Jean Dubuffet, un barbare en Europe

du 24 avril au 2 septembre 2019

Publié le 18 avril 2019 Mis à jour le 30 septembre 2019

Peintre, écrivain, inventeur de « l’Art Brut », Jean Dubuffet (1901-1985) fut un acteur majeur de la scène artistique du XXe siècle.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, cet artiste insaisissable et polémique met en jeu une critique radicale de l’art et de la culture de son temps, en faisant de l’invention sans cesse renouvelée le pilier de la création et de la pensée. Empruntant à l’anthropologie, au folklore ou au domaine de la psychiatrie, il poursuit l’activité de décloisonnement opérée par les avantgardes de l’entre-deux-guerres, dynamite la croyance en un art supposé primitif et ouvre de nouvelles voies de création.

Cette exposition donne à voir comment Jean Dubuffet entremêle dans son oeuvre ses activités de peinture et d’écriture avec les recherches qu’il a consacrées à ce qu’il nomme l’Art Brut. Elle présente sa production artistique dans toute sa diversité, en s’attachant notamment à montrer les objets et documents issus des prospections qu’il a mises en oeuvre en visitant musées d’ethnographie ou d’art populaire, mais aussi diverses collections dédiées à « l’art des fous ».

Jean Dubuffet, Trinité-Champs-Élysées (série « Paris Circus »), 25-26 mars 1961. Huile sur toile, 115,8 × 89,7 cm. Fondation Gandur pour l’art, Genève © Fondation Gandur pour l’art, Genève. Photographe : Sandra Pointet © Adagp, Paris 2019. En 1961, Dubuffet revient à l’un de ses thèmes de prédilection, délaissé pendant les années 1950 : la ville, en particulier celle de Paris. Il y célèbre les devantures de magasin, les transports en commun et le règne de l’automobile, couvrant ses toiles de foules bigarrées et d’inscriptions diverses, comme ici celles de la ligne de tramway éponyme.

Robert Doisneau, Jean Dubuffet dans son atelier, 1951, photographie Collection Agence Gamma-Rapho © Robert Doisneau / GAMMA RAPHO

Jean Dubuffet, Réchaud four à gaz II, mars 1966, huile sur toile, 116 × 89 cm. Louisiana Museum of Art, Humlebaek, Danemark © Louisiana Museum of Modern Art. Donation : The Joseph and Celia Ascher Collection, New York © Adagp, Paris 2019. La série « L’Hourloupe », à laquelle appartient ce tableau, cherche à traduire l’ensemble du monde selon un même système formel. Dubuffet interprète ainsi tout un ensemble d’objets, dont ce Réchaud four à gaz, mais aussi paires de ciseaux, brouettes, arbres, maisons, livres ou encore personnages. Il espère ainsi montrer le fonctionnement arbitraire et conditionné du regard et proposer d’autres grilles de lecture du monde.

Entretien avec Baptiste Brun et Isabelle Marquette, commissaires de l’exposition

Comment faut-il comprendre le titre de l’exposition ? Jean Dubuffet est-il un « barbare en Europe » pour avoir balayé les valeurs dominantes de l’époque, ou alors ce titre évoque-t-il aussi son rapport aux cultures longtemps supposées « primitives » ?

Les deux ! C’est justement parce que Dubuffet interroge les valeurs de la culture occidentale de
son temps que l’on a choisi d’utiliser ce terme polémique de « barbare ». Cela fait référence à un livre du poète Henri Michaux, Un barbare en Asie, où ce dernier découvrait qu’en pays « barbare », dans une autre culture, c’était lui le « barbare ». Un effort de relativisation des valeurs semblable à la démarche de Dubuffet. Les deux hommes admiraient d’ailleurs leurs oeuvres respectives.

D’autre part, Dubuffet s’intéresse aux cultures extra-occidentales, longtemps supposées « primitives », mais conteste l’usage de ce qualificatif. Il réfute les notions d’« art primitif » ou de « culture primitive ». Pour lui, il n’y a pas de hiérarchie en art, il n’y a que de l’invention. Il considère que le « primitif » est une invention de l’Europe pour coloniser le monde.

Dans un musée comme le Mucem, qui interroge la porosité des cultures, il est intéressant que cette notion de « barbare », prédominante encore aujourd’hui, puisse être interrogée d’une nouvelle façon. À l’heure où la question des migrants ou des frontières fait débat en Europe, cette thématique paraît toujours pertinente.

Jean Dubuffet, Le Déchiffreur, 26 septembre 1977, collage de 28 pièces d’acrylique sur papier marouflé sur toile, 178 × 214 cm. Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne-Métropole. © Cyrille Cauvet Cette oeuvre est emblématique de la série des « Théâtres de mémoire » que Dubuffet entreprend à plus de 75 ans. Il s’agit de vastes assemblages de papiers peints et découpés qui tendent à évoquer le travail de la mémoire, là où correspondent dans un même moment des images et des sensations. Le personnage du déchiffreur, qui paraît aussi tel un défricheur, cherche à organiser, sinon comprendre le désordre au coeur duquel il se situe. Ne s’agit-il pas d’une métaphore de l’artiste lui-même ?

Jean Dubuffet, Le Métafizyx, août 1950, huile sur toile, 116 × 89 cm. Centre Pompidou, Paris - Musée national d’art moderne / Centre de création industrielle © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Jacques Faujour © Adagp, Paris 2019. Chef-d’oeuvre issu de la série des « Corps de dames », ce tableau met à mal la figure traditionnelle de vénusté (l’image de la femme comme image de l’art). En outre, le titre, où l’orthographe et le genre sont tordus, incite à une réflexion où l’idéalisme est mis en pièces au profit d’un matérialisme revendicatif. Dubuffet n’affirmait-il pas que le matériau est langage ?

Qu’est-ce que « l’Art Brut » ?

Pour Dubuffet, l’Art Brut concerne « des ouvrages réalisés par des personnes indemnes de culture artistique ». C’est aussi une appellation poétique, car « l’art », c’est tout le contraire du « brut ». Par cet oxymore, il nous rappelle qu’il est un écrivain, un inventeur dans le langage. Enfin, comme l’explique la chercheuse Céline Delavaux, l’Art Brut, c’est aussi le « fantasme » de Dubuffet : le fantasme de pouvoir créer à partir de ses propres impulsions sans aucune référence : une création pure.

L’Art Brut, c’est aussi une recherche. Une recherche d’objets, qu’il appelle des « ouvrages », terme pouvant recouvrir l’écriture, la peinture, la sculpture, la broderie, l’assemblage – toutes sortes de choses de grande invention –, qu’il va chercher par l’intermédiaire de ce qu’il appelle des « prospections ». Un mot proche du vocabulaire de l’ethnographie. Il va ainsi mettre en place un grand réseau de collectionneurs-rabatteurs dans les champs de la psychiatrie, des arts populaires, de l’ethnographie, qui vont lui permettre de réunir ce qui deviendra la Collection de l’Art Brut à Lausanne.

Le Triomphateur - Jean Dubuffet 1973 © N.Ammirati

Jean Dubuffet, Affluence, 22-23 mars 1961, huile sur toile, 89 × 116 cm. Collection Fondation Dubuffet, Paris © Fondation Dubuffet, Paris © Adagp, Paris 2019 Issue de la série « Paris Circus », qui célèbre la vivacité et l’agitation frénétique de la ville au coeur des Trente Glorieuses, Affluence représente une myriade de personnages que rien ne singularise. C’est une image de la foule, du commun des femmes et des hommes, que donne ici à voir le peintre.

Comment cette notion a-t-elle évolué depuis son « invention » par Dubuffet ?

La notion d’Art Brut apparaît à l’été 1945 lors d’un voyage en Suisse où Dubuffet visite le musée d’Ethnographie de Genève, ainsi que des hôpitaux psychiatriques. Il s’intéresse alors à tout ce qui relève de l’altérité artistique. Où trouve-t-on un art différent ? En Afrique, en Océanie, dans les pays colonisés, chez les enfants, dans les milieux psychiatriques, dans les prisons, dans l’art populaire, dans les graffiti des rues!

Aujourd’hui, on utilise trop souvent le terme d’Art Brut pour désigner tout ce qui relève de la création en lien avec la pathologie et la déficience mentales, alors que Dubuffet a toujours voulu éviter ça. Pour lui, il n’y a pas d’art spécifique à la schizophrénie ou à la trisomie. Il s’agit là d’une simplification contemporaine du terme… Une affaire de marché, aussi : la folie est une plus-value!

Dubuffet souhaitait célébrer la singularité de l’invention. Mais la marchandisation de l’Art Brut insiste moins sur l’invention que sur l’altérité psychologique et mentale, non sans se faire le relais d’une certaine morbidité contemporaine.

Jean Dubuffet, Lili, marionnette à gaine, 1936, 66 cm. Collection Fondation Dubuffet, Paris © N.Ammirati. Au milieu des années 1930, Dubuffet rencontre Lili Carlu avec qui il se mariera. Danseuse, proche de Kiki de Montparnasse, elle connaît la bohème parisienne et va jouer un rôle non négligeable dans la carrière du peintre. Ses origines populaires picardes séduisent notamment le peintre d’origine bourgeoise. Celui-ci apprend alors le bal musette à l’accordéon et tous deux confectionnent un théâtre de marionnettes inspiré du Guignol lyonnais. Cette marionnette aux traits de Lili en garde le souvenir.

Albert Lubaki, Femme Ndalamumba, 1939, aquarelle et pastels sur papier, 49 × 64 cm. Musée d’Ethnographie de Genève © MEG, Johnathan Watts. Jean Dubuffet découvre le travail du Congolais Albert Lubaki lors d’une visite au musée d’Ethnographie de Genève en 1945. C’est Eugène Pittard, le directeur des lieux, qui lui présente ses oeuvres et les qualifie de peintures populaires. Il est alors rare que des Européens s’intéressent à des oeuvres picturales d’Afrique de l’Ouest, leur préférant généralement des sculptures. Dubuffet est fasciné par la manière de l’artiste.

L’une des particularités de cette exposition est qu’elle mêle art et sciences humaines…

Nous aurions pu appeler l’exposition « Dubuffet ethnographe », mais nous ne souhaitions pas qu’il y ait confusion. Dubuffet est avant tout un artiste. Il n’est ni un ethnographe ni un historien, et encore moins un critique d’art. Mais comme nombre d’artistes de sa génération, il s’intéresse à la littérature, à l’ethnographie, à la philosophie, à la psychologie, à la sociologie, à la préhistoire…

Toutes ces disciplines concourent, durant l’entre-deux-guerres et au-delà, à redéfinir les limites de l’art. Dubuffet aime la « dispute » au sens philosophique du terme, il aime débattre de thèmes contemporains à la jonction de l’art et des sciences humaines. Et plus avant, il va détourner certaines pratiques des milieux de l’ethnographie ou de la psychologie à destination de ses prospections pour l’Art Brut ainsi que pour son propre travail. En ce sens, il préfigure les années 1970 et 1980, que des auteurs américains comme Hal Foster ont appelées « le tournant ethnographique de l’art ».

© N.Ammirati

Qu’est-ce qui vous a le plus étonnés durant vos recherches sur cette exposition ?

Sa passion maniaque. Dubuffet était très systématique dans ses recherches et dans son travail,
il archivait absolument tout, il déployait un travail considérable : il fut l’un des artistes les plus prolifiques de son temps. Et un écrivain tout aussi prolifique.

Cette masse d’archives disponible nous a permis de constater une vraie cohérence entre ses activités d’écrivain, ses activités d’artiste, et ses prospections autour de l’Art Brut. On a souvent reproché à Dubuffet d’être plongé dans la contradiction, mais ce que l’on oublie de voir, c’est que chez lui, la contradiction est un moteur, un mouvement qui engage au dépassement des positions fixées. D’où ce mouvement autour de la remise en cause des valeurs dominantes.

Jean Dubuffet, Paris plaisir, oct. 1962, gouache avec pièces rapportées, collées sur papier, Paris, 67 × 81 cm. Musée des Arts décoratifs, Paris © MAD, Paris - Laurent Sully Jaulmes © Adagp, Paris 2019. Paris plaisir appartient au cycle de « L’Hourloupe » que l’artiste venait tout juste d’initier. La construction par cellules juxtaposées confond figures et fond dans un même continuum. L’aspect tremblant de la ligne confère une énergie qui dédouble l’impression dynamique que suscite chez le peintre la vie de la ville. La peinture se fait fête comme il aime à le rappeler.

Jean Dubuffet, Lion dans la jungle, 20 mai 1944, encre de Chine et grattages sur papier, 25 × 20 cm. Collection privée, Europe © Vincent Everarts © Adagp, Paris 2019. Le Lion dans la jungle est un dessin fruste réalisé par Dubuffet à la fin de la guerre. Il propose une synthèse entre le goût de l’artiste pour le dessin d’enfant, une fausse naïveté qui évoque les jungles du Douanier Rousseau et un mur couvert de graffiti. Le traitement des arbres et du fauve, férocement antiréaliste, manifeste la portée iconoclaste de l’art de Dubuffet.

Quelles sont les oeuvres majeures présentées dans l’exposition ?

Il est difficile de répondre, car Dubuffet refusait d’établir une hiérarchie stricte dans son travail.
Nous pouvons néanmoins citer quelques oeuvres importantes comme Le Géologue, qui montre un petit personnage sur un paysage de couches stratigraphiques, tenant une petite loupe. Une façon de montrer que l’homme n’est plus au centre du monde.
Nous pouvons aussi parler de l’oeuvre Le Métafizyx, qui nous a été prêtée par le Centre Pompidou / Musée national d’art moderne : un corps de femme où l’artiste montre bien l’inversion des valeurs et des genres, tout en tordant le langage. Une sorte de renversement des polarités assez iconoclaste.

© N.Ammirati

Après le Mucem, cette exposition sera présentée à Valence puis à Genève. La preuve que les réflexions de Dubuffet s’avèrent toujours d’actualité ?

D’une part, il est intéressant de relever que beaucoup de jeunes artistes s’intéressent aujourd’hui au travail de Dubuffet alors qu’il était tombé en désuétude dans les années 1980 et 1990. D’autre part, on verra dans le catalogue de l’exposition, qui fait intervenir des historiens de l’art, des spécialistes de l’anthropologie ou encore des philosophes, que ce lien entre les arts et les sciences humaines est au coeur des travaux de recherche les plus récents.

Cette exposition au Mucem est pour nous une manière d’évoquer les rapports qu’entretenait Dubuffet avec le musée de l’Homme et le musée des Arts et Traditions populaires. Quant à l’exposition au musée d’Ethnographie de Genève, elle marque en quelque sorte une forme de célébration du voyage décisif de Dubuffet en Suisse, dont nous avons parlé plus haut. C’était en 1945, soit il y a près de 75 ans !

L’exposition sera ainsi présentée successivement dans un musée de civilisations, un musée d’art moderne et un musée d’ethnographie. Ce qui résume bien le caractère transdisciplinaire de Dubuffet. Cette ouverture fut pour lui un moteur pour penser le monde, non sans qu’il prenne le risque de douter du bien-fondé de toute valeur, en joyeux nihiliste qu’il était ! C’est d’ailleurs ce que montre la fin de l’exposition.

Adolf Wölfli, sans titre (Le Grand Chemin de fer du ravin de la colère), 1911, crayon de couleur et mine de plomb sur papier, 50 × 37,5 cm. Collection de l’Art Brut, Lausanne © Olivier Laffely, Atelier de numérisation – Ville de Lausanne

Heinrich Anton Müller, sans titre (Homme à la goutte au nez), entre 1917 et 1922, peinture et craie sur papier d’emballage teinté, 75 × 45 cm. Collection de l’Art Brut, Lausanne © Claude Bornand. Aloïse Corbaz (1886-1964), Heinrich Anton Müller (1865-1930) et Adolf Wölfli (1864-1930) sont parmi les auteurs d’Art Brut que Dubuffet admire le plus. Chacun a su créer une oeuvre d’une manière extrêmement singulière, si bien qu’on ne peut les confondre avec une autre. Le peintre célèbre leur invention motivée par le délire du point de vue de leur iconographie (Wölfli peint son autobiographie fictive, Corbaz ses fantasmes amoureux, Müller des personnages inimitables), leur mise en oeuvre (papiers cousus, craie, pastel, crayons de couleur) et leur manière de faire.

Aloïse Corbaz, Pêche miraculeuse du brodequin de Thalie, vers 1954, crayon de couleur, suc de géranium et papiers cousus sur sept feuilles de papier cousues ensemble, 204 × 147 cm. Collection de l’Art Brut, Lausanne © Marie Humair, Atelier de numérisation – Ville de Lausanne

Temps fort autour de l’exposition

« Les mondes de Dubuffet » les 25, 26 et 27 avril 2019

Pour accompagner l’ouverture de l’exposition, le Mucem propose trois soirées dédiées à la pensée de cet artiste insaisissable qui, en inventant la notion d’« Art Brut », a ouvert de nouvelles voies de création : avec les commissaires de l’exposition Baptiste Brun et Isabelle Marquette, les comédiens Dominique Pinon (conférence le 25 de 18h à 19h30) et Anouk Grinberg (samedi 27 avril à 20h), mais aussi avec psychanalystes et historiens, il s’agit d’explorer, à travers conférence, lecture, performance et spectacle, « les mondes de Dubuffet ».

« La petite fabrique de Dubuffet » du 6 juillet au 1er septembre

Espace-atelier jeune public – Enfants de 6 à 12 ans
À l’occasion de l’exposition, le Mucem propose un espace-atelier pour les enfants de 6 à 12 ans. Il aborde les thématiques présentées dans l’exposition, de manière ludique, en introduisant certaines notions artistiques présentes dans l’oeuvre de Jean Dubuffet. « La petite fabrique de Dubuffet » est un espace de 100 m2 dans lequel les enfants, à l’aide d’un médiateur du musée, sont invités à manipuler, fabriquer, toucher, expérimenter et créer à travers des jeux variés.
L’ensemble des modules sont installés au sein d’un dispositif scénographique original qui immerge les enfants dans un univers singulier. Chaque activité permet d’apprendre et de découvrir l’oeuvre de Dubuffet. L’espace constitue ainsi un dispositif de médiation en introduction ou en prolongement de l’exposition.

Infos pratiques

Infos pratiques

Mucem 7 promenade Robert Laffont (esplanade du J4) 13002 Marseille
04 84 35 13 13 de 9h à 18h 7j / 7

Billets Mucem : Expos permanentes et temporaires 9,5 € / 5 € (valable pour la journée)
Billet famille : Expos permanentes et temporaires 14 € (valable pour la journée)
L’accès aux espaces extérieurs et jardins du Mucem est libre et gratuit dans les horaires d’ouverture du site.
L’accès aux expositions est gratuit pour tous, le premier dimanche de chaque mois.

Ouvert tous les jours sauf le mardi et le 1er mai
De 11h à 19h (du 24 avril au 5 juillet) / De 10h à 20h (du 6 juillet au 2 septembre)

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