrières, des barbelés, on regarde en même temps que l'inertie des images l'impossibilité photographique de narrer l'Histoire.

SAMUEL GRATACAP CENTRE DE DÉTENTION POUR MIGRANTS DE ZAOUIA, 2014. AVEC L’AIMABLE AUTORISATION DE SAMUEL GRATACAP/GALERIE LES FILLES DU CALVAIRE. © N.Ammirati

SAMUEL GRATACAP © N.Ammirati

SAMUEL GRATACAP

FIFTY-FIFTY (LIBYE)

DÉCEMBRE 2014
J’arrive en Libye pour la première fois. Ras-Jedir, à la frontière tunisienne, puis la ville de Zouara, connue pour les départs et naufrages des bateaux de migrants qui partent pour l’Italie. Ceux qui vivent le fifty-fifty : la mort ou la vie.

À Zouara, je rencontre Younes, 26 ans, ingénieur en télécommunications et devenu fixer pour journalistes. Il est aussi combattant durant la guerre qui oppose l’ouest et l’est de la Libye (2014) divisée alors en deux gouvernements, l’un basé à Tripoli (Ouest), l’autre à Tobrouk (Est).
Lors de notre première rencontre, Younes me pose une question à la fois bouleversante et pertinente : « Tu es là pour les migrants ou pour la guerre ? »
Bouleversante car elle démontre les intentions des médias et l’intérêt qu’ils portent à l’égard de son pays.

2012 — 2014
Je réalise un projet en Tunisie dans le camp de Choucha, où je rencontre des réfugiés de la guerre libyenne, ce qui m’incite à poursuivre ma route en Libye. J’ai alors l’objectif d’entrer dans les centres de détention pour migrants et de revenir sur le lieu d’un naufrage identifié à partir d’une vidéo amateur (non datée) tournée par un pêcheur. Mes intentions premières sont ravisées par les aléas, les rencontres et les déplacements restreints qui déterminent la poursuite de mon projet.

2014 — 2016
C’est plus spécifiquement sur le littoral de la Tripolitaine que je me déplace entre Sabratha, Mellitah, Zaouia, Sourman, Tripoli, Misrata, Abougrain, Syrte. Cette région côtière est la plus peuplée en densité de population au kilomètre carré, la plus symbolique aussi dans le contexte de la révolution du 17 février 2011, porteuse d’espoirs rapidement balayés.
L’économie s’effondre, le pays est détruit. Les migrants, pour la plupart venus d’Afrique subsaharienne, voient dans la reconstruction de la Libye une opportunité économique, en attendant un retour dans leur pays d’origine ou une traversée vers l’Europe. Ces espoirs et ces rêves se heurtent à la situation chaotique du pays tandis qu’aucune issue politique au conflit ne se dessine.
La réalité est celle du trafic, de la traite : travaux forcés, viols, emprisonnements arbitraires, kidnapping et rançonnages. Pertinente, directe et sans détour car elle pose le contexte : une dissociation est-elle possible entre la guerre et le sort des migrants ? Je lui réponds que je suis là pour les migrants mais qu’il me sera difficile de passer à côté de la guerre, car sa propre ville est touchée par celle-ci au moment même où nous discutons.

Vincent Fillon, Sans titre, série Porosités de passages, 2014 Avec l’aimable autorisation de l’artiste

Bruno Fontana, Typologies, Évry, 2014 Avec l’aimable autorisation de l’artiste

LEVITT FRANCE

UNE UTOPIE PAVILLONNAIRE

Levitt France, une utopie pavillonnaire revient sur un projet ambitieux mené au début des années 1970 avec la construction de villages à l’américaine en Île-de- France. Cette entreprise peu connue, qui a contribué au modelage de la banlieue francilienne sous l’égide de la société Levitt France – du nom du fondateur de la suburb américaine William Levitt –, était porteuse d’une idée qui allait révolutionner la construction : la fabrication en série de maisons standardisées sur plusieurs hectares dans des délais très courts. Ces villages, au nombre de quatre, comptent jusqu’à 1 700 maisons.

Si le concept, pensé par Levitt, plaçait l’humain au coeur du dispositif (jardins sans clôtures, commerces, écoles), il ne lui permettait pas d’évoluer en dehors d’un carcan défini par des règles ; dans l’esprit du promoteur américain, l’absence totale de mixité sociale maintenait la paix collective. Malgré cela et par la recherche architecturale qu’impliquait la nouvelle technique de construction, le village Levitt est un modèle d’utopie.

Niyaziye Cami-i Serifi, realized 2015, Yenimahalle, Ankara, 2015, from the Brave New Turkey series. Courtesy of Uno Art Space/Hartmann Projects, Stuttgart

İvedik Yavuz Sultan Selim Cami, under construction, Yenimahalle, Ankara 2016, from the Brave New Turkey series. Courtesy of Uno Art Space/Hartmann Projects, Stuttgart

NORMAN BEHRENDT

BRAVE NEW TURKEY (NOUVELLE TURQUIE)

Présenté à Arles dans le cadre du Nouveau Prix Découverte par Le Uno Art Space, Stuttgart, Allemagne.

Brave New Turkey est un projet photographique visant à documenter les mosquées récemment construites dans un style néo-ottoman dans les paysages urbains d’Ankara et d’Istanbul.

Depuis 2014, Norman Behrendt se rend régulièrement en Turquie et visite les banlieues tentaculaires de ces deux villes. Le développement permanent et extrêmement rapide de projets de gratte-ciel dans ces banlieues est l’une des manifestations du boom économique et démographique qu’a connu récemment la Turquie. Ces chantiers gigantesques de construction d’habitations se sont accompagnés d’un second projet tout aussi gigantesque : la construction de mosquées. Le travail de Behrendt envisage ce phénomène comme le symbole d’un changement et d’un pouvoir qui dépassent les frontières géographiques du pays.

Restituer à la Turquie la splendeur de son passé ottoman et mettre un terme à la Constitution laïque d’Atatürk a constitué l’un des principaux objectifs de Recep Erdoğan depuis son arrivée au pouvoir en 2003, d’abord comme Premier ministre puis comme président doté de pouvoirs exécutifs de plus en plus importants. Grâce à l’essor économique récent de la Turquie, l’AKP a pu améliorer les services de santé, les infrastructures urbaines et la prospérité du pays en général, tout en faisant du contrôle des affaires religieuses l’une de ses priorités.
La « Diyanet » (ou « Présidence des affaires religieuses ») joue ce rôle et contribue à légitimer le retour du religieux en Turquie. Elle est devenue pour le gouvernement l’instrument privilégié de réforme du pays et d’intensification du contrôle de la population. La Diyanet est l’investisseur principal de milliers de mosquées récemment construites en Turquie et à l’étranger. Entre 1987 et 2013, le nombre de mosquées en Turquie est passé de 60 000 à 85 000, ce qui correspond à la construction d’à peu près 1 000 nouvelles mosquées par an.

Ces dernières attestent de l’évidence de l’influence politique de la Diyanet non seulement sur l’urbanisme mais également sur l’ensemble de la société turque. Brave New Turkey ne s’intéresse pas tant à l’architecture au sens classique du terme qu’à la manière dont elle représente le pouvoir et les idéologies. Elle est en effet le reflet d’une combinaison nouvelle de l’identité religieuse et de l’identité culturelle, dans un contexte où l’exclusion des minorités est constante, où l’offensive contre tous ceux qui partagent des convictions différentes est incessante, et où la question de la nature de l’identité turque demeure irrésolue.

FERNELL FRANCO - COLOR POPULAR

OH ¡ LATINA !

HISTOIRES COLOMBIENNES

11 projections qui offrent une cartographie de la Colombie en images et en musiques.
Durée totale de la projection : 45min

FERNELL FRANCO - COLOR POPULAR
Une importante partie de l'oeuvre du grand photographe est dédiée à Cali. Les photographies présentées, inédites, sont issues de la collection du musée La Tertulia.

KAREN PAULINA BISWELL - HOTEL DORANTES
Vaste palais de style Art Déco bogotanais reconverti en 1960 en hôtel, il a vu défiler une foule de personnages hauts en couleur.

RADIO MACONDO
Chronique d’un village à travers la vie quotidienne de trois personnages où se mêlent la réalité, l’illusion, la fantaisie.

NAMA BU
Fruit d’une collaboration avec la communauté amérindienne Embera Chamis.

LUIS MOLINA-PANTIN - NARCO-ARCHITECTURE
Luis Molina-Pantin nous emmène à travers les rues et les parcs de Bogotá et de Cali, depuis des castillos jusqu’à d’anciennes demeures de dealers. Une « narco-architecture » qui imprègne ces villes colombiennes.

JORGE SILVA - HIPPIES

KAREN PAULINA BISWELL HOTEL DORANTES

JORGE SILVA - HIPPIES
De la fin des années 1960 aux années 1980 à Bogotá : des pantalons pattes d’éléphant, des concerts de rock et des barrières qui tombent.

DAVID MEDINA - DIAGRAMS OF A WEIRD SCIENCE (7TH AVE., BOGOTÁ)
Une création à partir d’un algorithme qui emprunte des sons, mots et images de la septième avenue de Bogotá
pour redéfinir nos perceptions : d'étranges définitions pour des temps étranges.

LESLIE MOQUIN - HASTA ABAJO
De Carthagène à Barranquilla, les Picòs rugissent dans les quartiers populaires des Caraïbes colombiennes. Ces soundsystems sont les totems des soirées où l’on danse au son de la Champeta.

LUCA ZANETTI - ON THE BRINK OF PARADISE
Cartographie subjective sur les traces du conflit armé et des histoires multiples des différentes régions de ce pays.

FEDERICO RIOS - PACIFIC OCEAN SURFERS
C’est un tableau surréaliste : des vagues d’enfants afro-colombiens déferlent dans le Pacifique. Comme 80 % de la population de cette ville du Choco, ils surfent.

GUADALUPE RUIZ - NADA ES ETERN
La représentation de la famille constitue une part importante du travail de cette artiste colombienne, qui en interroge les stéréotypes. Son oeuvre soulève des questions relatives à l’identité et aux représentations sociales.

© N.Ammirati

© N.Ammirati

infos pratiques

ENTRÉE LIBRE

HANGAR J1 - QUAI DE LA JOLIETTE 13002 MARSEILLE

JOURS D'OUVERTURE

  • HORS VACANCES SCOLAIRES : VENDREDI, SAMEDI, DIMANCHE
  • VACANCES SCOLAIRES : DU MARDI AU DIMANCHE

HORAIRES
DE 10H À 18H

RENCONTRES-ARLES.COM
MJ1.FR

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