Kid Francescoli, amoureux transi

Publié le 23 juin 2017

Alors qu’il vient de livrer « Play Me Again », son quatrième album, Kid Francescoli est à l’affiche du festival Marsatac au côté de M Oizo ou Nicolas Jaar. Quelques jours avant de fouler la scène du Parc Chanot, il se confiait, dans son studio rue Paradis, sur sa musique pop, ses amours et ses inspirations. Rencontre avec cet artiste Marseillais qui tire son nom du célèbre joueur de foot.

Peux-tu retracer ton parcours pour ceux qui ne te connaissent pas ?

J’ai sorti mon premier album en tant que Kid Francescoli en 2006. Puis un deuxième en 2010. A l’époque, je n’étais pas encore musicien professionnel. Entre 2010 et 2014, j’ai accompagné Oh Tiger Moutain sur scène et c’est là que j’ai commencé à vivre de ma musique et à me professionnaliser véritablement. En 2014, après un voyage aux Etats-Unis, j’ai sorti «With Julia». Depuis, j’ai participé au projet Husband et j’ai sorti mon quatrième album «**Play Me Again **». On a commencé la tournée en espérant qu’elle soit aussi longue et intense que la précédente.

Comment as-tu rencontré Julia ?

En 2014, je suis parti à New-York pendant deux mois. J’ai eu la chance de donner quatre concerts dans des petites endroits et c’est à la suite d’un de ces concerts que j’ai rencontré Julia. On était exactement dans le même état d’esprit. Elle voulait aussi expérimenter des choses artistiques et faire des rencontres. On a donc commencé – avant toute chose – à faire de la musique ensemble.

Comment a évolué votre relation ?

On est tombé amoureux. Puis on s’est séparé, et on s’est perdu de vue. Il y a bien eu un ou deux ans avant qu’on se reparle. Un jour, on a repris contact en se disant qu’on voulait continuer à faire de la musique ensemble. J’avais déjà accumulé pas mal de choses de mon côté. Je lui ai fait écouter, elle a chanté par-dessus, et ça a fait mouche à chaque fois. C’est comme ça qu’est né «** With Julia** ».

L’amour c’est un sujet d’inspiration sans fin. Plus que l’amour c’est la frustration amoureuse qui engendre la créativité.

Et pour ton nouvel album, « Play Me Again », comment ça s’est passé entre vous ?

C’est un peu la suite de nos aventures à Julia et à moi. Suite à notre tournée, elle s’est installée en France. Et là on s’est dit qu’on voulait continuer à bosser ensemble. La fluidité de nos échanges et notre manière de composer ensemble a fini par grandir. En musique, quand quelque chose se fait naturellement, il ne faut surtout pas le freiner. Il faut aller dans ce sens car c’est rare d’avoir l’inspiration comme on a pu l’avoir sur « Play Me Again ».

De quoi il parle cet album ?

Encore une fois des relations amoureuses. Des doutes qu’elles engendrent. De la joie, de la mélancolie. Du jeu du chat et de la souris. Et puis du regard de Julia sur Marseille.

Le thème amoureux est un de tes thèmes de prédilection. Qu’est-ce que ça représente pour toi l’amour ?

L’amour c’est un sujet d’inspiration sans fin. Plus que l’amour c’est la frustration amoureuse qui engendre la créativité. Quand tu es avec quelqu’un et que tout se passe bien, c’est pas vraiment propice à l’écriture. Mais le fait de se retrouver, de se chercher c’est inspirant. L’amour c’est aussi quelque chose qui te transforme, qui te fait sentir que tu as quelque chose en plus, que tu es un peu différent.

Qu’est ce qui t’a influencé musicalement pour ce nouvel album ?

Musicalement, j’ai été très inspiré par le hip-hop et le RnB notamment sur « Bad Girls », « Pick Me Up » ou « From America », et par les musiques de films. Personnellement, j’écoute le plus de musique possible pour essayer de m’en nourrir.

Kid Francescoli - "Blow Up"

Quels morceaux t’ont particulièrement marqué quand tu as fait l’album ?

Je dirais d’abord « L$D (Love x $ex x Dreams)» d’Asap Rocky, qui est un véritable crossover entre du hip-hop et de la pop planante, assez magique. Et puis « Self Control » de Frank Océan, un morceau en deux partie plutôt magistral. Voir un artiste prendre un risque, ça te donne envie de faire pareil.

Comment fais-tu pour composer ?

Je viens tous les jours au studio et j’essaye d’enregistrer ce que j’appelle des boucles, c’est-à-dire des suites d’accord ou des thèmes – guitare, batterie, sifflet. Puis ça devient, à force de bosser dessus, et presque comme par magie, des chansons. Après c’est pas toujours la même chose, donc j’ai pas vraiment de méthode à proprement parler.

Husbands, ça en est où ?

On réfléchit à la suite. D’abord, on doit mener à bien nos projets solo mais ensuite je pense qu’on ressortira un album ensemble.

Quel regard portes-tu sur Marseille ?

A force de voyager, j’ai appris à vraiment apprécier la ville dans laquelle je vie, et tous les plaisirs qu’elle offre comme le fait de se baigner en fin de journée. Les voyages c’est bien mais le fait de jouer ici c’est encore mieux.

Et au niveau culturel comment trouves-tu qu’elle a évolué ?

Depuis 2013 et la Capitale de la Culture, les choses n’ont pas mal changées. Rien que sur le Vieux-Port, je vois, moi qui habite là-bas, la horde de touriste qui se dirigent tous les jours sous l’ombrière. Après, musicalement, il y a de plus en plus de DJs et plus en plus de choses qui se font. La ville évolue dans le bon sens. Faut arrêter de se comparer à Paris ou à New-York parce qu’on n’est pas ces villes-là. On est autre chose, et ça n’empêche pas qu’on soit très bien ici. On peut pas tout avoir de toute façon.

Comment on fait en tant qu’artiste pop pour se distinguer des artistes hip-hop à Marseille ?

Au début c’était difficile. Mais aujourd’hui, les gens écoutent tellement de styles de musique différents que y a plus de barrières, et donc plus besoin de se distinguer. Etre de Marseille ça nous démarque aussi d’une certaine manière par rapport aux artistes de Paris. Et puis on a réussi à créer une véritable petite scène marseillaise.

Un petit mot sur Marsatac ?

Je suis ravie de faire à nouveau partie de la programmation au côté de Nicolas Jaar ou M Oizo. C’est quand même des artistes extraordinaires et je remercie le festival pour ça.

Tu connais le Parc Chanot ?

Je n’y ai jamais joué et j’ai jamais vu de concerts là-bas mais je suis plutôt curieux. Les scènes sont plus grandes qu’à la Friche donc ça promet des concerts énormes et beaucoup plus de monde !

Quels sont tes projets ?

Je fini la tournée et puis je vais commencer doucement à bosser sur mon prochain album.

Pour plus d'informations: Kidfrancescoli.com

Propos recueillis par Sarah Barbier

Pour aller plus loin

11 octobre au 12 octobre
Fiesta des Suds
Electro

Fiesta des Suds

Marseille

Véritable institution des nuits d'octobre, l'événement marseillais perpétue cette identité sudiste à la fois atypique et universelle, festive et plurielle. Conjuguant les cultures sur tous les modes dans une atmosphère de festival planétaire et de grande fête populaire, la 27e Fiesta des Suds aimante les artistes qui subliment et les mélanges qui stimulent. Une invitation pour 3 nuits et une après-midi à dépasser les apparences autant qu'à sortir de sa coquille... La Fiesta des Suds change d'horizon et retrouve ses premiers amours en installant ses quartiers d'automne sur l'esplanade du J4, un site emblématique que l'événement avait investi en pionnier festif en 1994 et 1995. Ce retour aux sources du 11 au 13 octobre 2018 (mais aussi le 17 au Dock des Suds pour la Fiesta des Minots) signe un nouveau chapitre pour ce festival global qui bouscule une fois de plus les habitudes et reprend vue sur la mer pour attiser les envies d'ailleurs. Au programme : CAMILLE HYPHEN HYPHEN IBEYI MASSILIA SOUND SYSTEM OUMOU SANGARÉ JEANNE ADDED FAKEAR BALOJI GENERAL ELEKTRIKS GIRLS IN HAWAII DIRON ANIMAL RUMPUS & plus encore !

Top des Rooftops et lieux festifs à découvrir à Marseille cet été

Top des Rooftops et lieux festifs à découvrir à Marseille cet été

Besoin de profiter du soleil ? Pas de panique ! Voici une liste de rooftops et lieux festifs à Marseille. Du spot pour prendre un verre en admirant le coucher du soleil à celui où faire la fête toute la nuit, il y en a pour tous les goûts !

Agenda

Festivals

Festivals

Cinéma à Gardanne, Jazz à Marseille ou festival de théâtre à Salon-de-Provence : les festivals des Bouches-du-Rhône battent leur plein toute l'année.

Voir le guide Festivals
Nuit

Nuit

Où danser et écouter de la musique live en Provence ? Bars branchés, cafés-concerts : bons plans pour sortir dans les Bouches-du-Rhône.

Voir le guide Nuit
Concert - Opéra

Concert - Opéra

Des opéras de Marseille aux concerts lyriques au Grand Théâtre de Provence, retrouvez la liste des concerts et opéras des Bouches-du-Rhône.

Voir le guide Concert - Opéra
Tout l'agenda culturel

Autres articles

Marsatac colore l'été en rouge

Marsatac colore l'été en rouge

23 & 24 juin 2017

Cette année, changement : le festival revient en juin, accentué de multiples rendez-vous. Et déroule une programmation digne d'un tapis rouge musical.

Top des festivals à faire cet été en Provence

Top des festivals à faire cet été en Provence

Qui dit été dit festival de musique. Et dans le département, on ne peut pas dire que c'est le choix qui manque. Jazz, électro, musique du monde, reggae, classique, hip-hop, ... il y en a pour tous les goûts.

Le Vitrolles SUN Festival, le festival qui donne des couleurs

Le Vitrolles SUN Festival, le festival qui donne des couleurs

30 juin & 1er juillet 2017

Entre le trio infernal des Naïve New Beaters, la référence du reggae français Biga Ranx, l'écossaise Soom T, la déesse jamaïcaine Jah9, la révélation ROCKY et Papet J propulsé par le 149 band, avec le SUN l'été commence fort.

Le regard engagé de La France vue d'ici

Le regard engagé de La France vue d'ici

du 13 novembre 2018 au 10 février 2019

Née en 2014 pour dresser un état des lieux photographique de la France jusqu’en 2017, ce projet ambitieux vise à répondre à la nécessité de témoigner visuellement des mutations de la société française. Porté par le rendez-vous photographique ImageSingulières et Mediapart, elle regroupe 26 photographes, 4 journalistes et 46 reportages.

Traverser la lumière grâce aux peintres non figuratifs

Traverser la lumière grâce aux peintres non figuratifs

du 10 novembre 2018 au 31 mars 2019

Le musée Granet, institution phare de la ville d’Aix-en-Provence, présente sur près de 700 m2 et en plus de 100 peintures, une exposition rétrospective sur ce groupe d’artistes encore méconnu de l’art français d’après-guerre, représentants « la non-figuration ».

Georges Henri Rivière, voir c'est comprendre un monde en pleine transformation

Georges Henri Rivière, voir c'est comprendre un monde en pleine transformation

du 14 novembre 2018 au 4 mars 2019

La nouvelle exposition du Mucem s’attache à dresser le portrait d’un homme, Georges Henri Rivière, qui incarne à lui seul certains des aspects les plus marquants de la culture au XXe siècle.

Du désir et des rêves à La Criée en 2019

Du désir et des rêves à La Criée en 2019

Saison 2018 / 2019

La Criée va vous saisir, vous séduire et vous troubler avec une saison 2018/2019 de désir et de rêves, d'artistes inclassables, visionnaires, intuitifs et virtuoses qui écrivent une autre partition du monde plus vraie encore que celle du dehors si bruyante.

Chroniques des imaginaires numériques

Chroniques des imaginaires numériques

du 8 novembre au 15 décembre 2018

Pendant plus d'un mois, Chroniques, biennale des imaginaires numériques, s’installe à Aix-en-Provence et Marseille. Événement international dédié à la création contemporaine à l’ère numérique, Chroniques invite connaisseurs, curieux ou néophytes à explorer les voies de la Lévitation

Où commémorer le Centenaire de l’Armistice de 1918 ?

Où commémorer le Centenaire de l’Armistice de 1918 ?

Novembre 2018

De nombreuses manifestations sont organisés en Provence pour commémorer le Centenaire de l’Armistice de 1918.

Chagall un dialogue du noir et blanc à la couleur

Chagall un dialogue du noir et blanc à la couleur

du 1er novembre 2018 au 24 mars 2019

L'Hôtel de Caumont à Aix présente une dimension inexplorée de l’œuvre de Marc Chagall, célébré maître de la couleur par les artistes et les critiques de son temps. L’exposition, consacrée à la 2ème partie de sa carrière met en lumière son renouvellement artistique et révèle chaque étape de création de son œuvre à partir de l’année 1948 jusqu’à son décès, en 1985.

3 écomusées à visiter en Provence

3 écomusées à visiter en Provence

Mieux comprendre son territoire

Parce qu’il est important de savoir où on met les pieds quand on est en vacances et où l’on vit quand on est résident, visitez les 3 écomusées que nous avons dans les Bouches-du-Rhône.

C'est gratuit ! Les Tops du mois

C'est gratuit ! Les Tops du mois

NOVEMBRE 2018

Découvrez chaque mois notre sélection de spectacles, festivals gratuits à ne pas rater. Nos coups de coeur, nos incontournables et des idées de soirées originales.