Jean-Paul Belmondo, une vraie histoire avec Marseille

Publié le 4 juillet 2017 Mis à jour le 8 janvier 2019

Jean-Paul Belmondo, 84 ans, a accordé une interview exclusive à Accents de Provence, à son domicile parisien, pour évoquer “Marseille fête Belmondo”. Une rétrospective inédite organisée au Château de la Buzine, de juillet à novembre, en hommage à sa carrière et à celle de son père, Paul, grande figure de la sculpture française.

Sur le canapé, dans le salon lumineux d’un hôtel particulier, l’acteur Charles Gérard, l’ami de toujours, dévore les premières pages du quotidien L’Equipe. Jean-Paul Belmondo est assis à côté de lui, dans un grand fauteuil, avec ce sourire immense, dont il ne se sépare jamais. La gouaille n’est plus la même, mais «L’homme de Rio” se raconte avec une incroyable vivacité. D’un regard, il vous replonge dans ses plus belles aventures, dans ses plus belles histoires, celles qui l’ont porté sur le sommet du 7e art. Avec une simplicité et une gentillesse rares, la légende du cinéma français évoque ses passions, son rapport au cinéma, sa relation avec l’autre monstre sacré, Alain Delon et son désir de faire revivre la mémoire de son père.

Le musée Paul Belmondo consacré à l’oeuvre de votre père a ouvert à Boulogne-Billancourt il y a déjà 6 ans. Pourquoi ce projet vous tenait-il à coeur ?

Jean-Paul Belmondo : Nous nous sommes battus durant des années avec ma soeur Muriel et mon frère Alain pour que ce musée voie le jour, afin que l’oeuvre de notre père puisse être découverte par le plus grand nombre. On nous a longtemps promis beaucoup de choses, sans que cela ne se concrétise. L’ouverture de ce musée a été pour nous une immense fierté afin de pouvoir rendre hommage à notre père.

Le 30 juin prochain la ville de Marseille organise l’événement “Marseille fête Belmondo”. Quel lien avez-vous avec Marseille ?

J.-P. B. : J’ai une vraie histoire avec cette ville. J’ai tourné mon premier film à Marseille, avec un petit rôle. ça s’appelait “Drôle de dimanche”. Je me souviens, je descendais au Grand Hôtel Noailles, avec Arletty, Danièle Darrieux et Bourvil. On faisait la fête (rires) ! Et puis, il y a eu sept films tournés à Marseille, comme “Le Marginal”, “Un nommé La Rocca” et “Borsalino”. La première scène de “A bout de souffle”, c’était sur le Vieux-Port, ça laisse des traces. J’ai aussi fait des tournées en tant que comédien avec Galabru et Annie Girardot, mais je ne me souviens plus dans quel théâtre on avait joué… Mon père aussi avait ses habitudes là-bas, il venait souvent.

Votre père était un des grands sculpteurs français. Que vous a-t-il légué qui a compté dans votre carrière d’acteur ?

J.-P. B.: Mon père, comme ma mère d’ailleurs, m’ont d’abord appris la volonté, la persévérance. Dans le cinéma, on ne voulait pas de moi au début, mais j’y suis arrivé !

Comment expliquez-vous qu’aujourd’hui, vous restez l’acteur français le plus populaire ?

J.-P. B. : J’en sais rien (rire) ! Je crois qu’il n’y a pas de raison. C’est le naturel qui fait la différence. Et si je connaissais la recette, si je vous disais quel est mon secret, ce ne serait plus naturel d’ailleurs ! La popularité que j’ai acquise, je ne m’en suis rendu compte qu’il y a peu de temps. Je ne m’attendais pas du tout à ça. C’est la relation avec le public qui a construit ça. Cet amour-là, il est venu en fin de carrière et j’en suis très content !

On vous a vu très ému, récemment, lors de l’hommage qui vous a été rendu à la cérémonie des César. Qu’est ce qui vous apporte les plus grandes émotions aujourd’hui ?

J.-P. B. : C’est le public qui me porte beaucoup. Quand je vois des gens s’arrêter dans la rue, pour moi, ça me fait chaud au coeur. À 84 ans, cela me touche toujours autant. Et puis il y a les enfants et les petits enfants. Ça, c’est de l’émotion pure.

Vous ne vous êtes jamais engagé politiquement, à la différence d’autres acteurs. Pourquoi ?

J.-P. B. : Les acteurs jouent pour tout le monde. Je vote, j’ai mes opinions, mais je trouve que nous ne sommes pas dans notre rôle en nous engageant. Encore une fois, on joue pour tous les publics. On ne peut pas faire des clans quand les gens viennent vous voir au cinéma. Je pense que ça énerve les spectateurs quand on prend position.

Vous connaissez Marseille et sa région depuis plus de soixante ans. Comment analysez-vous leur évolution ?

J.-P. B. : Je crois d’abord qu’il y a moins de gangsters, non (rires) ? Oui, c’est plus calme. Mais il y a toujours cette vie, cette gaieté, malgré les drames qui peuvent toujours se produire. Vous n’avez pas eu d’attentat. C’est terrible de vivre ça. J’étais à Nice, le 14 juillet dernier, comment peut-on s’attendre à ça ?

Quels sont les acteurs que vous appréciez et dans lesquels vous vous retrouvez ?

J.-P. B. : Il y a de bons jeunes. Je pense à Jean Dujardin, à Albert Dupontel et à Guillaume Canet, j’aime cette génération. Ils ont envie de faire les choses eux-mêmes, ça me ressemble. Les trois sont venus me voir, on a discuté gentiment. Les acteurs français sont bons. Ce sont les scripts qui ne sont pas au niveau. Tourner avec Verneuil, passer aussi facilement du classique à la comédie, c’était extraordinaire.

Avec quels réalisateurs ou quels acteurs avez-vous aimé tourner ?

J.-P. B. : D’abord avec Georges Lautner, Jacques Deray, Philippe de Brocca et Henri Verneuil, on s’entendait vraiment bien. Jean-Luc Godard aussi, mais il était différent au début, il faisait vivre les personnages. Après, celui qui reste, c’est Jean Gabin. On n’a fait qu’un film ensemble, “Un singe en hiver”. Au départ, quand on ne se connaissait pas bien, il disait sur les plateaux : “Faites moi un jambon-salade”. Après, c’était plutôt : “Je vais prendre un petit whisky”. Il en prenait quelques autres... C’était le bon temps…

Pourriez-vous tourner dans un nouveau film ?

J.-P. B. : Un acteur ne doit jamais dire : “C’est la fin”, alors ce n’est pas fini. Si on me propose un film sur 14-18, dans un rôle de Poilu, je prends (rires) ! Mais je baigne toujours dans le monde du cinéma, je vois des films, des acteurs.

Vous êtes toujours ami avec Alain Delon ?

J.-P. B. : Oui, je le vois assez souvent, il n’y a pas d’animosité entre nous. Il m’a offert cette sculpture, là. C’est l’artiste qui a réalisé le christ rédempteur à Rio (il se tourne vers la cheminée et montre un bronze représentant un boxeur à genoux). C’est Georges Carpentier, au 4e round, contre Jack Dempsey. Un combat historique. Moi, je lui ai donné un tableau de Vlaminck. Je pense qu’il n’a pas perdu au change. En fait, il est content de ma réussite et je suis content de la sienne (rires) !

Propos recueillis par Romain Luongo

Pour aller plus loin

La Buzine Maison des Cinématographies de la Méditerranée
Lieu culturel

La Buzine Maison des Cinématographies de la Méditerranée

Marseille

Le Château de La Buzine est situé au cœur d’un vallon entre Saint-Menet et les Camoins, dans le 11ème arrondissement de Marseille. C’est à Henry de Buzens, noble propriétaire du domaine au XVII ème siècle, que le domaine doit son nom. Marcel Pagnol achète La Buzine en 1941. Son projet : en faire une Cité du Cinéma, et créer ainsi un véritable “Hollywood Provençal”. Il reconnaît le château dont le gardien et le chien effrayaient sa mère durant son enfance sur le chemin des vacances.... Après plusieurs années d’abandon, la Ville rachète le Château et confie la rénovation au Cabinet d’Architecture et d’Urbanisme Stern International qui lui redonnera vie, faisant cohabiter dans la pierre tradition et modernité. Aujourd’hui, le Château de La Buzine est un lieu unique dans le paysage culturel régional, vivant, et ouvert à tous. Dans un vaste parc de quatre hectares entouré de sept collines, le Château de La Buzine devient le visage de l’union entre histoire et art contemporain, nature et patrimoine. Cette « cité du cinéma », dotée d'une salle de cinéma, de salons de réception donnant sur les terrasses et le parc, d'un parcours scénographique, d'une bibliothèque, d'une vidéothèque, d'un espace restauration et d'une boutique souvenirs vous propose un nouvel espace de loisirs et de culture à Marseille.

Le château de la Buzine célèbre Belmondo

Le château de la Buzine célèbre Belmondo

Première mondiale, le Château de la Buzine accueille l’exposition « Il Bel Mondo di Belmondo » consacrée à la vie de Jean-Paul Belmondo, le célèbre acteur français passionné de photographies.

Où voir des films en plein air en Provence?

Où voir des films en plein air en Provence?

Ah l'été, son soleil, sa chaleur. Avec un temps pareil, pas question de s'enfermer dans une salle de ciné. Fort heureusement, des associations organisent des séances en plein air dans tous le département. L'occasion de découvrir des chefs d’œuvres du 7ème art comme des films méconnus.

Agenda

Expositions

Expositions

Art, histoire ou sciences naturelles : découvrez toutes les dates des expositions en Provence.

Voir le guide Expositions
Marseille

Marseille

Un film au Prado, une expo à La Friche Belle de Mai ou un concert au Dôme, sans oublier les festivals d'été et marchés d'hiver : tout l'agenda culturel.

Voir le guide Marseille
Projections - Cinéma

Projections - Cinéma

Et si on se faisait une toile sous les étoiles de Provence ? Listes les salles de cinéma et projections en plein air dans les Bouches-du-Rhône.

Voir le guide Projections - Cinéma
Tout l'agenda culturel

Autres articles

Les Élancées, 20 ans d’émotions partagées !

Les Élancées, 20 ans d’émotions partagées !

du 1er au 10 février 2019

Le festival des Arts du Geste Les Élancées revient et fête cette année ses 20 ans ! Une programmation exceptionnelle mêlant danse et cirque à découvrir sur l'ensemble du Territoire Istres-Ouest Provence ! 20 ans d'émotion en partage!

Une Nuit de la lecture pour le plaisir de lire et le goût des découvertes

Une Nuit de la lecture pour le plaisir de lire et le goût des découvertes

le samedi 19 janvier 2019

La Nuit de la lecture promeut, à travers des animations gratuites de toute nature, le plaisir de lire, le goût des découvertes, celui de l’échange et du partage.

Les Muséiques, concerts au coeur des musées

Les Muséiques, concerts au coeur des musées

du 20 janvier au 7 juillet 2019

Marseille Concerts vous convie, chaque mois, à des moments de musique dans les Musées de Marseille. Ces concerts gratuits, mariés aux expositions, proposent de mettre en avant les talents de notre département!

Suspense pour la Finale régionale des Inouis du Printemps de Bourges

Suspense pour la Finale régionale des Inouis du Printemps de Bourges

31 janvier & 1er février 2019

Venez découvrir en live ceux qui feront la scène de demain. 8 groupes PACA ont été sélectionnés sur écoute par un jury de professionnels et se présenteront sur scène pour une ultime étape en sélection live pour être sélectionnés au Printemps de Bourges en avril 2019, un véritable tremplin pour leur carrière ! Qui va gagner? Suspense...

Les Tops du Cirque

Les Tops du Cirque

du 11 janvier au 10 février 2019

Notre département accueille le plus grand festival de cirque du monde, alors on ne va pas passer à côté d'émotions à couper le souffle, d'émerveillements, de furieuse envie de s'envoler ! Découvrez notre sélection des spectacles de cirque à ne pas rater à l'occasion de la Biennale des arts du cirque et du festival les Élancées. Voici nos coups de coeur, nos incontournables, nos pépites partout dans le département.

Rachel Rache de Andrade et Guy Carrara, les équilibristes de joie

Rachel Rache de Andrade et Guy Carrara, les équilibristes de joie

Rachel Rache de Andrade est née à Rio, et Guy Carrara dans le Béarn. C’est dans le Sud qu’ils se sont rencontrés, pour ne plus jamais se quitter. Leur rencontre a bien sûr changé leur vie. Et la vie des arts du cirque en France et dans le monde.

Le TOP des Tops

Le TOP des Tops

JANVIER 2019

Découvrez chaque mois notre sélection de petits concerts, de pièces de théâtre, de fêtes traditionnelles, de spectacles de danse ou pour enfants et de petites expos à ne pas rater. Nos coups de coeur, nos incontournables, nos pépites et des idées de soirées originales.

La Pastorale Maurel à Allauch, "Qu'es acò" ?

La Pastorale Maurel à Allauch, "Qu'es acò" ?

Les samedis 19 & dimanches 20, 26 & 27 janvier 2019

Avec ses personnages aussi pittoresques que cocasses, cette pièce écrite en 1844 par Antoine MAUREL, revisite les grands moments de la Nativité en Provence, du réveil des bergers à leur arrivée à l’étable devant l’enfant Jésus.

La Biennale des Arts du Cirque, plus grand festival de cirque au monde !

La Biennale des Arts du Cirque, plus grand festival de cirque au monde !

du 11 janvier au 10 février 2019

Avec Archaos, dont la réputation n’est plus à faire lorsqu’il s’agit d’atteindre l’impossible dans l’éclectisme des écritures actuelles du cirque, l’émotion sera à la hauteur de l’engouement populaire.

Traversée des apparences

Traversée des apparences

du 12 janvier au 24 février 2019

Onze des artistes les plus marquants ou prometteurs du renouveau de la magie Nouvelle, pour une Traversée des apparences mystérieuse, poétique et festive. Une expérience visuelle, où résonance et silence répondent au burlesque et à l’absurde pour qu’il ne reste plus que l’expérience interactive ou immersive de la Magie elle même.

Top des petites Expos

Top des petites Expos

JANVIER 2019

Découvrez en avril notre sélection de petites expos à ne pas rater. Nos coups de cœur, nos incontournables, nos pépites, de petites surfaces ou des lieux insolites.

Top des pièces de Théâtre

Top des pièces de Théâtre

JANVIER 2019

Découvrez chaque mois notre sélection de pièces de théâtre, de spectacles dans des lieux insolites à ne pas rater. Nos coups de coeur, nos incontournables et des idées de soirées originales.