Festival de Marseille, festival de la ville-monde

15 juin au 8 juillet 2018

Publié le 14 juin 2018 Mis à jour le 27 juillet 2018

Créer et imaginer des mondes différents et nouveaux : c’est ce qui pousse et passionne les artistes du Festival de Marseille. Ce sont des conteurs, ils dansent des histoires. Bien sûr, chacun d’eux s’inscrit dans une discipline, une tradition, un paysage artistique particulier. Mais beaucoup plus important : ces artistes nous invitent à nous «déplacer», à tenter des perspectives différentes, et à voir le monde, les gens, et surtout les autres autour de nous avec plus de dignité et plus d’amour, en dépassant les jugements et les commentaires stigmatisants que le débat sociétal nous offre bien trop souvent. De nombreuses questions fondamentales, existentielles, apparaissent ainsi autrement, et il sera possible, espérons-le, d’y apporter des réponses qui ont plus de sens.

L’Indonésien Eko Supriyanto place la femme au centre d’un monde traditionnellement masculin, mais il nous immerge aussi littéralement dans la mer, la nature et les questions écologiques majeures. Le Belge Thomas Bellinck et le Burkinabé Serge Aimé Coulibaly nous font des propositions très divergentes qui nous encouragent à repenser l’Europe, le monde et leur rapport mutuel, à valoriser enfin d’autres liaisons et d’autres échanges. Fabrizio Cassol et Alain Platel unissent la vie et la mort dans Requiem pour L., Nacera Belaza et Lisbeth Gruwez redéfinissent notre relation au temps, Éric Minh Cuong Castaing concentre notre attention sur des corps autres, avec un handicap mais aussi une très grande beauté et de nombreuses potentialités. Et Jan Lauwers nous «décale» totalement dans notre relation à l’histoire, mais aussi à l’amour.

Marseille, avec son extrême richesse d’histoire(s) et de perspectives est plus que jamais le point de départ et l’horizon de ce Festival : qui sont les habitants de cette ville, quels jeunes artistes méritent soutien et accompagnement pour qu’ils puissent modeler le paysage de demain, et quels récits la ville nous impose-t-elle ? Le MarsLab, les «Lundis du QG» pendant lesquels les jeunes artistes du MarsLab nous font découvrir leur programmation, les «Festiv’Alliés» qui portent en véritables compagnons-spectateurs l’esprit du Festival, tous les projets collectifs dans le cadre de «MP2018» : ensemble, et avec des artistes du monde entier, ils vont créer un espace partagé qui est à la fois européen et cosmopolite, mais qui n’est possible qu’à Marseille.

Grâce à eux nous allons célébrer notre ville-monde, avec une diversité de danses et de corps. Avec un choix de récits et des esthétiques de demain, mais les axes centraux sont la fête et la connexion. L’édition 2018 du Festival de Marseille s’inscrit donc généreusement dans la ligne de « MP2018 »: mettre toute une ville en mouvement, en route vers un avenir partagé, un avenir plein d’amour.

3 semaines de festival

3 semaines de festival : danse, théâtre, concerts, cinéma, installations, per- formances, rencontres et fêtes, 1 exposition visible pendant 2 mois...
3 premières mondiales
7 premières en France
4 fêtes
17 lieux
..et de nombreux artistes et spectacles présentés pour la première fois à Marseille !

Retrouvez toute la programmation sur le site du Festival

BALABALA d'EKO SUPRIYANTO

BALABALA d'EKO SUPRIYANTO

Nos coups de coeur

BALABALA d'EKO SUPRIYANTO

du 15 au 17 juin à la Friche

Dans la dernière création du chorégraphe javanais, cinq jeunes danseuses donnent voix à une communauté reculée de l’est de l’Indonésie et revisitent avec force, énergie et beauté une danse de combat masculine.

Figure clé de la danse contemporaine en Indonésie, le chorégraphe et danseur Eko Supriyanto crée une danse inspirée des arts martiaux indonésiens. Balabala est une pièce de combat, dépouillée à l’extrême, oscillant entre force et vulnérabilité ; le chorégraphe détourne, déconstruit, ralentit, étend et élargit cette danse guerrière du peuple Tobaru traditionnellement réservée aux hommes. Les mouvements lents et rythmés, la force des cinq jeunes femmes sculptent l’espace et prennent le pas sur les hiérarchies entre les sexes et les cultures, ouvrant sur tout un espace de liberté.

SALT d'EKO SUPRIYANTO

SALT d'EKO SUPRIYANTO

du 16 au 17 juin à la Friche

Après le succès international de ses pièces de groupe, le chorégraphe indonésien livre un solo introspectif autour de la culture maritime. Entre tradition et contemporain, en apesanteur.

Puisant dans sa pratique de la plongée sous-marine, Eko Supriyanto se met au diapason des rythmes aquatiques. Sous la surface, celui pour qui « l’avenir de la danse se trouve sous l’eau » examine l’équilibre précieux et menacé de cet océan qui compose 80 % de l’archipel indonésien. Dans cet espace où la gravité n’existe plus, où les relations de pouvoir et les identités sont remises à plat, Eko Supriyanto offre une danse qui interroge la hiérarchisation des cultures et la possibilité d’un changement de perspectives. Il questionne l’existence d’un regard délivré de tout jugement, de toute projection. Entre deux eaux, temps suspendu.

DOMO DE EŬROPA HISTORIO EN EKZILO de THOMAS BELLINCK / ROBIN

DOMO DE EŬROPA HISTORIO EN EKZILO de THOMAS BELLINCK / ROBIN

du 16 juin au 31 juillet

Le metteur en scène belge recrée pour Marseille une œuvre d’anticipation sur l’avenir de l’Europe d’une troublante actualité. La première exposition internationale sur la vie dans l’ex-Union européenne...

Domo de Eŭropa Historio en Ekzilo (« Maison de l’histoire européenne en exil ») vous fait voyager dans le temps. Retour plus de cinquante ans en arrière, direction le début des années 2000. Une période méconnue, car peu documentée, qui a pourtant été le creuset de grands changements. C’était une époque étrange, imaginez donc, où les frontières nationales s’estompaient, où une monnaie unique nommée l’euro servait aux échanges commerciaux, et dans laquelle Bruxelles et non Varsovie était le cœur palpitant du Vieux Continent. En dépit des apparences, Thomas Bellinck n’est pas un « eurosceptique » ; bien au contraire, il invite au réveil des consciences dans l’Europe d’aujourd’hui, où les nationalismes ressuscitent les vieux démons et excitent le repli identitaire. Alors, avant qu’il ne soit trop tard, projetons-nous dans un futur qui pourrait bien ressembler à ce qui semble désormais naître sous nos yeux...

JUPITER & OKWESS

JUPITER & OKWESS

PREMIÈRE PARTIE : KOKO DEMBÉLÉ

samedi 23 juin au Théâtre Silvain

Jupiter explore l’immense richesse des rythmes congolais tout en y introduisant les sons électriques du rock. Une musique inclassable aux sonorités urbaines et à la rythmique furieuse. Un véritable laboratoire musical.

Découvert en 2006 grâce à Jupiter’s Dance, documentaire consacré à la nouvelle scène musicale de Kinshasa dont il est l’une des figures emblématiques, Jupiter vient de présenter Kin sonic, nouvel album ponctué de prestigieuses collaborations telles que Warren Ellis ( fidèle de Nick Cave au sein des Bad Seeds), Damon Albarn, ou encore 3D (Massive Attack) qui a réalisé la pochette de l’album. Jupiter s’est donné pour mission de traverser les rythmes, les langues, les coutumes des quelque quatre cent cinquante ethnies qui peuplent son pays ; un patrimoine inexploré jusqu’ici qu’il transcende de sa fusion groove, de transe expérimentale, d’afrobeat nigérian et de bofénia rock, et dont chacun des textes abrite la sagesse d’un bienveillant. Koko Dembélé, leader incontesté du mouvement rasta au Mali, ouvrira la soirée dans la pure tradition reggae.

Soirée présentée en coréalisation avec le Festival Africa Fête

KIRINA de SERGE AIMÉ COULIBALY ET ROKIA TRAORÉ

KIRINA de SERGE AIMÉ COULIBALY ET ROKIA TRAORÉ

du 29 juin au 2 juillet à la Friche

Inspirée d’une bataille fondatrice de l’Afrique de l’Ouest, Kirina est une épopée contemporaine puisant aux sources de l’Histoire et de la fiction. Sur scène, neuf danseurs, six musiciens, un parolier et quarante figurants marseillais incarnent le récit d’un peuple gorgé d’espoir et de révolte qui marche vers son avenir.

Aux confluences des grandes tragédies grecques autant que des mythes bibliques et africains, Kirina est le théâtre des batailles et des célébrations cathartiques, des sacrifices et des unions. Sur un livret de Felwine Sarr, avec la musique de Rokia Traoré, Serge Aimé Coulibaly déplie un vocabulaire dansé basé sur la violence intérieure et la fragilité. Dans cette fresque où la danse est une marche et la marche est transformation, se met en mouvement un récit sans âge, à la symbolique païenne, qui évoque la nécessité de la migration.

REQUIEM POUR L. de FABRIZIO CASSOL, ALAIN PLATEL

REQUIEM POUR L. de FABRIZIO CASSOL, ALAIN PLATEL

du 6 au 8 juillet au Silo

Le Requiem de Mozart trouve une nouvelle vie, tant dans les métissages musicaux de Cassol que dans les inventions théâtrales de Platel. Accompagnés de quatorze musiciens, ils nous offrent une célébration saisissante de la mort.

Alors que dans ce Requiem pour L. le compositeur Fabrizio Cassol réunit des musiciens issus de différents continents, fusionnant leurs influences musicales personnelles avec du jazz, de l’opéra et de la musique africaine populaire, le chorégraphe metteur en scène Alain Platel explore avec eux une transposition physique et visuelle des thèmes de la mort et des rites d’adieu. Après Coup fatal, présenté au Festival en 2016, cette nouvelle création du tandem Cassol/Platel conjugue différence et métissage dans une célébration téméraire mais réjouissante de la vie. Un concert mis en scène qui nous offre une nouvelle forme de cérémonie du deuil, revisitant cette pièce mythique du répertoire et notre rapport à la mort.

Les Fêtes

Le Festival de Marseille vous fait danser !

La tête encore pleine d’images, sur les grooves de pépites musicales soigneusement sélectionnées, c’est l’occasion de s’essayer à de nouveaux pas de danse et de révéler les reines et rois du dancefloor qui sommeillent en chacun de nous. Il y aura de la place pour tous les danseurs : que vous soyez plutôt grand jeté, coupé-décalé ou juste petit verre de rosé, embarquons ensemble là où vous voudrez bien nous emmener !

Samedi 16 et 30 juin aux Grandes Tables de la Friche à partir de 22h30
vendredi 22 juin et samedi 7 juillet au QG du festival (Théâtre des Bernardines 17, boulevard Garibaldi, 1er) à partir de 22h30

DANCE IS IN THE AIR

Transmission, partage et participation fondent la dynamique de DANCE IS IN THE AIR, un événement de grande envergure pour amateurs, professionnels et curieux !

HE LOVES AND SHE LOVES de DANIEL LARRIEU
samedi 30 juin à 15h place Bargemon

Chorégraphe né à Marseille et gure emblématique de la danse contemporaine française, Daniel Larrieu vient transmettre deux danses extraites de son répertoire. Des ateliers proposés sur deux week-ends en mars et juin qui donneront lieu ensuite à une présentation place Bargemon. Un moment qui promet d’être intense et jubilatoire !
Ateliers ouverts à tous + infos et inscriptions aux ateliers sur merlan.org

LES BALS de JOSETTE BAÏZ et PHILIPPE LAFEUILLE
samedi 30 juin de 18h à 23h à la Friche

18:00 : Josette Baïz, accompagnée par les jeunes danseurs du Groupe Grenade et les élèves des écoles élémentaires la Bricarde, la Castellane et Barnier, impulse un bal pour et avec les enfants, sur des musiques festives.
19:00 : le grand chorégraphe Philippe Lafeuille prend le relais et rythme le bal qui se déploie sur le toit-terrasse de la Friche, dans le cadre du festival On Air.
Une invitation à voir et danser ouverte à tous !

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